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Grand répertoire

Partitions piano avancé

165 partitions de piano gratuites du domaine public

Le grand répertoire classique au sens plein : sonates pleines, études transcendantes, ballades, fugues complexes, scherzos de virtuoses. À ce stade, la technique est censée être un outil maîtrisé ; le défi est ailleurs — tenir une œuvre de 20 minutes, faire émerger sa structure, choisir ses interprétations de référence. Ces partitions appartiennent au domaine public, mais leur exécution reste une affaire de vie entière.

Prélude No. 24 en si mineur, BWV 869 (Le Clavier bien tempéré, Livre I)

Johann Sebastian Bach

Ce prélude clôt le premier livre du Clavier bien tempéré, et il est le seul du recueil à porter une indication de mouvement : Andante. Bach, si avare de ce genre de précision, a tenu à orienter l'interprète. L'écriture est celle d'une sonate en trio : deux voix supérieures qui dialoguent au-dessus d'une basse en marche régulière. On croirait deux violons et un violoncelle transcrits au clavier, forme que Bach affectionnait et qu'il pratique ici avec une gravité particulière. La pièce est longue, en deux parties reprises, et son chromatisme annonce la fugue en si mineur qui la suit, dont le sujet contient les douze sons de la gamme. Les deux pièces referment ensemble un recueil commencé en do majeur : le chemin parcouru s'entend. Rien n'y est rapide, mais tout y demande une conduite de voix impeccable.

2 pages

Fugue No. 24 en si mineur, BWV 869 (Le Clavier bien tempéré, Livre I)

Johann Sebastian Bach

Dernière pièce du premier livre du Clavier bien tempéré, cette fugue à quatre voix est aussi la plus chromatique. Son sujet, lent et tourmenté, fait entendre les douze sons de la gamme avant de se refermer : deux siècles avant Schoenberg, Bach épuise ainsi tout l'espace sonore disponible. Le contre-sujet, en doubles croches régulières, tourne autour du thème comme une seconde voix obstinée. Les deux ne se quittent plus : partout où le sujet apparaît, cette guirlande l'accompagne. C'est une pièce longue, sombre, marquée Largo dans plusieurs sources, qui referme le recueil sur une note grave. Après vingt-quatre préludes et fugues parcourant toutes les tonalités, Bach ne conclut pas dans l'éclat mais dans la méditation. Sa difficulté est autant intellectuelle que digitale : il faut suivre quatre voix chromatiques sans jamais perdre le fil du sujet.

4 pages

Une nuit sur le mont Chauve (transcription Tchernov)

Modest Mussorgsky

Une nuit de sabbat sur le mont Chauve, près de Kiev : esprits, sorcières et danse infernale jusqu'au chant du coq et aux cloches de l'aube. Moussorgski compose ce poème symphonique en 1867 — d'un seul jet, à l'en croire — mais ne l'entendra jamais joué : c'est la version révisée par Rimski-Korsakov qui fera le tour du monde, jusqu'au dessin animé Fantasia de Disney. La transcription pour piano seul proposée ici est celle de Konstantin Tchernov, fidèle à l'orchestre et redoutablement pianistique. Attendez-vous à des trémolos, des octaves et de grands déplacements : un morceau de bravoure, au sens le plus théâtral du terme.

20 pages

Sonate Op. 10 No. 2, 1er mouvement (Allegro)

Ludwig van Beethoven

La Sonate no 6 en fa majeur est la farceuse de la bande : Beethoven y taquine son auditeur du début à la fin, et ce premier Allegro donne le ton. Fausses pistes harmoniques, silences posés là où l'on attend une résolution, réexposition qui démarre effrontément dans la mauvaise tonalité (ré majeur au lieu de fa) : on y reconnaît l'humour de Haydn poussé d'un cran. Composée dans les années 1796-1798 et dédiée à la comtesse von Browne, elle reste moins jouée que la Pathétique, sa contemporaine — à tort, car ce mouvement pétille. Techniquement, on est dans le Beethoven de jeunesse : brillant, précis, exigeant pour l'articulation plus que pour la puissance.

11 pages

Sonate au Clair de Lune Op. 27 No. 2 - 3e mouvement (Presto agitato)

Ludwig van Beethoven

Après le clair-obscur du premier mouvement et la parenthèse de l'Allegretto, Beethoven lâche tout : le Presto agitato est une tempête, sans doute l'un des finals les plus survoltés du répertoire classique. Des arpèges fusent à la main droite sur toute la longueur du clavier, ponctués par deux accords secs qui claquent comme des coups de fouet. Composé en 1801 pour la comtesse Giulietta Guicciardi, ce mouvement rappelle que la « Sonate au clair de lune » n'a de romantique que son surnom (que Beethoven n'a d'ailleurs jamais choisi). La partition Mutopia couvre la sonate complète : de quoi travailler le cycle entier, mais c'est bien ce troisième mouvement qui attire tous les pianistes ambitieux.

23 pages

Suite en mi majeur BWV 1006a - Prélude

Johann Sebastian Bach

Bach a transcrit sa propre Partita pour violon n°3 BWV 1006 en suite pour clavier, sans doute pour lautenwerk — un instrument à cordes pincées proche du luth. D'où le surnom de Suite pour luth. Le Prélude qui ouvre l'ensemble est sans doute l'une des pages les plus pétillantes de Bach. Notes répétées en valeurs égales, doubles croches qui dévalent, montées et descentes sur tout le clavier. Le mouvement perpétuel donne une impression de carillon, de mécanisme céleste. Le pianiste qui s'y attaque doit avoir une technique solide — ce n'est pas un Prélude d'apprentissage.

4 pages

Suite en mi majeur BWV 1006a - Loure

Johann Sebastian Bach

La Loure est une ancienne danse française, lente et noble, marquée par ses rythmes pointés. Bach en place une dans sa Suite en mi majeur BWV 1006a, juste après le brillant Prélude. C'est un moment de répit, où la noblesse du discours prend le relais de la virtuosité. Deux pages, structure binaire avec reprises. Le tempo modéré et les ornements réclament un toucher chantant, presque vocal. Ce n'est pas une pièce spectaculaire, mais une vraie école de phrasé baroque. Tout l'intérêt est là : apprendre à dire quelque chose sans courir, à donner du relief à une ligne qui avance lentement. Et c'est souvent plus exigeant que les pièces rapides, parce que le moindre flottement s'entend.

1 page

Suite en mi majeur BWV 1006a - Gavotte en Rondeau

Johann Sebastian Bach

Sans doute la pièce la plus connue de la Suite BWV 1006a. La Gavotte en Rondeau a fait le tour du monde : on l'entend dans des films, des publicités, et même sur le Voyager Golden Record envoyé dans l'espace en 1977. Un refrain qui revient entre plusieurs couplets contrastés, voilà le principe du rondeau. Mais Bach ne recopie jamais ses couplets à l'identique : chacun explore une harmonie nouvelle, une texture différente, avant que le refrain ne ramène l'auditeur en terrain connu. Trois pages d'une logique formelle parfaite, où le plaisir naît du jeu entre le retour attendu et la surprise du couplet. C'est cette tension douce qui rend la pièce inusable, même après l'avoir entendue cent fois.

2 pages

Suite en mi majeur BWV 1006a - Gigue

Johann Sebastian Bach

La Gigue clôt la Suite en mi majeur avec énergie. Mesure à 6/8, tempo vif, motifs sautillants hérités de la danse irlandaise revue par les Français. Bach exploite toute la palette du clavier, avec des doubles croches incessantes et des changements de registre brusques qui relancent sans cesse le mouvement. Deux pages, mais deux pages d'endurance pour les mains. Le tempo doit tenir sans faiblir jusqu'à la double barre finale, et c'est là le vrai défi : non pas atteindre la vitesse, mais la garder propre sur la durée. Une bonne épreuve pour le pianiste qui veut affermir sa précision baroque. Et une conclusion réjouissante, qui renvoie l'auditeur à la joie du Prélude après le détour par les danses plus intérieures.

1 page

Prélude Op. 23 No. 8 en la bémol majeur

Sergei Rachmaninoff

Marqué Allegro vivace, ce prélude est un morceau de brillance pure. La main droite y déroule une résille continue de traits rapides et légers, dans un registre plutôt aigu, pendant que la gauche pose des appuis harmoniques et fait affleurer par moments une ligne mélodique. L'effet recherché est celui d'un scintillement. Rien n'est massif ici, contrairement à la plupart des préludes du recueil : tout repose sur la légèreté, la vélocité et l'égalité du toucher. C'est une écriture qui doit paraître facile et qui ne l'est pas. Rachmaninov compose l'opus 23 dans les années qui suivent le succès de son Deuxième Concerto, à un moment où il est reconnu simultanément comme compositeur et comme l'un des plus grands pianistes de son temps. Ces préludes portent la marque de cette double compétence : ils sont conçus par quelqu'un qui savait exactement ce que la main peut faire. Comptez un niveau avancé. La difficulté n'est pas dans la force mais dans le contrôle d'un mouvement rapide sur une longue durée.

8 pages

Prélude Op. 23 No. 9 en mi bémol mineur

Sergei Rachmaninoff

C'est le prélude le plus redoutable du recueil, et probablement l'un des plus difficiles que Rachmaninov ait écrits dans ce format. Marqué Presto, il est bâti presque entièrement sur des doubles notes rapides à la main droite, dans un mouvement fébrile qui ne se relâche jamais. L'écriture en tierces et en sixtes à cette vitesse constitue l'une des difficultés les plus exigeantes du répertoire pianistique, et elle est ici maintenue sur toute la durée de la pièce. Le mi bémol mineur, tonalité chargée de six bémols, ajoute à l'inconfort. Le caractère est sombre, agité, presque haletant, et la pièce s'achève sans véritable résolution. Publié à Moscou en 1904, le recueil rassemble dix pièces écrites pour l'essentiel dans les deux années précédentes. Rachmaninov les créa lui-même, et ses moyens de pianiste étaient exceptionnels : envergure de main considérable, mécanisme d'une fiabilité redoutée de ses contemporains. Ce prélude en porte le témoignage. À réserver aux pianistes confirmés disposant déjà d'une technique de doubles notes solide.

4 pages

Prélude Op. 23 No. 10 en sol bémol majeur

Sergei Rachmaninoff

Rachmaninov referme son opus 23 sur une page discrète, presque effacée. Après neuf préludes dont plusieurs comptent parmi les plus démonstratifs de son catalogue, ce dixième choisit le retrait. En sol bémol majeur, tonalité chargée de six bémols qui installe la main haut sur les touches noires, il déroule une mélodie simple sur un accompagnement régulier et doux. Aucun sommet, aucune tension véritable, une nuance qui ne dépasse presque jamais le mezzo forte. La pièce s'éteint plus qu'elle ne conclut. Ce choix de terminer un recueil sur sa page la plus calme n'a rien d'anodin : Rachmaninov concevait ses préludes comme des cycles, avec une progression et un équilibre d'ensemble. Il fera le même geste dans l'opus 32, dont le dernier prélude est également une pièce apaisée. Les dix préludes de l'opus 23 parurent en 1904. Ils forment, avec les treize de l'opus 32 et le célèbre prélude en ut dièse mineur de 1892, un ensemble de vingt-quatre pièces couvrant toutes les tonalités.

3 pages

Questions fréquentes

Piano niveau avancé

Sonates de Beethoven et Schubert, études de Chopin, ballades et scherzos, fugues du Clavier bien tempéré, pièces de Liszt ou Rachmaninov. À ce niveau, ce n'est plus la lecture qui résiste, mais la tenue de l'œuvre et l'interprétation.