Prélude Op. 23 No. 8 en la bémol majeur
Sergei Rachmaninoff
Marqué Allegro vivace, ce prélude est un morceau de brillance pure. La main droite y déroule une résille continue de traits rapides et légers, dans un registre plutôt aigu, pendant que la gauche pose des appuis harmoniques et fait affleurer par moments une ligne mélodique. L'effet recherché est celui d'un scintillement. Rien n'est massif ici, contrairement à la plupart des préludes du recueil : tout repose sur la légèreté, la vélocité et l'égalité du toucher. C'est une écriture qui doit paraître facile et qui ne l'est pas. Rachmaninov compose l'opus 23 dans les années qui suivent le succès de son Deuxième Concerto, à un moment où il est reconnu simultanément comme compositeur et comme l'un des plus grands pianistes de son temps. Ces préludes portent la marque de cette double compétence : ils sont conçus par quelqu'un qui savait exactement ce que la main peut faire. Comptez un niveau avancé. La difficulté n'est pas dans la force mais dans le contrôle d'un mouvement rapide sur une longue durée.
