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Premier répertoire

Partitions piano débutant

80 partitions de piano gratuites du domaine public

Voici les partitions accessibles aux pianistes en début de parcours : doigtés simples, tempos modérés, pas de polyphonie complexe. Bonne nouvelle — on peut commencer le grand répertoire dès quelques mois de piano. Bach a écrit pour son fils des Petits Préludes parfaits pour débuter, Schumann a publié son *Album pour la jeunesse*, Satie aurait dit qu'on n'a pas besoin de virtuosité pour jouer juste.

Menuet en la mineur, BWV Anh. 120

Johann Sebastian Bach

Ce menuet anonyme cache un joli procédé d'écriture : la main gauche imite la droite. La droite ouvre la phrase sur un rythme pointé (la, si, do), et la gauche reprend exactement ce geste une mesure plus tard, comme dans un canon. Le même jeu revient au début de la seconde partie, en do majeur cette fois. Sous la mélodie, les mesures 5 à 10 font entendre une basse en noires répétées qui descend demi-ton par demi-ton, de la jusqu'à mi. Cette ligne chromatique, qu'on appelle basse de lamento, donne à la pièce sa teinte mélancolique. La lecture est aisée puisque la mineur n'a aucune altération à la clé. La fin demande en revanche plus d'attention : dans les dernières lignes, des trilles apparaissent tour à tour à la droite et à la gauche, sur des notes pointées.

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Menuet en ut mineur, BWV Anh. 121

Johann Sebastian Bach

Le dernier menuet de cette série du Petit Livre d'Anna Magdalena (1725) est aussi le plus grave. Son auteur est inconnu, et il se distingue de ses voisins par une écriture en grande partie en noires : peu de croches, un seul trille, un rythme d'une grande simplicité. La difficulté est ailleurs, dans la lecture. Ut mineur porte trois bémols, et la pièce les modifie sans cesse par des bécarres et des dièses. Dès la cinquième mesure, la main gauche descend par demi-tons (si bémol, la, la bémol, sol), un chromatisme qui donne à ce menuet son caractère sombre. C'est une bonne pièce pour qui lit déjà bien les rythmes et veut progresser dans le repérage des altérations accidentelles, sans que la technique vienne compliquer l'exercice.

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Menuet en sol majeur, BWV Anh. 114

Johann Sebastian Bach

Voici sans doute le menuet le plus joué au monde, et pendant deux siècles il a porté le nom de Bach. Il figure bien dans le Petit Livre d'Anna Magdalena de 1725, mais des recherches menées dans les années 1970 l'ont retrouvé, avec son voisin en sol mineur, dans une suite pour clavecin de Christian Petzold, organiste à Dresde. Bach l'appréciait assez pour le faire entrer dans le cahier familial. Sa mélodie a même fait carrière loin du clavecin : en 1965, le groupe américain The Toys en a tiré « A Lover's Concerto », un succès international. La pièce compte trente-deux mesures, en deux parties de seize, chacune reprise. La main gauche se contente le plus souvent d'une ou deux notes longues par mesure, ce qui laisse toute l'attention à la droite, à ses montées en croches et aux petits ornements qui décorent la mélodie.

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Menuet en sol mineur, BWV Anh. 115

Johann Sebastian Bach

Ce menuet est le frère du célèbre menuet en sol majeur (BWV Anh. 114). Les deux se suivent dans le Petit Livre d'Anna Magdalena de 1725 et proviennent de la même suite pour clavecin de Christian Petzold, ce qui n'est pas le cas des autres menuets du cahier, dont l'auteur reste inconnu. On les enchaîne volontiers, le majeur puis le mineur, dans l'ordre où ils sont copiés. Il commence haut, sur un si bémol de la main droite, et descend par une phrase au ton un peu plaintif. La gauche, comme dans le menuet en sol majeur, tient surtout des notes longues. Le mode mineur amène en revanche davantage d'altérations accidentelles. Le fa dièse, qui tire l'oreille vers sol, revient très souvent, et la seconde partie fait apparaître des mi et des si bécarres en traversant d'autres tonalités. Les ornements sont aussi un peu plus nombreux que dans son jumeau en majeur.

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Menuet en sol majeur, BWV Anh. 116

Johann Sebastian Bach

Un peu plus loin que les deux menuets de Petzold, le Petit Livre d'Anna Magdalena de 1725 en contient un troisième en sol majeur, dont on ignore l'auteur. Il est bien moins joué, et c'est dommage : plus long et plus varié que son célèbre homonyme, il fait travailler les deux mains à égalité. Son idée principale est un arpège ascendant en croches que les mains se renvoient. La droite l'expose à la première mesure, la gauche lui répond à la deuxième, et ce relais revient plusieurs fois au fil de la pièce. La seconde partie s'aventure vers mi mineur, avec l'apparition de ré dièses, puis ramène l'arpège du début avant la cadence finale. Le menuet se referme ainsi sur son thème d'ouverture, ce qui le rend facile à mémoriser une fois la première page comprise.

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Menuet en si bémol majeur, BWV Anh. 118

Johann Sebastian Bach

Dans ce menuet anonyme du Petit Livre d'Anna Magdalena de 1725, c'est la main gauche qui travaille. Presque toute la pièce repose sur une basse en croches continues, qui avance sous une main droite plus posée, faite de noires, de rythmes pointés et de petits ornements. Cette répartition, inverse de celle des menuets en sol, en fait un excellent exercice pour la main gauche, souvent la moins agile chez l'adulte qui commence le piano. La tonalité de si bémol majeur, avec deux bémols à la clé, reste confortable à lire, et la seconde partie n'ajoute que quelques bécarres. Chaque partie se termine par des cases de première et de seconde fois : à la reprise, on saute la première case pour jouer directement la seconde. Un détail de lecture à repérer avant de se lancer.

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Menuet en fa majeur, BWV Anh. 113

Johann Sebastian Bach

Dans le second Petit Livre d'Anna Magdalena Bach, commencé en 1725, ce menuet est la première danse qui suit les deux grandes partitas recopiées en tête du cahier. Son auteur reste inconnu : le « Anh. » de son numéro renvoie à l'annexe du catalogue Bach, où sont rangées les pièces d'attribution incertaine. Il est plus remuant que les célèbres menuets en sol qui viennent juste après. Dès la première mesure, la main droite lance un petit groupe de doubles croches, puis enchaîne des triolets, un trille et de longues guirlandes de croches, pendant que la gauche avance en noires régulières. La seconde partie passe par ré mineur. Un petit motif de croches enroulé autour de do dièse y circule d'une main à l'autre, une mesure sur deux, comme un écho. C'est un bon deuxième ou troisième menuet baroque, à aborder une fois le balancement à trois temps acquis sur une pièce plus calme.

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Petit Prélude en do majeur BWV 924a

Johann Sebastian Bach

Variante du Petit Prélude BWV 924, écrit pour le Klavierbüchlein dédié à Wilhelm Friedemann, le fils aîné de Bach. La version 924a ajoute des ornements dans la main gauche, ce qui en fait un terrain idéal pour apprendre à orner sans saturer. Une page, niveau débutant avancé. Bach destinait ces pièces à l'enseignement, mais sans la moindre condescendance : la qualité musicale reste intacte. C'est une vraie école d'ornementation baroque, où l'on découvre que les ornements ne sont pas des décorations posées par-dessus, mais une façon de faire respirer et chanter la ligne. Et apprise jeune, cette logique sert ensuite dans tout le répertoire baroque.

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Enfantillages Pittoresques

Erik Satie

Recueil de trois petites pièces composées par Satie en 1913 pour les enfants — ou plutôt pour les adultes qui voudraient redevenir enfants. Le triptyque comprend un Petit prélude à la journée, une Berceuse et une Marche du grand escalier, trois courtes saynètes du quotidien. La simplicité y est voulue, jamais simpliste. Satie écrit pour des doigts qui débutent, mais avec une musicalité d'adulte. C'est cette double lecture qui fait le charme de ces miniatures pédagogiques : l'enfant y trouve un morceau à sa main, l'adulte y entend l'ironie tendre et les harmonies un peu de travers qui signent le compositeur. Trois pages sans difficulté apparente, et beaucoup de plaisir à en tirer.

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Album pour la jeunesse Op. 39 No. 1 — Prière du matin

Pyotr Ilyich Tchaikovsky

L'Album pour la jeunesse s'ouvre sur une prière, et ce choix n'a rien d'anodin. Dans la Russie de la fin du XIXe siècle, la journée d'un enfant commençait par ce moment de recueillement, et Tchaïkovski, qui parcourt dans ce recueil une journée entière, le place naturellement en tête. La musique en a toute la gravité simple. C'est une page lente, écrite en accords, presque à la manière d'un choral, où plusieurs voix avancent ensemble dans un climat paisible. Rien n'y est démonstratif : tout tient dans la justesse du son et la conduite des accords. Cette écriture chorale fait de la pièce un excellent exercice pour un jeune pianiste : elle apprend à faire sonner plusieurs notes ensemble, à équilibrer les voix et à tenir un tempo lent sans que la musique s'affaisse. Brève et accessible, c'est l'une des premières pièces que l'on peut aborder dans le recueil. Niveau débutant.

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Gymnopédie No. 2

Erik Satie

Tout le monde connaît la première. La deuxième est sa voisine immédiate, écrite en même temps, publiée dans le même cahier en 1888, et construite sur exactement le même principe. C'est aussi celle qu'on entend le moins, sans qu'aucune raison musicale ne le justifie. Satie a vingt-deux ans. Il a quitté le Conservatoire, joue dans les cabarets de Montmartre, et invente avec ces trois pièces quelque chose qui n'existait pas : une musique lente, harmoniquement riche, volontairement dépourvue de développement et de point culminant. La main gauche pose une basse puis un accord, régulièrement, sans jamais varier son geste. La main droite chante au-dessus une mélodie qui tourne sur elle-même. L'indication de la deuxième est Lent et triste, là où la première porte Lent et douloureux et la troisième Lent et grave. Trois nuances d'un même état, ce qui est très exactement le propos. Le mot gymnopédie renvoie à des fêtes de la Grèce antique où de jeunes Spartiates dansaient. Satie l'a probablement rencontré chez Flaubert, dans Salammbô, qu'il lisait à cette époque. Techniquement, la pièce est abordable dès la deuxième ou troisième année. Musicalement, elle est très difficile à bien jouer.

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Gymnopédie No. 3

Erik Satie

C'est celle que Debussy a choisie. En 1896, huit ans après leur publication, il orchestre deux des trois Gymnopédies pour aider son ami Satie à se faire connaître, et il retient la première et la troisième. Dans sa version orchestrale il inverse leur ordre, ce qui explique la confusion de numérotation qu'on rencontre encore dans certains enregistrements. La troisième porte l'indication Lent et grave. Elle suit le même dispositif que ses deux soeurs : une main gauche qui alterne basse et accord avec une régularité de métronome, une main droite qui déroule une mélodie modale, sans direction ni sommet. Mais l'harmonie y est un peu plus stable, la ligne un peu plus posée, et beaucoup de pianistes la trouvent la plus sereine des trois. Satie publie ces pièces à compte d'auteur en 1888, alors qu'il vit de son travail de pianiste dans les cabarets de Montmartre. Elles ne rencontrent presque aucun succès de son vivant. Leur immense popularité est un phénomène du XXe siècle tardif, largement porté par le cinéma et la publicité. Elle constitue, avec les deux autres, l'une des rares pièces du répertoire qu'un débutant de troisième année peut jouer sans la trahir.

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Questions fréquentes

Piano niveau débutant

Commencez par une pièce lente qui vous plaît à l'oreille : la Gymnopédie No. 1 de Satie, le thème de Für Elise, ou une étude de Burgmüller. La motivation compte autant que la difficulté — une pièce qu'on aime se travaille deux fois plus vite.