A1B1C2D2E2F2G2A2B2C3D3E3F3G3A3B3C4D4E4F4G4A4B4C5D5E5F5G5A5B5C6D6E6F6G6A6B6C7D7E7F7G7A7B7C8D8E8F8G8A8B8C9A#1C#2D#2F#2G#2A#2C#3D#3F#3G#3A#3C#4D#4F#4G#4A#4C#5D#5F#5G#5A#5C#6D#6F#6G#6A#6C#7D#7F#7G#7A#7C#8D#8F#8G#8A#8
Premier répertoire

Partitions piano débutant

80 partitions de piano gratuites du domaine public

Voici les partitions accessibles aux pianistes en début de parcours : doigtés simples, tempos modérés, pas de polyphonie complexe. Bonne nouvelle — on peut commencer le grand répertoire dès quelques mois de piano. Bach a écrit pour son fils des Petits Préludes parfaits pour débuter, Schumann a publié son *Album pour la jeunesse*, Satie aurait dit qu'on n'a pas besoin de virtuosité pour jouer juste.

Petit Prélude en do majeur BWV 924 (Notenbüchlein für W. F. Bach)

Johann Sebastian Bach

Le 22 janvier 1720, à Köthen, Bach ouvre un cahier vierge et écrit sur la première page le titre d'un recueil destiné à son fils aîné. Wilhelm Friedemann a neuf ans. Ce Klavierbüchlein est le document le plus précieux que nous ayons sur la manière dont Bach enseignait, et ce prélude en do majeur en est l'une des toutes premières pièces. L'écriture est immédiatement reconnaissable. La main gauche tient de longues notes graves, presque immobiles, pendant que la droite déroule un dessin régulier qui s'enroule autour de l'harmonie. Le contraste entre une basse statique et un mouvement continu au-dessus est l'un des gestes fondateurs du style de clavier de Bach, et il est ici réduit à sa forme la plus simple. Le cahier contient aussi la fameuse table d'ornements, où Bach dessine à la main la réalisation de chaque signe. C'est le seul endroit de tout son oeuvre où il l'explique aussi clairement, et les ornements de ce prélude sont précisément ceux qu'un élève venait d'apprendre à déchiffrer. Techniquement, la pièce est accessible dès la deuxième année. Historiquement, c'est une porte d'entrée dans l'atelier d'un pédagogue.

1 page

Album à la jeunesse Op. 68 No. 7 — Chanson du chasseur (Jägerliedchen)

Robert Schumann

Le cor de chasse a laissé dans la musique européenne une trace sonore immédiatement identifiable : des intervalles larges, des tierces et des quintes, un rythme pointé, une allure de galop. Cette pièce en reprend tous les codes. Schumann écrit ici une chanson de chasse pour un enfant, dans un mouvement vif et une écriture franche. Les motifs évoquent des appels de cor, la pulsation est carrée et énergique, et la pièce entière file sans temps mort. Rien n'est descriptif au sens littéral, mais l'auditeur du XIXe siècle reconnaissait le genre immédiatement. L'Album à la jeunesse multiplie ces pièces de caractère, chacune évoquant une scène, un personnage ou une atmosphère. C'est la manière romantique d'enseigner : plutôt que des exercices abstraits, des situations musicales que l'élève doit incarner. La pièce est courte et reste accessible en deuxième ou troisième année. Elle demande surtout de la netteté rythmique et une bonne énergie.

2 pages

Album à la jeunesse Op. 68 No. 9 — Chanson populaire (Volksliedchen)

Robert Schumann

Cette pièce est bâtie sur un contraste simple et frappant : une première partie en mineur, grave et retenue, puis une section centrale en majeur, plus claire et plus animée, avant le retour du climat initial. Ce dispositif en trois volets est l'un des plus employés du recueil, et c'est aussi l'un des plus efficaces pédagogiquement. L'élève y apprend qu'un morceau n'a pas un seul caractère mais plusieurs, et qu'il faut changer de son en cours de route. C'est une compétence que beaucoup de pianistes n'acquièrent que bien plus tard. Le titre, Volksliedchen, renvoie à la chanson populaire, genre dont Schumann et ses contemporains se nourrissaient abondamment. Le romantisme allemand a fait du chant populaire une source d'authenticité, et l'a introduit massivement dans la musique savante. La pièce reste brève et abordable dès la deuxième ou troisième année. Sa difficulté n'est pas dans les notes mais dans la capacité à opposer franchement deux atmosphères.

1 page

Album à la jeunesse Op. 68 No. 10 — Gai laboureur (Fröhlicher Landmann)

Robert Schumann

La mélodie est à la main gauche. C'est toute l'idée de la pièce, et c'est ce qui déroute les élèves qui l'abordent : la main droite se contente d'accompagner en accords détachés, pendant que la gauche chante dans le grave. Schumann écrit l'Album à la jeunesse en 1848, pour l'anniversaire de sa fille Marie. Les quarante-trois pièces du recueil ne sont pas des exercices. Chacune pose un problème musical concret sous une apparence modeste, et celle-ci pose le suivant : faire ressortir une voix confiée à la main la moins habile. En fa majeur, la pièce tient sur deux pages et se retient dès la première lecture. Le thème monte par degrés conjoints, revient, se répète transposé. Rien de virtuose. Mais l'équilibre entre les deux mains demande un contrôle de la sonorité que peu de pièces de ce niveau exigent aussi tôt. C'est pour cette raison qu'elle figure dans presque toutes les méthodes depuis un siècle et demi. Un élève qui la joue bien a compris quelque chose sur la hiérarchie des voix, et cela lui resservira dans Bach, puis dans tout le reste.

1 page

Menuet en fa majeur K. 2

Wolfgang Amadeus Mozart

Mozart avait six ans. C'est probablement son père Leopold qui a tenu la plume, en notant ce que l'enfant jouait, comme il l'a fait pour les toutes premières pièces consignées dans le cahier de musique de sa soeur Nannerl. Ce menuet en fa majeur, catalogué K. 2, date de janvier 1762 à Salzbourg. Il tient en quelques lignes, ne comporte que deux voix, et sa construction est celle de n'importe quel menuet de l'époque : deux sections répétées, une carrure régulière, une harmonie élémentaire. Il n'y a évidemment aucun génie précoce à débusquer dans ces quelques mesures. L'intérêt est ailleurs : c'est un document sur la formation d'un enfant qui deviendrait Mozart, et une pièce que des débutants d'aujourd'hui abordent au même âge que lui. Le menuet était alors la danse de cour par excellence, à trois temps, d'allure modérée et digne. Tout élève de clavier en jouait, et tout compositeur en écrivait. C'est l'une des pièces les plus faciles du catalogue, accessible dès la première année.

1 page

Album à la jeunesse Op. 68 No. 3 — Chanson fredonnée (Trällerliedchen)

Robert Schumann

Schumann composa l'Album à la jeunesse en 1848, pour le septième anniversaire de sa fille Marie. Les quarante-trois pièces sont rangées par difficulté croissante, des plus élémentaires aux plus exigeantes, et le recueil se veut un parcours complet. Il tenait à une distinction que l'on oublie souvent : ses Scènes d'enfants, composées dix ans plus tôt, parlent de l'enfance à des adultes ; cet album-ci est écrit pour être joué par des enfants. La différence n'est pas anecdotique, elle gouverne toute l'écriture, qui reste dans la main d'un débutant sans jamais renoncer à la qualité musicale. Cette Chanson fredonnée figure parmi les toutes premières du recueil. Une mélodie simple, un accompagnement discret, une carrure régulière : c'est une chanson, littéralement, du genre que l'on fredonne sans y penser. Sa brièveté et sa facilité en font un morceau d'audition idéal pour une première ou deuxième année de piano.

1 page

Album à la jeunesse Op. 68 No. 5 — Petite Pièce (Stückchen)

Robert Schumann

Stückchen, littéralement « petit morceau », est l'une des premières pièces jouables du recueil, et sans doute l'une des premières vraies pièces de concert qu'un débutant puisse aborder. Schumann la place en cinquième position dans l'Album à la jeunesse, composé en 1848 pour l'anniversaire de sa fille aînée. Elle est en do majeur, ne comporte aucune altération, et tient sur une seule page. La main gauche déroule un accompagnement en croches régulières, la droite chante une mélodie simple qui monte, redescend, et se répète avec une inflexion vers le mineur au milieu. Ce qui la distingue des exercices de méthode, c'est qu'elle est réellement musicale. Il y a une phrase, un point culminant, une résolution. Un élève de première ou deuxième année peut la jouer correctement et produire quelque chose qui ressemble à de la musique, ce qui n'est pas si fréquent à ce stade. Schumann a placé en tête du recueil une série de conseils aux jeunes musiciens, dont celui-ci : jouer toujours comme si un maître vous écoutait. Cette pièce est le bon endroit pour commencer à appliquer le principe.

1 page

Album à la jeunesse Op. 68 No. 6 — Pauvre Orpheline (Armes Waisenkind)

Robert Schumann

Schumann n'a jamais considéré que la musique pour enfants devait être joyeuse. Cette pièce en est la preuve : une plainte en mineur, retenue et grave, placée au sixième rang d'un recueil destiné à des élèves de première année. Le titre allemand, Armes Waisenkind, désigne une orpheline. La musique ne cherche pas l'effet : une mélodie descendante, une harmonie simple, une nuance basse maintenue presque partout. La tristesse y est dite sans emphase, ce qui la rend d'autant plus juste. Ce refus de l'édulcoration traverse tout l'Album à la jeunesse. Schumann y aborde la mélancolie, la solitude, l'étrangeté, au même titre que la gaieté et le jeu. Il considérait qu'un enfant qui joue de la musique doit rencontrer toute la gamme des sentiments, et non une version aseptisée du monde. La pièce est brève et techniquement accessible dès la deuxième année. Sa difficulté est expressive : il faut oser jouer doucement et lentement.

1 page

Sonate facile en do majeur K. 545, 2e mouvement (Andante)

Wolfgang Amadeus Mozart

Mozart a inscrit lui-même dans son catalogue personnel que cette sonate était destinée aux débutants. Le surnom de Sonate facile vient de là, et il est trompeur : la simplicité du texte ne rend pas la pièce facile à bien jouer. Ce mouvement lent, en sol majeur, en est la meilleure démonstration. Une mélodie longue et paisible se déploie au-dessus d'un accompagnement régulier en accords brisés, dans une écriture d'une transparence absolue. Il n'y a nulle part où se cacher : chaque inégalité de la main gauche, chaque note mal timbrée de la mélodie s'entend immédiatement. C'est précisément ce qui en fait un morceau de travail précieux. Un élève y apprend à séparer deux plans sonores, à conduire une phrase longue et à produire un son égal, sans que la difficulté technique ne l'accapare. La sonate date de 1788, année des trois dernières symphonies. Mozart la composa vraisemblablement pour ses élèves, et elle n'a été publiée qu'après sa mort.

5 pages

Sonate facile en do majeur K. 545, 3e mouvement (Rondo Allegretto)

Wolfgang Amadeus Mozart

Le finale de la Sonate facile est un rondo, c'est-à-dire une forme bâtie sur le retour régulier d'un refrain entre des épisodes contrastés. Le schéma est celui d'une chanson à couplets : on revient toujours au même thème. Ce refrain, léger et bondissant, revient trois fois, séparé par des passages qui s'éloignent de la tonalité principale avant d'y ramener. La construction est limpide, ce qui en fait un excellent premier rondo pour un élève : la forme s'entend à la première écoute. Le mouvement est bref, environ deux minutes, et son écriture reste dans une position de main confortable. Il demande surtout de la légèreté et une articulation nette, les deux qualités qui définissent le style classique au clavier. Cette sonate fut inscrite par Mozart dans son catalogue en juin 1788, avec la mention qu'elle s'adressait aux commençants. Elle est devenue l'une des pièces les plus jouées du répertoire pédagogique, au point que ses premières mesures sont universellement reconnaissables.

3 pages

50 Études mélodiques Op. 840 No. 10

Carl Czerny

Qu'est-ce qu'une étude mélodique, et à quoi sert-elle exactement ? L'idée remonte au début du XIXe siècle, quand l'enseignement du piano se structure et que le marché de l'édition pédagogique explose. Les professeurs constatent alors un problème simple : les élèves détestent les exercices abstraits et les travaillent mal. La réponse est d'écrire des pièces qui ressemblent à de la musique tout en concentrant une difficulté technique précise. Czerny n'a pas inventé le principe, mais il l'a appliqué avec une systématicité inégalée. Dans ce recueil, chaque étude vise un objectif défini, et l'ordre de publication respecte une progression, de sorte qu'un élève peut le traverser dans l'ordre sur plusieurs années. L'usage recommandé n'est pourtant pas de tout jouer. Un professeur y puise les études correspondant aux besoins du moment, et laisse les autres. Le recueil est un catalogue de solutions, pas un programme. Cette dixième étude s'adresse à un élève débutant déjà installé dans sa pratique.

3 pages

160 Exercices à huit mesures Op. 821 No. 1

Carl Czerny

Présentation 160 Exercices à huit mesures Op. 821 No. 1 (Op. 821 No. 1) est une œuvre pour piano composée par Carl Czerny (1791-1857), compositeur de tradition autrichienne de la période classique-romantique aux alentours de 1855. Cette pièce de niveau débutant est accessible après quelques mois à 2 ans de pratique régulière. Elle constitue un excellent terrain d'apprentissage pour aborder le style classique-romantique sans difficulté technique majeure. Interprétation de référence L'audio associé à cette page propose une interprétation de Lang Lang Piano Academy, l'une des références modernes pour le répertoire classique-romantique. Elle constitue un excellent point de comparaison pour votre travail personnel. Au piano Difficulté évaluée à 2/10 sur une grille progressive. Pour aborder cette œuvre, commencez par un travail mains séparées à tempo lent (50% du tempo cible), ajoutez progressivement la pédale et les nuances. Le métronome est votre allié — surtout dans les passages où la régularité rythmique structure le discours musical.

1 page

Questions fréquentes

Piano niveau débutant

Commencez par une pièce lente qui vous plaît à l'oreille : la Gymnopédie No. 1 de Satie, le thème de Für Elise, ou une étude de Burgmüller. La motivation compte autant que la difficulté — une pièce qu'on aime se travaille deux fois plus vite.