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Portrait de Franz Schubert, compositeur romantique autrichienne (1797–1828)

romantique · autrichienne

Franz Schubert

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𝄞 Biographie

Franz Schubert naît à Vienne en 1797, dans une famille de maître d'école. Il chante enfant à la chapelle impériale, étudie un temps avec Salieri, puis enseigne brièvement aux côtés de son père. Il abandonne vite la classe pour la composition à plein temps, choix risqué qui le condamne à vivre de l'hospitalité d'amis pendant la majeure partie de sa courte vie.

Vienne le connaît surtout par ses Lieder. Il en écrit plus de six cents, parmi lesquels Erlkönig (1815), Gretchen am Spinnrade (1814), et les deux grands cycles tardifs Die schöne Müllerin (1823) et Winterreise (1827). Schubert y invente une relation nouvelle entre la voix et le piano : l'accompagnement n'illustre plus, il commente, prolonge, parfois contredit.

Pour le piano seul, il laisse vingt-et-une sonates dont plusieurs inachevées, les Impromptus D. 899 et D. 935, les Moments musicaux D. 780, la Fantaisie Wanderer D. 760, ainsi que des œuvres à quatre mains dont la Fantaisie en fa mineur D. 940, l'une des plus belles pages du répertoire de duo. Sa Neuvième Symphonie « La Grande » et sa Symphonie « Inachevée » comptent parmi les sommets du XIXe siècle.

Il contracte la syphilis vers 1822, ce qui change le ton de sa musique tardive — plus sombre, plus longue, plus harmoniquement libre. Il meurt à Vienne en novembre 1828, à trente-et-un ans, et est inhumé près de Beethoven au cimetière de Währing, comme il l'avait souhaité.

De son vivant, il restait un musicien apprécié dans un cercle d'amis (la « Schubertiade ») mais largement ignoré des grandes scènes. Schumann et Brahms ont fait beaucoup pour révéler ses œuvres orchestrales et pianistiques après sa mort.

Parcours d'apprentissage

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Marche militaire No. 3, D. 733 (quatre mains)

Intermédiaire

Op. 51 No. 3 (D. 733) · 1818

Troisième et dernière des Marches militaires D. 733, en mi bémol majeur : la moins jouée du recueil, ce qui en fait presque une exclusivité pour les duos curieux. Elle troque l'éclat de trompette de la première marche contre une allure de parade bonhomme, avec des rythmes pointés qui sautillent et un trio central qui chante. Schubert écrivait ces pages pour le plaisir domestique — quatre mains, un seul clavier, des soirées entières —, et cette troisième marche en garde le parfum : musique de bonne humeur, sans prétention, qui sonne plus difficile qu'elle ne l'est. Si vous avez usé la première marche jusqu'à la corde, voici la suite naturelle du programme.

Marche militaire No. 2, D. 733 (quatre mains)

Intermédiaire

Op. 51 No. 2 (D. 733) · 1818

La deuxième des trois Marches militaires D. 733 vit dans l'ombre de sa célébrissime voisine, et c'est injuste : ce sol majeur au pas tranquille — Allegro molto moderato, précise Schubert — a un charme plus rond, moins fanfare et plus promenade dominicale. Écrite comme ses sœurs pour piano à quatre mains, sans doute pendant les étés que Schubert passait chez les Esterházy à Zseliz, elle offre aux duos de pianistes un excellent morceau de complicité : moins rebattue que la première marche, tout aussi gratifiante, et un peu plus simple à mettre en place. Le trio central, plus lyrique, permet de souffler avant la reprise. À découvrir à deux, de préférence.

Mélodie hongroise en si mineur, D. 817

Intermédiaire

D. 817 · 1824

Schubert note cette Mélodie hongroise en si mineur à l'été 1824, pendant son séjour au château de Zseliz où il enseigne aux filles du comte Esterházy. On raconte qu'il aurait saisi l'air en entendant une servante le fredonner aux cuisines — l'anecdote reste invérifiable, mais elle va bien à cette page courte, dansante et doucement mélancolique. Le thème resservira l'année suivante dans le Divertissement à la hongroise pour quatre mains. Longtemps restée dans l'ombre, la pièce est revenue au répertoire grâce à quelques grands interprètes qui en ont fait un bis de prédilection. Du Schubert authentique, techniquement raisonnable, hors des sentiers battus : une aubaine.

Marche militaire No. 1, D. 733 (quatre mains)

Intermédiaire

Op. 51 No. 1 (D. 733) · 1818

Des trois Marches militaires D. 733, la première est de très loin la plus connue — son thème de fanfare a fini dans les boîtes à musique, les dessins animés et les récitals d'école du monde entier. Détail que l'on oublie souvent : Schubert l'a écrite pour piano à quatre mains, comme une grande partie de sa musique domestique viennoise. La partition proposée ici respecte cette version originale : il vous faudra donc un ou une partenaire de clavier. C'est d'ailleurs une des meilleures pièces qui soient pour débuter le quatre mains — les parties sont d'un niveau comparable, le rythme de marche tient l'ensemble, et l'effet est garanti.

Moment musical No. 3 en fa mineur, D. 780 Op. 94

Intermédiaire

Op. 94 No. 3 (D. 780) · 1828

C'est la plus célèbre des six pièces réunies sous le titre de *Moments musicaux*, et elle a connu une première vie indépendante : Schubert l'a d'abord publiée seule en 1823, dans un recueil collectif, sous le titre d'*Air russe*. Le titre dit bien le caractère. La pièce repose sur une mélodie simple et entêtante, d'allure populaire, soutenue par un accompagnement sautillant qui évoque une danse paysanne. Tout est bref, net, élégant, et la courte durée de la pièce en fait une miniature parfaite. Le recueil complet paraît en 1828, l'année de la mort de Schubert. Le titre français de *Moments musicaux*, d'ailleurs mal orthographié dans l'édition originale, vient de l'éditeur et non du compositeur. C'est l'une des pièces de Schubert les plus accessibles, et l'une des plus aimées. Elle convient à un pianiste de niveau intermédiaire qui cherche un premier contact avec son écriture.

Impromptu Op. 142 No. 4 en fa mineur, D. 935

Avancé

Op. 142 No. 4 (D. 935) · 1827

Si les quatre impromptus D. 935 forment bien une sonate déguisée, comme le pensait Schumann, celui-ci en est le finale. Il en a d'ailleurs toute l'allure : rapide, brillant, emporté, il referme le recueil sur une énergie que les trois pièces précédentes n'avaient pas. Le caractère est celui d'une danse populaire aux accents hongrois ou tziganes, avec des rythmes marqués, des accents décalés et une vivacité presque rustique. Schubert, qui avait séjourné en Hongrie au service de la famille Esterházy, connaissait ces musiques et en a tiré plusieurs pages. L'écriture est brillante et demande de l'agilité : traits rapides, gammes, changements de registre. La pièce se termine par une accélération qui emporte tout, dans un tourbillon final. Composé en décembre 1827, à moins d'un an de la mort du compositeur, cet impromptu montre un Schubert vigoureux, loin de l'image du musicien mélancolique. Niveau avancé.

Impromptu Op. 142 No. 3 en si bémol majeur, D. 935 (Thème et variations)

Avancé

Op. 142 No. 3 (D. 935) · 1827

## Un thème que Schubert a utilisé trois fois La mélodie de cet impromptu vient de la musique de scène que Schubert écrivit pour la pièce *Rosamunde* en 1823. Il l'aimait manifestement, puisqu'il la reprit dans son treizième quatuor à cordes, puis ici, dans ce recueil de 1827. Trois oeuvres, trois contextes, la même idée. ## Cinq variations Le thème est énoncé nu, dans une écriture simple et dépouillée. Suivent cinq variations qui l'habillent progressivement : figuration en doubles croches, passage à la main gauche, incursion en si bémol mineur qui assombrit brusquement le propos, puis retour à la lumière pour une conclusion apaisée. Schubert ne cherche pas la démonstration. Chaque variation reste courte, la mélodie demeure reconnaissable de bout en bout, et l'ensemble tient en une dizaine de minutes. ## Pour quel niveau La difficulté est inégale selon les variations. Le thème est accessible à un pianiste intermédiaire, certaines variations demandent davantage. C'est un morceau que l'on peut travailler par étapes, ce qui en fait un bon objectif à moyen terme.

Impromptu Op. 142 No. 2 en la bémol majeur, D. 935

Intermédiaire

Op. 142 No. 2 (D. 935) · 1827

C'est le plus simple des huit impromptus, et c'est sans doute pourquoi on le donne si souvent aux élèves. Sa simplicité est pourtant trompeuse. La forme est claire : un thème calme en la bémol majeur, accordé comme un choral, puis une section centrale en ré bémol majeur au caractère plus fluide, puis le retour du thème. Aucun trait virtuose, aucune difficulté digitale notable, un tempo modéré du début à la fin. Toute la difficulté est ailleurs. Il faut faire chanter une mélodie confiée aux notes supérieures d'accords pleins, tenir une pulsation calme sans qu'elle devienne monotone, et donner du relief à une pièce qui ne contient aucun effet spectaculaire pour aider l'interprète. C'est le genre de morceau où l'on entend immédiatement la qualité du toucher. Composé en décembre 1827 et publié après la mort de Schubert, il appartient au dernier recueil de pièces pour piano seul que le compositeur ait achevé. Le calme apparent de cette page est celui d'une année où il savait sa santé perdue.

Impromptu Op. 142 No. 1 en fa mineur, D. 935

Avancé

Op. 142 No. 1 (D. 935) · 1827

Robert Schumann, qui admirait profondément Schubert, avait une théorie sur ce recueil : les quatre impromptus D. 935 ne seraient pas quatre pièces indépendantes mais une sonate déguisée, que l'éditeur aurait démembrée pour la vendre plus facilement. La thèse est débattue depuis, sans être tranchée. Ce premier impromptu lui donne du crédit. Il est long, ambitieux, et sa construction ressemble beaucoup à un premier mouvement de sonate : un thème principal en fa mineur, un second groupe thématique contrasté en la bémol majeur, un développement, puis un retour. Rien de l'improvisation que le titre suggère. Le recueil date de décembre 1827. Schubert mourra onze mois plus tard, à trente et un ans. Ces pièces ne furent publiées qu'en 1839, avec une dédicace à Liszt ajoutée par l'éditeur. C'est le plus long et le plus exigeant des quatre. Il demande de tenir un discours sur une dizaine de minutes, de gérer des changements de caractère nombreux, et de garder une ligne claire dans une écriture parfois dense.

Impromptu Op. 90 No. 4 en la bémol majeur, D. 899

Avancé

Op. 90 No. 4 (D. 899) · 1827

L'ouverture est l'un des gestes les plus reconnaissables du répertoire romantique : une cascade d'arpèges descendants, légère, qui semble tomber goutte à goutte. La pièce est écrite en la bémol majeur, mais ces premières mesures sonnent en mineur, et l'oreille met un moment à comprendre où elle se trouve. Schubert entretient l'ambiguïté pendant une bonne page avant de laisser le majeur s'installer franchement. La partie centrale, en ut dièse mineur, abandonne les arpèges pour une mélodie ample et passionnée, soutenue par des accords syncopés. Le contraste de texture est total, et le retour des cascades produit un effet d'apaisement. Cet impromptu fait partie des quatre pièces D. 899 composées en 1827. Il ne fut publié qu'en 1857, l'éditeur ayant estimé que les deux dernières pièces du recueil étaient trop exigeantes pour les pianistes amateurs auxquels il destinait la collection. C'est aujourd'hui le plus joué des quatre, et l'une des pièces de Schubert que l'on entend le plus en concert. Sa difficulté est réelle mais bien répartie : elle réside dans la légèreté, jamais dans la force.

Impromptu Op. 90 No. 2 en mi bémol majeur, D. 899

Avancé

Op. 90 No. 2 (D. 899) · 1827

## Une cascade continue Ce deuxième impromptu est une pièce de mouvement perpétuel. La main droite déroule des traits de triolets qui montent et descendent sans jamais s'arrêter, sur près de deux cents mesures, pendant que la main gauche pose un accompagnement discret et régulier. L'effet est celui d'un ruissellement. ## Puis la rupture Au centre, tout change. Schubert bascule en si mineur, la texture devient massive, l'écriture martelée et syncopée, et le caractère franchement violent. C'est un contraste que rien n'annonçait, et c'est ce qui donne à la pièce sa force. La reprise de la première section ne referme pas la parenthèse pour autant. La coda ramène brutalement le mode mineur, et l'impromptu s'achève dans une tonalité que la partie centrale avait imposée. Ce refus de la conclusion rassurante est très caractéristique du dernier Schubert. ## Ce qu'il faut pour l'aborder L'écriture en triolets exige une main droite égale et endurante. Ce n'est pas la vitesse qui pose problème, c'est la constance sur la durée. Comptez un bon niveau intermédiaire, avec une réserve technique confortable.

Impromptu Op. 90 No. 1 en ut mineur, D. 899

Avancé

Op. 90 No. 1 (D. 899) · 1827

Une seule note, jouée à l'octave par les deux mains, forte, sans accompagnement. C'est ainsi que Schubert ouvre le premier de ses impromptus, et ce sol nu contient déjà tout le morceau : il reviendra sans cesse, comme une question qui n'obtient pas de réponse. Ce qui suit est une marche en ut mineur, énoncée doucement, presque timidement après cette entrée abrupte. Schubert la reprend ensuite encore et encore, chaque fois habillée différemment, jusqu'à ce que la pièce ressemble moins à un impromptu qu'à une série de variations libres sur un thème obsédant. Les quatre impromptus D. 899 datent de 1827, l'avant-dernière année de sa vie. Son éditeur n'en publia que les deux premiers, jugeant les autres trop difficiles pour le marché des amateurs. Les numéros 3 et 4 ne parurent qu'en 1857, trente ans après la mort du compositeur. Le titre d'impromptu, qui suggère l'improvisation et la légèreté, vient de l'éditeur et non de Schubert. Il convient mal à cette pièce grave et construite, qui est probablement la plus sombre des quatre.

Impromptu Op. 90 No. 3

Intermédiaire

Op. 90 No. 3, D. 899 · 1827

Le troisième **Impromptu** Op. 90 de Schubert, en sol bémol majeur (1827), est un chef-d'œuvre de la **musique pour piano romantique**. Composé un an avant sa mort, il témoigne d'une maturité saisissante : sur un accompagnement de triolets de croches répétés à la main droite, une **mélodie chantante** profonde se déploie. La tonalité de sol bémol majeur (six bémols) confère à l'œuvre une **couleur veloutée et sombre** unique. L'œuvre alterne moments de paix sublime et passages d'angoisse modulants.

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