rythme
Temps fort et temps faible
Hiérarchie des temps : certains portent un appui naturel (temps forts), d'autres restent légers (temps faibles), une pulsation qui organise le rythme.
Dans chaque mesure, les temps ne se valent pas. Certains portent un appui, une pesanteur naturelle : ce sont les temps forts. D'autres passent plus légers, en retrait : les temps faibles. Cette alternance donne à la musique sa pulsation, ce battement sous-jacent qui fait taper du pied sans même y penser. En 4/4, le premier temps est le plus fort, le troisième porte un appui secondaire, les deuxième et quatrième restent faibles.
C'est de cette hiérarchie que tout découle. La syncope n'existe que parce qu'on accentue un temps faible contre l'attente ; le contretemps joue sur le silence des temps forts. Sans cette grille d'appuis, ni l'un ni l'autre n'aurait de sens.
Et pourtant un bon interprète ne martèle jamais les temps forts. Il les suggère, il les laisse deviner. Marquer lourdement chaque premier temps donne un jeu scolaire et raide. Toute la finesse consiste à sentir cette pulsation intérieurement tout en la modelant, en respirant avec la phrase. La danse enseigne cela mieux que tout : une valse vit par son appui sur le premier temps, mais l'appui doit rester dansant, jamais pesant.
Exemples
Les valses de Chopin vivent de l'appui sur le premier temps de chaque mesure. Les mazurkas déplacent l'accent sur des temps normalement faibles. Les menuets de Bach reposent sur une alternance claire de temps forts et faibles.