Album à la jeunesse Op. 68 No. 18 — Chanson du moissonneur (Schnitterliedchen)
Robert Schumann
Les travaux des champs ont fourni au XIXe siècle une imagerie abondante, et la moisson en particulier : le geste régulier de la faux, la chaleur, le rythme collectif du travail. Cette pièce en tire un mouvement vif et régulier, à trois temps, qui avance sans jamais s'interrompre. L'écriture est plus dense que dans les premières pièces du recueil. Les deux mains sont sollicitées à égalité, la texture s'épaissit par endroits, et la pièce demande une réelle continuité rythmique sur toute sa durée. La pièce se situe dans la seconde partie du recueil, celle que Schumann réservait aux élèves déjà formés. Le recueil est organisé comme une progression : les premières pièces tiennent en quelques lignes, les dernières sont de véritables pièces de concert miniatures. Cette organisation en fait un outil pédagogique remarquable, encore utilisé aujourd'hui dans les conservatoires du monde entier. Comptez une troisième ou quatrième année de pratique.