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477 partitions de piano gratuites du domaine public

Album à la jeunesse Op. 68 No. 18 — Chanson du moissonneur (Schnitterliedchen)

Robert Schumann

Les travaux des champs ont fourni au XIXe siècle une imagerie abondante, et la moisson en particulier : le geste régulier de la faux, la chaleur, le rythme collectif du travail. Cette pièce en tire un mouvement vif et régulier, à trois temps, qui avance sans jamais s'interrompre. L'écriture est plus dense que dans les premières pièces du recueil. Les deux mains sont sollicitées à égalité, la texture s'épaissit par endroits, et la pièce demande une réelle continuité rythmique sur toute sa durée. La pièce se situe dans la seconde partie du recueil, celle que Schumann réservait aux élèves déjà formés. Le recueil est organisé comme une progression : les premières pièces tiennent en quelques lignes, les dernières sont de véritables pièces de concert miniatures. Cette organisation en fait un outil pédagogique remarquable, encore utilisé aujourd'hui dans les conservatoires du monde entier. Comptez une troisième ou quatrième année de pratique.

2 pages

Album à la jeunesse Op. 68 No. 25 — Résonances du théâtre (Nachklänge aus dem Theater)

Robert Schumann

Le titre décrit une situation très concrète : un enfant rentre du théâtre, la tête pleine de ce qu'il vient de voir, et n'arrive pas à se calmer. C'est exactement ce que raconte la musique. En la mineur, agitée, la pièce avance par bouffées. Un motif nerveux s'élance, retombe, repart. Les changements de nuance sont brusques, les accents délibérément mal placés, et l'harmonie refuse de se poser sur une cadence franche avant la toute fin. Schumann était un lecteur passionné de théâtre et de littérature, et il a passé sa vie à chercher comment faire raconter quelque chose à la musique instrumentale sans recourir au texte. Cette pièce de deux minutes est l'un de ses croquis les plus réussis dans ce registre. Elle referme presque le cahier, et elle en est l'une des plus difficiles. L'Album à la jeunesse est organisé en progression : les premières pièces sont abordables dès la deuxième année, les dernières demandent une technique déjà constituée. La vingt-cinquième appartient clairement au second groupe. Ce qu'elle exige avant tout, c'est un contrôle du caractère. Jouée proprement mais sagement, elle ne fonctionne pas.

2 pages

Album à la jeunesse Op. 68 No. 26 — Sans titre (Moderato e espressivo)

Robert Schumann

Dans la seconde moitié de l'Album à la jeunesse, plusieurs pièces n'ont pas de titre. Le choix est délibéré : Schumann abandonne progressivement les images concrètes de la première partie, la chasse, la moisson, le cavalier, pour proposer de la musique qui ne renvoie à rien d'autre qu'à elle-même. Cette pièce porte pour toute indication Moderato e espressivo. L'élève ne reçoit plus une scène à représenter mais un caractère à trouver, ce qui est une étape importante dans la formation d'un musicien. L'écriture est celle d'un Schumann mature : une mélodie chantante, une conduite des voix soignée, des harmonies plus riches que dans les pièces d'ouverture du recueil. Elle demande de l'indépendance entre les mains et une réelle attention au son. Le recueil entier fut composé en quelques semaines de 1848, une année où Schumann, installé à Dresde, traversait une période de production intense avant que la maladie ne l'atteigne. Comptez une quatrième année de pratique.

2 pages

Album à la jeunesse Op. 68 No. 32 — Scheherazade

Robert Schumann

Les contes des Mille et une nuits ont été traduits en allemand au début du XIXe siècle et ont profondément marqué l'imaginaire romantique. Schumann donne ici le nom de la conteuse à une pièce brève et étrange, bien avant que Rimski-Korsakov n'en tire son poème symphonique. La musique ne cherche aucun exotisme facile. Pas de gammes orientalisantes, pas de couleur locale appuyée : simplement une mélodie sinueuse, une harmonie instable et un climat de suspension qui évoque le récit inachevé, l'histoire qu'on interrompt pour la reprendre le lendemain. Cette manière allusive est très caractéristique de Schumann. Ses titres ne décrivent pas, ils suggèrent une direction à l'imagination, et il les ajoutait souvent après avoir composé la musique. La pièce se situe dans le dernier tiers de l'Album à la jeunesse, parmi les plus exigeantes du recueil. Elle demande une conduite du son délicate et un sens de l'atmosphère. Comptez une quatrième année de pratique.

2 pages

Album à la jeunesse Op. 68 No. 36 — Chant des marins italiens (Lied italienischer Marinari)

Robert Schumann

Cette pièce commence par une introduction lente, presque solennelle, avant de basculer dans un mouvement vif et dansant. La construction en deux temps est rare dans le recueil et donne au morceau une allure de scène plutôt que de simple chanson. Le titre évoque les marins italiens, et Schumann joue sur l'imaginaire méditerranéen : le chant collectif, le balancement, une gaieté franche. Comme souvent chez lui, la référence reste suggestive et n'entraîne aucun pastiche. Nous sommes ici tout près de la fin de l'Album à la jeunesse, dans les pièces les plus développées du recueil. La difficulté a considérablement augmenté depuis les premières pages : l'écriture est dense, le tempo rapide, et la pièce demande une véritable aisance technique. Schumann a conçu ce parcours progressif comme un cursus complet. Un élève qui traverse le recueil de bout en bout passe de la première année à un niveau déjà avancé. Comptez une cinquième année de pratique.

2 pages

Romance Op. 28 No. 2 en fa dièse majeur

Robert Schumann

La pièce préférée de son auteur Schumann écrivit à Clara que cette romance était ce qu'il avait fait de mieux, et il souhaitait qu'elle figure à son enterrement. Composée en 1839, pendant les années de lutte pour obtenir le droit de l'épouser, elle appartient aux pages les plus personnelles de son catalogue. Un duo pour deux pouces Sa particularité technique est remarquable. La mélodie principale n'est confiée ni à la main droite ni à la main gauche : elle est placée dans la voix intermédiaire, jouée par les pouces des deux mains, pendant que les autres doigts déroulent un accompagnement arpégé de part et d'autre. Le résultat sonne comme un duo de voix enlacées, et Schumann y entendait explicitement un dialogue amoureux. Ce qu'elle demande Faire chanter une ligne avec les pouces, doigts les plus lourds et les moins agiles de la main, tout en maintenant l'accompagnement en retrait, est un problème d'équilibre sonore considérable. Niveau avancé.

2 pages

Sonate K. 457 en ut mineur, 1er mouvement (Molto allegro)

Wolfgang Amadeus Mozart

Mozart n'a écrit que deux sonates pour piano en mode mineur, et celle-ci est la plus sombre des deux. Le mouvement s'ouvre sur un geste abrupt : un motif ascendant énoncé à l'unisson, fort, suivi d'un silence, puis d'une réponse douce et suppliante. Ce contraste brutal entre l'affirmation et la plainte structure tout le morceau, et il annonce très directement le Beethoven de la Pathétique, écrite quatorze ans plus tard dans la même tonalité. La sonate date de 1784. Mozart la publia accompagnée d'une fantaisie en ut mineur composée l'année suivante, et l'ensemble fut dédié à son élève Thérèse von Trattner. Le ton dramatique de l'oeuvre, exceptionnel dans son catalogue pour piano, a fait couler beaucoup d'encre sans qu'aucune explication biographique ne s'impose. C'est l'un des mouvements les plus exigeants qu'il ait écrits pour l'instrument : contrastes violents, écriture dense, silences chargés de tension. Réservé aux pianistes avancés.

8 pages

Sonate K. 457 en ut mineur, 3e mouvement (Allegro assai)

Wolfgang Amadeus Mozart

Le finale ne console pas. Là où la plupart des oeuvres classiques en mineur s'achèvent par un retour au majeur ou par un mouvement plus léger, Mozart maintient ici la tension jusqu'au bout. Le mouvement est agité, syncopé, parcouru de silences qui interrompent le discours au moment où il s'élance, et il se termine en ut mineur sans échappatoire. Cette obstination fait de la K. 457 un cas particulier dans son catalogue. On a beaucoup cherché à l'expliquer par la biographie, sans succès : 1784 est au contraire une année faste, celle des grands concertos et du succès viennois. Le mouvement est écrit dans une forme sonate resserrée, avec un thème principal nerveux et un second groupe qui n'apporte qu'un répit provisoire. La coda, particulièrement sombre, referme l'oeuvre dans le grave. C'est le mouvement le plus difficile de la sonate. Il demande de la vélocité, un contrôle rythmique sans faille dans les syncopes, et une endurance nerveuse.

8 pages

Menuet en fa majeur K. 2

Wolfgang Amadeus Mozart

Mozart avait six ans. C'est probablement son père Leopold qui a tenu la plume, en notant ce que l'enfant jouait, comme il l'a fait pour les toutes premières pièces consignées dans le cahier de musique de sa soeur Nannerl. Ce menuet en fa majeur, catalogué K. 2, date de janvier 1762 à Salzbourg. Il tient en quelques lignes, ne comporte que deux voix, et sa construction est celle de n'importe quel menuet de l'époque : deux sections répétées, une carrure régulière, une harmonie élémentaire. Il n'y a évidemment aucun génie précoce à débusquer dans ces quelques mesures. L'intérêt est ailleurs : c'est un document sur la formation d'un enfant qui deviendrait Mozart, et une pièce que des débutants d'aujourd'hui abordent au même âge que lui. Le menuet était alors la danse de cour par excellence, à trois temps, d'allure modérée et digne. Tout élève de clavier en jouait, et tout compositeur en écrivait. C'est l'une des pièces les plus faciles du catalogue, accessible dès la première année.

1 page

Les Sauvages (Suite en sol des Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin)

Jean-Philippe Rameau

En 1725, deux Amérindiens de la région du Mississippi furent présentés à Paris et dansèrent au Théâtre-Italien. Rameau assista à ces représentations et en tira une pièce pour clavecin, publiée peu après dans ses Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin. Dix ans plus tard, il réutilisa la pièce dans son opéra-ballet Les Indes galantes, où elle devient la danse du grand calumet de la paix. C'est sous cette forme orchestrée et chantée qu'elle est aujourd'hui la plus connue, au point d'éclipser la version originale pour clavier. La musique repose sur un rythme obstiné, martelé, avec des harmonies volontairement rudes et des reprises insistantes. Rameau cherche l'étrangeté et la vigueur, dans une esthétique qui en dit évidemment plus sur le regard du XVIIIe siècle français que sur les danses réellement observées. Pour le pianiste, la pièce est un excellent morceau baroque : brève, rythmiquement franche, et immédiatement efficace en concert. Comptez un niveau intermédiaire solide.

2 pages

Tambourin (Pièces de clavecin)

Jean-Philippe Rameau

Le tambourin est une danse provençale, accompagnée par un musicien unique qui joue simultanément d'un galoubet, petite flûte à trois trous tenue d'une main, et d'un tambour long frappé de l'autre. Il en résulte une mélodie vive posée sur une percussion continue et une note grave qui bourdonne sans changer. Rameau transpose ce dispositif au clavier dans cette pièce des Pièces de clavecin de 1724. La main gauche installe le bourdon, obstiné et régulier, pendant que la droite déroule une mélodie franche et dansante. Le résultat est l'une de ses pages les plus immédiatement séduisantes, et l'une des plus jouées. Rameau avait alors une quarantaine d'années et n'était encore connu que comme théoricien et organiste. Sa carrière lyrique, celle qui allait faire de lui le grand rival posthume de Lully, ne commencerait que dix ans plus tard. La pièce est courte, brillante, et reste accessible à un pianiste intermédiaire. C'est un excellent choix pour aborder le clavecin français au piano.

2 pages

Sonate K. 455 en sol majeur (L. 209)

Domenico Scarlatti

Domenico Scarlatti a laissé cinq cent cinquante-cinq sonates pour clavier, écrites pour l'essentiel en Espagne, où il passa la seconde moitié de sa vie au service de Maria Barbara de Bragance, reine et claveciniste de haut niveau. Ces pièces étaient destinées à son usage personnel, ce qui explique leur liberté et leur inventivité. Celle-ci, en sol majeur, est l'une des plus enjouées du corpus. Elle repose sur une écriture brillante, faite de notes répétées et de traits rapides, avec cet humour instrumental très particulier à Scarlatti : des ruptures soudaines, des répétitions insistantes, des effets qui font sourire. Comme presque toutes les sonates du recueil, elle adopte la forme binaire à reprises : deux sections, chacune répétée, la première modulant vers la dominante, la seconde ramenant à la tonalité principale. Écrite pour le clavecin, elle sonne excellemment au piano moderne à condition de ne pas l'alourdir. Comptez un niveau intermédiaire confortable.

4 pages