Variations Goldberg — Variation 8 a 2 Clav. BWV 988
Johann Sebastian Bach
Une variation écrite pour deux claviers L'indication a 2 Clav. n'est pas décorative. Bach publie les Variations Goldberg en 1741 pour un clavecin à deux claviers, et la huitième variation exploite cette possibilité au maximum : les mains occupent constamment le même registre et se croisent en permanence. Sur deux claviers superposés, c'est confortable. Sur un piano moderne, c'est un casse-tête. Ce qu'on entend La variation est en sol majeur, à 3/4, et repose sur un mouvement continu de doubles croches en arpèges brisés qui parcourent l'étendue du clavier. Les deux mains se répondent, se poursuivent, échangent leurs rôles. L'effet est celui d'une toccata brillante, la plus extravertie du cahier jusque-là. Elle appartient au groupe des variations de virtuosité, qui alternent dans l'oeuvre avec les canons et les variations de caractère. Bach organise les trente variations par séries de trois, et à chaque fois la dernière du groupe est un canon. Sur un piano Le pianiste doit résoudre les croisements par des glissements d'avant-bras, en décidant quelle main passe au-dessus. Ces choix ne sont pas notés : ils font partie du travail. Glenn Gould, dans ses deux enregistrements de 1955 et 1981, propose des solutions très différentes.