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290 partitions de piano gratuites du domaine public

Kinderszenen Op. 15 No. 2 « Curieuse histoire »

Robert Schumann

« Curieuse histoire » (Kuriose Geschichte) est la deuxième des Scènes d'enfants Op. 15 de Schumann (1838), ce cycle de treize miniatures parmi les plus chéries du répertoire romantique. Schumann y tenait à une nuance : ces pièces n'ont pas été écrites pour les enfants, mais pour les adultes qui se souviennent de leur enfance. Celle-ci, vive et primesautière, raconte une petite affaire mystérieuse sur un rythme guilleret, la main droite menant un babil enjoué que la gauche relance sans cesse. La technique reste à portée, mais l'expression, elle, demande de la maturité — chaque miniature condense une émotion en quelques mesures, et c'est tout l'enjeu. Le cycle culmine avec la fameuse Träumerei, qui referme l'arc des sept premières pièces. Jouées d'affilée, ces scènes révèlent un fil dramatique subtil, de l'enfance à la rêverie nostalgique de l'adulte.

2 pages

Invention à deux voix No. 15, BWV 786

Johann Sebastian Bach

Si mineur, dernière invention du recueil. Bach termine sur une tonalité grave, un sujet en croches qui descend par tierces — comme un point final pesé, sans démonstration de virtuosité. Pièce relativement brève mais dense en modulations : la tonique de si mineur n'est presque jamais stable très longtemps. Bonne préparation aux préludes et fugues du Clavier bien tempéré dans la même tonalité. Tempo conseillé : noire à 60, en respectant chaque suspension.

4.0
2 pages

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 1, BWV 787

Johann Sebastian Bach

Première des quinze Sinfonias, en do majeur. Trois voix au lieu de deux — saut de difficulté considérable par rapport aux Inventions. Bach annonçait dans la préface qu'il s'agissait d'apprendre à "chanter à trois voix" : c'est plus facile à dire qu'à faire. La voix médiane, partagée entre les deux mains selon les passages, demande une coordination particulière. C'est aussi sur les Sinfonias qu'on commence à comprendre vraiment comment Bach structure une fugue : trois entrées du sujet, contre-sujet, divertissements, strette.

3 pages

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 2, BWV 788

Johann Sebastian Bach

Do mineur. Sujet chromatique descendant, atmosphère grave proche des Passions. La voix médiane est ici particulièrement active — elle tisse des contre-chants qui rendent l'écoute polyphonique exigeante. Les pianistes qui travaillent cette sinfonia se heurtent souvent au même problème : la main droite finit par dominer toutes les autres lignes. Travailler chaque voix isolément, en chantant les deux autres, est la méthode classique. Lente, mais payante.

3 pages

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 3, BWV 789

Johann Sebastian Bach

Ré majeur. Caractère brillant, presque concertant — le sujet descend par arpèges, comme une trompette baroque qui ouvrirait une fête. Bach maintient les trois voix dans des registres bien séparés, ce qui aide à les distinguer mentalement. Une bonne sinfonia pour débuter le cycle si on trouve la No. 1 trop austère. Le tempo (généralement noire pointée à 60-66) permet une lecture claire sans précipiter les modulations centrales.

3 pages

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 4, BWV 790

Johann Sebastian Bach

Ré mineur. Une des plus expressives du cycle. Le sujet, presque vocal, suggère un récitatif d'opéra plus qu'un exercice d'école. Albert Schweitzer y voyait l'une des pages les plus poignantes de Bach pour clavier seul. L'écriture des trois voix reste serrée, et la conduite chromatique exige un toucher égalisé. À aborder après plusieurs autres Sinfonias mieux maîtrisées — la difficulté musicale dépasse ici la difficulté purement digitale.

3 pages

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 5, BWV 791

Johann Sebastian Bach

Mi bémol majeur. Sujet long, lyrique, étalé sur quatre mesures avant la première imitation. C'est l'une des sinfonias où l'aspect "chant à trois voix" prôné par Bach dans sa préface est le plus audible. > "Toutes ces inventions et sinfonias forment une méthode honnête pour apprendre à composer." — préface du manuscrit autographe (1723) Pièce méconnue, qu'on saute parfois pour aller plus vite vers la fameuse No. 9 en fa mineur. Dommage : la respiration de cette sinfonia mérite qu'on s'y attarde.

3 pages

Prélude Op. 28 No. 1 en Do majeur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 1 en Do majeur lance le célèbre cycle des 24 Préludes de Chopin (1839), écrits à Majorque durant son séjour avec George Sand. Chacun adopte une tonalité différente, selon le cycle des quintes qui alterne majeur et mineur — un clin d'œil au Clavier bien tempéré de Bach, que Chopin vénérait. Celui-ci, en ut majeur, tient en quelques lignes mais condense une intensité expressive bien à lui : une houle d'accords arpégés, montante, pressée, sur laquelle la mélodie affleure par les sommets. Bref et vif, il sert d'entrée en matière, comme une porte qu'on pousse. Car chaque prélude forme un monde minuscule, autonome et pourtant lié à l'ensemble — moments fugaces, fragments lyriques ou dramatiques. Schumann disait y trouver « la tempête, la mort, des fragments d'aigle ». On peut le jouer seul, mais l'écouter dans le cycle entier lui rend mieux justice.

2 pages

Prélude Op. 28 No. 2 en la mineur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 2 en la mineur appartient aux 24 Préludes de Chopin (1839), cette suite composée à Majorque pendant l'hiver passé avec George Sand. Le recueil parcourt les vingt-quatre tonalités en suivant le cycle des quintes, majeur et mineur alternés, à la manière du Clavier bien tempéré de Bach que Chopin tenait en haute estime. Celui-ci déconcerte. Sous une mélodie lente, presque exsangue, la main gauche égrène un accompagnement aux harmonies troubles, qui refusent longtemps de se résoudre — l'une des pages les plus étranges et les plus modernes de tout le cycle. On dirait une marche au bord du vide. Chaque prélude reste un monde en miniature, autonome et pourtant relié à l'ensemble. Schumann y entendait « la tempête, la mort, des fragments d'aigle ». Celui-ci se passe à jouer seul, mais prend tout son sens enchâssé dans la série complète.

2 pages

Prélude Op. 28 No. 3 en Sol majeur

Frédéric Chopin

Troisième des 24 Préludes de Chopin (1839), ce numéro en Sol majeur fait partie du cycle écrit à Majorque pendant le séjour du compositeur avec George Sand. Comme chacun de ses voisins, il occupe sa propre tonalité dans le parcours par quintes qui structure le recueil — un hommage discret au Clavier bien tempéré de Bach. La pièce file, légère et ruisselante : la main gauche y déroule un trait continu, fluide, presque liquide, tandis que la droite pose une mélodie claire par-dessus. Tout respire la fraîcheur ici, et ça tranche avec la gravité du prélude voisin en la mineur. C'est l'un des plaisirs du cycle, justement : ces brusques changements d'air d'une pièce à l'autre. On peut le détacher de l'ensemble, mais Chopin a pensé ces vingt-quatre fragments comme un tout, et c'est enchaînés qu'ils prennent leur pleine dimension.

2 pages

Prélude Op. 28 No. 4 en mi mineur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 4 en mi mineur est l'un des plus célèbres du cycle des 24 Préludes de Chopin (1839), né à Majorque durant l'hiver avec George Sand. Le recueil égrène les vingt-quatre tonalités selon le cycle des quintes, à l'image du Clavier bien tempéré de Bach. Celui-ci tient presque tout entier dans la main gauche : une lente descente chromatique, accord après accord, qui s'enfonce comme une plainte sous une mélodie réduite à quelques notes répétées. Désespoir, résignation, on a tout dit sur cette page, l'une des plus poignantes du recueil. Schumann, parlant du cycle, évoquait « la tempête, la mort, des fragments d'aigle » ; ce prélude-là penche du côté de la mort. Court, mais inoubliable. À écouter seul ou, mieux encore, dans la continuité du cycle entier.

2 pages

Prélude Op. 28 No. 5 en Ré majeur

Frédéric Chopin

Cinquième des 24 Préludes de Chopin (1839), ce numéro en Ré majeur appartient à la suite composée à Majorque pendant le séjour du musicien avec George Sand. Chaque prélude du recueil prend une tonalité différente, suivant le cycle des quintes qui alterne majeur et mineur, en écho au Clavier bien tempéré de Bach. Celui-ci passe en un éclair : un entrelacs de doubles-croches où les deux mains se répondent et se croisent, harmonies mouvantes, contours insaisissables. On l'a à peine commencé qu'il s'achève. C'est l'un de ces préludes-éclairs qui font tout le prix du cycle — un instant fugace plutôt qu'un morceau constitué. Chaque pièce vaut comme un monde minuscule, indépendant et lié à la fois. On peut le jouer isolément, mais l'enchaînement complet reste la voie royale.

2 pages