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290 partitions de piano gratuites du domaine public

Prélude Op. 28 No. 6 en si mineur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 6 en si mineur fait partie des 24 Préludes de Chopin (1839), écrits à Majorque durant l'hiver passé avec George Sand. Le cycle parcourt les vingt-quatre tonalités selon les quintes, majeur et mineur en alternance, sur le modèle du Clavier bien tempéré de Bach. Ici, fait rare, c'est la main gauche qui chante : une longue mélodie grave, comme un violoncelle solitaire, pendant que la droite ponctue d'accords répétés. Mélancolie profonde, lenteur recueillie — on le rapproche souvent de son voisin en mi mineur, tant les deux partagent ce climat de deuil retenu. Chaque prélude reste un monde en miniature, à jouer seul ou, de préférence, enchâssé dans la série complète.

2 pages

Prélude Op. 28 No. 7 en La majeur

Frédéric Chopin

Septième des 24 Préludes de Chopin (1839), ce numéro en La majeur appartient au cycle composé à Majorque pendant le séjour avec George Sand. Comme tous ses voisins, il occupe sa tonalité propre dans le parcours par quintes du recueil, lui-même inspiré du Clavier bien tempéré de Bach. C'est le plus bref de tous, ou presque : seize mesures, une seule idée, une petite valse stylisée d'une douceur nostalgique. Sa simplicité a fait sa célébrité — on le confie souvent aux débutants. Mais sous l'apparente naïveté, Chopin glisse une harmonie qui pince le cœur au moment juste. Chaque prélude est un monde minuscule, autonome et pourtant lié à l'ensemble. À jouer isolément, ou à fondre dans le cycle entier.

2 pages

Invention à deux voix No. 1, BWV 772

Johann Sebastian Bach

L'invention qui ouvre le recueil. Bach part de trois notes — do, ré, mi — et bâtit tout sur ce motif minuscule, retourné, transposé, miroité. C'est presque une démonstration : voilà ce qu'on peut faire avec rien. Bach écrivit ces pièces pour son fils aîné Wilhelm Friedemann, comme matériel d'étude. La préface du manuscrit autographe parle d'apprendre à "chanter à deux voix" — pas seulement à jouer correctement, mais à entendre les deux lignes simultanément. Le piège classique : laisser dominer la main droite. Il faut équilibrer.

2 pages

Invention à deux voix No. 2, BWV 773

Johann Sebastian Bach

En do mineur, marquée par un sujet long et chantant qui s'étire sur deux mesures avant de céder la place à la voix grave. C'est l'une des inventions les plus expressives du recueil : presque un duo d'opéra à deux personnages. Le défi technique principal tient au legato : tenir une ligne mélodique qui chante alors que l'autre main joue des notes indépendantes. Les pianistes qui travaillent Bach uniquement avec un toucher détaché passent à côté. Tempo recommandé : pas trop vite. Une noire à 60-66 laisse respirer le contrepoint.

2 pages

Invention à deux voix No. 3, BWV 774

Johann Sebastian Bach

Ré majeur, écriture dansante en 3/8, presque une gigue. Une des inventions les plus immédiatement séduisantes du cycle — le motif rebondit, virevolte, sans jamais s'alourdir. Le travail principal porte ici sur l'articulation : staccato léger sur certaines croches, legato sur d'autres. Les éditions modernes proposent souvent des doigtés et phrasés, mais Bach n'a presque rien indiqué — c'est à l'interprète de choisir.

2 pages

Invention à deux voix No. 4, BWV 775

Johann Sebastian Bach

Ré mineur, allure perpétuelle de toccata. Les doubles croches courent sans interruption d'un bout à l'autre, et le sujet (six notes seulement, ré-mi-fa-sol-la-fa) revient sous toutes les coutures. Pièce idéale pour travailler l'égalité digitale : aucune note ne doit ressortir plus qu'une autre, sauf décision interprétative. Les pianistes qui peinent avec la main gauche y trouveront un excellent exercice, car les deux mains alternent constamment le rôle mélodique.

2 pages

Invention à deux voix No. 5, BWV 776

Johann Sebastian Bach

Mi bémol majeur. Sujet calme, presque pastoral, qui descend par degrés avec une élégance discrète. Bach n'y cherche aucun effet — juste une conversation polie entre deux voix. À aborder relativement tôt dans le cycle : la difficulté technique est modérée, mais l'écoute polyphonique demande de la concentration. Glenn Gould en a laissé une lecture étonnamment lente qui transforme la pièce en méditation.

2 pages

Invention à deux voix No. 6, BWV 777

Johann Sebastian Bach

Mi majeur, métrique inhabituelle (3/8 noté en croches) qui produit un balancement particulier. La pièce repose sur un dispositif de syncopes entre les deux mains : la voix supérieure tient une note longue pendant que la basse se déplace, puis on inverse. C'est probablement l'invention la plus exposée techniquement sur la question du legato à plusieurs voix. Travailler chaque main séparément avant de réunir — sinon, on perd vite le fil harmonique.

2 pages

Invention à deux voix No. 7, BWV 778

Johann Sebastian Bach

Mi mineur. Une des plus sombres du recueil. Le sujet chromatique descend de quatre notes (mi-ré dièse-ré-do dièse), évoquant les figures de lamento baroque qu'on retrouve chez Purcell ou Monteverdi. Pièce courte mais dense, où chaque ornement compte. Bach indique des mordants et trilles spécifiques dans l'autographe — les jouer mécaniquement appauvrit la pièce. À chanter intérieurement avant de poser les mains.

2 pages

Invention à deux voix No. 8, BWV 779

Johann Sebastian Bach

Fa majeur, l'une des inventions les plus jouées du recueil — sans doute parce qu'elle sonne immédiatement, claire et joyeuse. Le sujet arpégé fait penser à une fanfare en miniature. Trois mesures suffisent à Bach pour exposer le matériau, puis les voix s'échangent et se croisent jusqu'à la cadence finale. Tempo conseillé : croche pointée à 80-92, pas plus. La virtuosité n'est pas le sujet ici.

2 pages

Invention à deux voix No. 9, BWV 780

Johann Sebastian Bach

Fa mineur, atmosphère grave, presque douloureuse. Sujet chromatique de quatre mesures, riche en suspensions et résolutions retardées. C'est l'une des inventions les plus harmoniquement audacieuses du cycle. Ferruccio Busoni la considérait comme un sommet d'émotion contenue chez Bach. À aborder une fois plusieurs autres inventions assimilées : la lecture est plus difficile que la moyenne, surtout dans les passages en doubles croches imitatives.

2 pages

Invention à deux voix No. 10, BWV 781

Johann Sebastian Bach

Sol majeur, écriture vive en 9/8, presque une gigue irlandaise dans l'esprit. Bach jouait visiblement avec la métrique composée — chaque temps subdivisé en trois croches, ce qui donne un swing naturel à l'ensemble. Pièce courte (moins de trente mesures) mais exigeante pour la précision rythmique : un seul triolet bancal et toute la dynamique s'effondre. Travailler au métronome, puis le retirer pour laisser respirer.

2 pages