A1B1C2D2E2F2G2A2B2C3D3E3F3G3A3B3C4D4E4F4G4A4B4C5D5E5F5G5A5B5C6D6E6F6G6A6B6C7D7E7F7G7A7B7C8D8E8F8G8A8B8C9A#1C#2D#2F#2G#2A#2C#3D#3F#3G#3A#3C#4D#4F#4G#4A#4C#5D#5F#5G#5A#5C#6D#6F#6G#6A#6C#7D#7F#7G#7A#7C#8D#8F#8G#8A#8
Catalogue

Toutes les partitions

291 partitions de piano gratuites du domaine public

Invention à deux voix No. 10, BWV 781

Johann Sebastian Bach

Sol majeur, écriture vive en 9/8, presque une gigue irlandaise dans l'esprit. Bach jouait visiblement avec la métrique composée — chaque temps subdivisé en trois croches, ce qui donne un swing naturel à l'ensemble. Pièce courte (moins de trente mesures) mais exigeante pour la précision rythmique : un seul triolet bancal et toute la dynamique s'effondre. Travailler au métronome, puis le retirer pour laisser respirer.

2 pages

Invention à deux voix No. 11, BWV 782

Johann Sebastian Bach

Sol mineur. Sujet en croches qui descend par paliers chromatiques, créant une tension harmonique soutenue jusqu'à la cadence. Plus expressive que démonstrative. Notes d'interprétation La main gauche tient ici un rôle aussi mélodique que la droite : les croisements de voix sont fréquents. Les éditeurs modernes (Henle, Bärenreiter) divergent sur quelques articulations — comparer deux éditions n'est pas un luxe pour cette invention. Tempo modéré, autour de la noire à 56.

2 pages

Invention à deux voix No. 12, BWV 783

Johann Sebastian Bach

La majeur, écriture en doubles croches presque continues. Une des inventions les plus virtuoses du cycle — Bach exige une vélocité maintenue sans jamais raidir le poignet. Le sujet de six notes (la-do dièse-mi-la-fa dièse-mi) revient en imitation stricte, puis en inversion. C'est typique du Bach pédagogue : montrer un procédé contrapuntique avec un matériau minimal. Tempo de croisière : noire à 72-80, en surveillant l'égalité.

2 pages

Invention à deux voix No. 13, BWV 784

Johann Sebastian Bach

La mineur. L'une des inventions les plus connues du recueil, sans doute parce qu'elle sonne presque comme un préambule de fugue : le sujet est anguleux, mémorable, déclaré d'emblée par la voix de soprano. Glenn Gould la jouait à un tempo étonnamment vif, articulé sec — Murray Perahia, presque deux fois plus lent, en fait une pièce méditative. Les deux lectures se défendent. Cherche ton tempo en écoutant les deux versions avant de fixer le tien.

2 pages

Invention à deux voix No. 14, BWV 785

Johann Sebastian Bach

Si bémol majeur, atmosphère sereine, presque insouciante. Le sujet repose sur un trille et un arpège descendant — figure typique du baroque tardif qu'on retrouve aussi chez Telemann. La difficulté tient à la propreté des ornements : trilles à mesurer (généralement 4 à 6 notes), mordants à articuler clairement. Une invention sous-estimée du recueil, qu'on dépasse souvent trop vite pour aller à des numéros plus spectaculaires.

2 pages

Étude Op. 10 No. 12 « Révolutionnaire »

Frédéric Chopin

L'Étude Op. 10 No. 12 en ut mineur, qu'on surnomme la Révolutionnaire, naît en 1831, peu après que Chopin apprend la chute de Varsovie devant les Russes lors de l'insurrection polonaise. La légende veut qu'il l'ait jetée sur le papier d'un seul jet, dans une fureur patriotique — vraie ou non, l'histoire colle parfaitement au con fuoco et à la rage contenue qui traversent la page. Sur un déferlement perpétuel de doubles-croches à la main gauche, qui balaie le clavier entier en gammes furieuses, la droite martèle un thème grave et déchirant en accords pleins. C'est l'un des sommets du piano romantique virtuose, et la plus politique des études chopiniennes. Le défi tient surtout à l'endurance de la gauche, lancée plusieurs minutes durant à grande vitesse, et à une coordination irréprochable entre les mains. Le rythme intérieur, lui, doit rester implacable. Aucun relâchement permis.

6 pages

Étude Op. 10 No. 1 en Do majeur « Chute d'eau »

Frédéric Chopin

L'Étude Op. 10 No. 1 en ut majeur ouvre le premier recueil d'études de Chopin, écrit en 1830 et publié trois ans plus tard. Toute la pièce repose sur des arpèges étendus à la main droite, presque sans répit sur six pages — l'une des plus redoutables du répertoire pour l'extension des doigts et la souplesse du poignet. Sous ce déploiement, la gauche pose un soubassement harmonique solennel, accords accentués sur les temps forts, pendant que la droite lance ses arpèges sur quatre octaves, dans tous les sens et toutes les couleurs. D'où le surnom officieux de « Chute d'eau » : on croit entendre un torrent ininterrompu de notes étincelantes. Mais l'intérêt dépasse l'effet. En renonçant aux figures conventionnelles pour explorer l'écart maximal de la main, Chopin change la conception même du clavier. Liszt et Debussy s'en souviendront.

5 pages

Nocturne Op. 9 No. 1 en si bémol mineur

Frédéric Chopin

Le Nocturne Op. 9 No. 1 en si bémol mineur ouvre le premier opus de nocturnes que Chopin publie en 1832, dédié à Camille Pleyel. Moins célèbre que son voisin l'Op. 9 No. 2, il déploie pourtant une palette d'une richesse rare : mélodie lyrique très ornée, harmonies qui modulent sans cesse, contraste central en ré bémol majeur. Marqué Larghetto, il s'ouvre sur un chant ouvragé à la main droite — trilles, gruppetti, appogiatures — porté par un accompagnement régulier d'accords brisés. La section médiane, plus apaisée, introduit une seconde idée avant que le thème initial ne revienne, transformé. C'est un sommet du romantisme intimiste chopinien, et l'on y entend déjà se préparer le langage des grands nocturnes plus tardifs, l'Op. 27 ou l'Op. 48. Une pièce que la pédagogie romantique n'a jamais cessé de transmettre.

5 pages

Mazurka Op. 6 No. 1 en fa dièse mineur

Frédéric Chopin

Première mazurka publiée par Chopin sous numéro d'opus, écrite à Vienne en 1830 alors qu'il venait de quitter Varsovie — pour ne jamais y revenir. Le ton de fa dièse mineur donne ce qu'il faut de mélancolie sans verser dans le pathétique. Les hémioles caractéristiques (accent déplacé sur le deuxième ou troisième temps) demandent un travail rythmique précis : trop régulier, la mazurka devient une valse ; trop libre, elle perd son ossature. Schumann parlait des mazurkas de Chopin comme de "canons cachés sous des fleurs". Un terrain d'apprentissage idéal pour comprendre le rubato chopinien : la main gauche garde la pulsation, la droite respire.

4 pages

Gnossienne No. 1

Erik Satie

La Gnossienne No. 1 de Satie (1890) appartient, avec ses deux sœurs et les Gymnopédies, aux pages les plus reconnaissables du piano du XXe siècle. Le mot « gnossienne » est un néologisme que Satie forge lui-même, sans doute d'après Cnossos, la cité minoenne de Crète. Tout repose sur un ostinato hypnotique à la main gauche, deux accords arpégés qui reviennent sans fin, tandis que la droite déroule une mélodie modale aux couleurs orientales, d'un dépouillement saisissant. Les indications portées sur la partition sont restées fameuses : « avec étonnement », « questionnez », « sur la langue », « postulez en vous-même »… Et puis il y a le geste typographique, presque révolutionnaire pour l'époque : ni barres de mesure, ni armure. La musique respire librement, des décennies avant qu'on parle d'ambient. Brian Eno citera d'ailleurs Satie comme l'une de ses sources premières.

4 pages

Gnossienne No. 3

Erik Satie

La Gnossienne No. 3 est, avec la première, la plus jouée des trois gnossiennes principales de Satie (1890). Elle prolonge l'univers modal et hypnotique du recueil — accompagnement répétitif à gauche, mélodie nue à droite — mais y glisse des harmonies plus colorées et des instants de quasi-suspension du temps. Plus mouvementée que la No. 1, elle fait chanter une ligne aux inflexions orientales sur le balancement de deux accords. Là encore, Satie sème ses annotations énigmatiques : « conseillez-vous soigneusement », « munissez-vous de clairvoyance ». De quoi épaissir encore l'étrangeté poétique de la pièce. Comme l'ensemble du cycle, elle a marqué en profondeur la musique du siècle — Debussy, Cage, Eno s'en souviendront — et le cinéma, la publicité et les musiques d'ambiance s'en emparent volontiers, attirés par cette atmosphère envoûtante qu'on ne confond avec aucune autre.

4 pages

Kinderszenen Op. 15 No. 1 « Von fremden Ländern »

Robert Schumann

« Von fremden Ländern und Menschen » — « De contrées lointaines et de gens étranges » — ouvre les Scènes d'enfants Op. 15 de Schumann (1838). Vingt-huit mesures à peine, en sol majeur, et pourtant l'une des pages les plus aimées du piano. Car Schumann n'y peint pas l'âme d'un enfant, mais celle d'un adulte qui se retourne vers son enfance. La mélodie chante à la main droite sur des arpèges aérés à la gauche, et la pédale forte enrichit la résonance sans jamais brouiller le trait. Tout semble d'une simplicité harmonique désarmante — sol majeur stable, ligne sobre — et c'est précisément de cette retenue que naît une émotion étonnamment profonde. Cette première scène ouvre la porte aux douze autres, dont la célèbre Träumerei, et reste l'une des meilleures entrées dans le monde schumannien et le romantisme intime allemand.

2 pages