rythme
Duolet
Division exceptionnelle d'un temps ternaire en deux valeurs égales : deux notes jouées dans la durée normalement occupée par trois.
Le duolet est le miroir du triolet. Là où le triolet glisse trois notes dans un temps binaire, le duolet en place deux dans un temps ternaire : dans une mesure à 6/8, où chaque temps se divise naturellement en trois croches, il impose deux notes égales coiffées d'un petit chiffre 2. L'effet est un élargissement soudain, comme une grande respiration au milieu du balancement. Les compositeurs romantiques en usent volontiers dans leurs pièces en mesure composée : le duolet adoucit la mélodie pendant que l'accompagnement continue de rouler en trois. Cette superposition du deux et du trois — une main qui chante en duolets, l'autre qui ondule en croches ternaires — demande un découplage réel : compter ne suffit plus, il faut sentir les deux couches à la fois. Le piège classique consiste à transformer le duolet en croche pointée suivie d'une croche, autrement dit à le rendre inégal. Mais au fond, l'oreille apprend plus vite que l'arithmétique : jouer lentement en écoutant le balancement, puis accélérer, règle la question mieux que tous les calculs.
Exemples
Clair de lune de Debussy s'ouvre sur des duolets : la mélodie en tierces plane à deux notes par temps dans une mesure à 9/8. Les intermezzi de Brahms superposent sans cesse le deux et le trois. Chez Fauré, barcarolles et nocturnes font du duolet un élément de langage courant.