expression
Rubato
Souplesse rythmique expressive consistant à ralentir et accélérer subtilement le tempo pour servir la musicalité, sans rompre la pulsation.
Définition
Rubato (italien : « volé », abréviation de tempo rubato) désigne une liberté rythmique appliquée à la mélodie : l'interprète étire certaines notes et rattrape le temps perdu sur les suivantes. Le tempo global reste fidèle à la pulsation, mais à l'intérieur d'une phrase, les durées s'adaptent à l'expression.
Tradition Chopin
Le rubato est indissociable de Chopin, qui le définissait ainsi : « La main gauche est le maître de chapelle, elle ne doit jamais hésiter. La main droite peut prendre des libertés. » Cette dissociation des mains est typique du rubato chopinien.
Au piano romantique
- Chopin : nocturnes, mazurkas, valses — rubato souverain et naturel
- Liszt : rubato plus large, presque déclamatoire
- Brahms, Schumann : rubato discret, intégré à la phrase
- Rachmaninoff : rubato vaste, sculpté
Excès à éviter
Le rubato mal dosé devient sentimentalisme : ralentir systématiquement aux notes longues, accélérer les passages rapides. La règle : le rubato doit servir la phrase, pas la décorer.
Exemples
Le Nocturne Op. 9 No. 2 de Chopin est l'archétype du rubato : main gauche en arpèges réguliers, main droite chantante avec micro-variations. Liszt, dans le Liebestraum No. 3, élargit le rubato à toute la phrase. Schubert (Impromptu Op. 90 No. 3) demande un rubato pudique.