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Tout le monde connaît la première. La deuxième est sa voisine immédiate, écrite en même temps, publiée dans le même cahier en 1888, et construite sur exactement le même principe. C'est aussi celle qu'on entend le moins, sans qu'aucune raison musicale ne le justifie.
Satie a vingt-deux ans. Il a quitté le Conservatoire, joue dans les cabarets de Montmartre, et invente avec ces trois pièces quelque chose qui n'existait pas : une musique lente, harmoniquement riche, volontairement dépourvue de développement et de point culminant. La main gauche pose une basse puis un accord, régulièrement, sans jamais varier son geste. La main droite chante au-dessus une mélodie qui tourne sur elle-même.
L'indication de la deuxième est Lent et triste, là où la première porte Lent et douloureux et la troisième Lent et grave. Trois nuances d'un même état, ce qui est très exactement le propos.
Le mot gymnopédie renvoie à des fêtes de la Grèce antique où de jeunes Spartiates dansaient. Satie l'a probablement rencontré chez Flaubert, dans Salammbô, qu'il lisait à cette époque.
Techniquement, la pièce est abordable dès la deuxième ou troisième année. Musicalement, elle est très difficile à bien jouer.
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