Trois temps, un balancement, et l'on a envie de tourner. La valse a envahi les salons du XIXᵉ siècle avant de devenir un terrain de jeu pour les compositeurs. Du plus dansant au plus rêveur, voici de belles valses pour piano — plusieurs à portée d'un pianiste amateur.
Les valses de Chopin
Impossible de commencer ailleurs. Chopin a écrit une vingtaine de valses, dont certaines comptent parmi les pages les plus jouées du répertoire romantique.
La Valse « Minute » Op. 64 No. 1 tourbillonne comme un chien qui court après sa queue — l'image qui aurait inspiré Chopin. Rapide, mais moins acrobatique qu'elle n'en a l'air.
La Valse Op. 64 No. 2 en ut dièse mineur, plus lente et nostalgique, alterne élan et retenue. Elle demande un joli sens du rubato. Quant à la Valse Op. 69 No. 1, « L'Adieu », elle respire la mélancolie des séparations.
Autour de Vienne
La valse est née là-bas, entre les Strauss et les bals. Côté piano, deux pièces méritent le détour.
L'Invitation à la valse de Weber, écrite en 1819, raconte presque une histoire : un dialogue, une danse, un adieu. C'est l'une des premières valses de concert, pensée pour l'écoute autant que pour le pied.
Les Valses nobles et sentimentales de Schubert, elles, sont de courtes miniatures. Prises une à une, plusieurs restent accessibles aux pianistes intermédiaires.
Le versant rêveur
Plus tard, la valse quitte la piste de danse. Ravel en donne une vision trouble avec La Valse et ses Valses nobles et sentimentales, où le trois-temps se déforme, se brouille, jusqu'au vertige. Difficile, mais fascinant à écouter.
Satie s'en amuse aussi, avec des valses ironiques et légères, loin de l'emphase viennoise.
La difficulté cachée de la valse
Sur le papier, une valse paraît simple : une basse sur le premier temps, deux accords légers sur les suivants. En pratique, ce balancement régulier de la main gauche épuise vite le poignet si on le joue raide. Tout l'art tient dans la souplesse : le premier temps s'appuie, les deux autres rebondissent sans peser.
Ajoutez à cela le tempo, souvent flexible, et l'on comprend qu'une valse « facile » demande en réalité beaucoup d'écoute et de contrôle.
Par où commencer
Pour un premier contact, quelques pistes selon le niveau :
- Débutant : de petites valses de Schubert ou de Brahms, souvent réduites à deux pages.
- Intermédiaire : la Valse Op. 69 No. 1 de Chopin, ou l'Op. 64 No. 2 travaillée lentement.
- Avancé : la Valse Minute à tempo, ou les grandes valses brillantes.
Le point commun de toutes ces pièces : la main gauche pose le balancement à trois temps, la droite chante par-dessus. Travaillez d'abord la gauche seule jusqu'à ce qu'elle tourne sans y penser. Le reste suit. Le catalogue de partitions en réunit plusieurs, gratuites et prêtes à télécharger.
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