ornementation
Arpègement
Manière d'égrener les notes d'un accord l'une après l'autre, de bas en haut le plus souvent, au lieu de les frapper ensemble.
Arpègement désigne l'action d'arpéger un accord, c'est-à-dire d'en jouer les notes successivement plutôt que simultanément. Le mot partage sa racine avec « arpège » et avec la harpe, instrument dont le jeu naturel consiste justement à égrener les cordes. Sur la partition, un trait vertical ondulé placé devant l'accord signale qu'il faut le briser.
Le sens de l'arpègement va presque toujours du grave à l'aigu, mais certains compositeurs demandent l'inverse par une flèche. La vitesse, elle, dépend du caractère : lent et large dans une pièce grave, rapide et discret ailleurs. À l'époque baroque, arpéger les accords tenait de l'évidence, même sans indication ; le claveciniste les brisait pour les faire chanter, car l'instrument ne tenait pas le son. Au piano, l'arpègement reste un outil d'expression. Il adoucit un accord, l'étale dans le temps, lui donne une résonance que l'attaque simultanée n'offre pas. Mais abusé, il alanguit la musique et brouille le rythme.
Exemples
Les accords arpégés parsèment les nocturnes de Chopin, où la main gauche déploie l'harmonie en larges vagues. Bach bâtit tout le Prélude en do majeur qui ouvre le Clavier bien tempéré sur des accords brisés, et les clavecinistes français en couvraient leurs préludes non mesurés.