harmonie
Basse continue
Ligne de basse chiffrée de la période baroque à partir de laquelle le claviériste improvise l'harmonie, aussi appelée basso continuo ou continuo.
La basse continue est le socle de presque toute la musique baroque. Sous la mélodie, une ligne de basse défile, accompagnée de chiffres qui indiquent les accords à réaliser. Charge au claviériste, au clavecin ou à l'orgue, de remplir l'harmonie au-dessus de cette basse en s'appuyant sur ces chiffres. On dit aussi basso continuo, ou simplement continuo.
C'est une pratique d'improvisation codifiée. Les chiffres ne notent pas les notes exactes à jouer, seulement les intervalles au-dessus de la basse : un 6 demande une sixte, un 7 une septième, et ainsi de suite. Mais rien n'impose la façon de les disposer. Deux musiciens compétents réalisaient la même basse très différemment, plus dépouillée ou plus fournie selon le goût.
Pour un pianiste d'aujourd'hui, comprendre la basse continue éclaire toute l'architecture de l'époque. Bach a écrit des centaines de pages où le continuo soutient l'édifice, et savoir lire ces chiffrages aide à sentir comment l'harmonie respire. La pratique s'éteint peu à peu au tournant classique, quand les compositeurs se mettent à tout écrire.
Exemples
Les Sonates pour violon et clavecin de Bach reposent sur une basse continue chiffrée. Le clavecin réalise le continuo dans les Concertos brandebourgeois. Corelli a laissé de nombreuses sonates en trio où le clavier improvise sur la basse.