forme
Suite
Recueil de pièces brèves enchaînées, à l'origine constituées de danses contrastées de tempi différents, typique du répertoire baroque.
Une suite assemble plusieurs pièces courtes, généralement dans la même tonalité, jouées à la file. À l'origine, aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle regroupait des danses stylisées venues de toute l'Europe. L'ordre baroque type, chez Bach ou Haendel : un prélude libre, puis l'allemande (modérée, à 4/4, démarrant en anacrouse), la courante (vive, à 3/2 ou 3/4), la sarabande (lente, à 3/4, accent sur le deuxième temps), d'éventuelles galanteries — menuet, gavotte, bourrée — et la gigue finale, rapide, à 6/8 ou 12/8, souvent virtuose.
Le claviériste y trouve un répertoire immense : Suites françaises BWV 812-817, Suites anglaises et Partitas de Bach, suites pour clavier de Haendel, Pièces de clavecin de Couperin et Rameau. Mais la forme ne meurt pas avec le baroque. Aux XIXe et XXe siècles, la suite abandonne les danses pour rassembler des pièces de caractère : Carnaval et Kreisleriana de Schumann, Suite bergamasque et Children's Corner de Debussy, Le Tombeau de Couperin de Ravel — hommage, celui-là, qui renoue justement avec les danses anciennes.
Exemples
La Suite bergamasque de Debussy (1905) contient le célèbre Clair de Lune. Les Suites françaises de Bach (BWV 812-817) sont des chefs-d'œuvre pédagogiques. Le Tombeau de Couperin de Ravel rend hommage aux suites baroques. La Suite pour piano Op. 14 de Bartók allie modernité et tradition.