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Catalogue

Toutes les partitions

290 partitions de piano gratuites du domaine public

Consolation No. 1 en mi majeur

Franz Liszt

Consolation No. 1 en mi majeur ouvre les Six Consolations S. 172 que Liszt compose entre 1844 et 1849. Le titre vient probablement d'un recueil de poèmes du même nom de Sainte-Beuve. Cette première pièce, en mi majeur lumineux, est très brève — moins de deux minutes — et se présente comme un préambule serein avant les pièces plus connues du cycle (notamment la n°3 en ré bémol). Une mélodie simple à la main droite, des accords brisés à la gauche, et l'atmosphère d'une page de chevet. Liszt, après les années virtuoses, cherche ici une voix intime et apaisée, à mille lieues des Études d'exécution transcendante. Une porte d'entrée idéale au Liszt méconnu, celui des miniatures intérieures. Convient parfaitement aux pianistes intermédiaires.

2 pages

Sonate K. 11 en ut mineur

Domenico Scarlatti

La Sonate K. 11 en ut mineur est l'une des 555 sonates pour clavier que Domenico Scarlatti compose pendant ses années à la cour madrilène, autour de 1738. Brève — moins de trois minutes — la pièce illustre toutes les marques de fabrique du compositeur : virtuosité élégante, croisements de mains, rythmes parfois espagnols, harmonies surprenantes pour 1738. Forme binaire à deux parties avec reprises, écriture à deux voix la plupart du temps mais avec quelques accords plus pleins. Scarlatti écrit pour son élève la reine Maria Barbara, claveciniste expérimentée. Sur piano moderne, on cherche à préserver la clarté et le mordant tout en exploitant la couleur. C'est l'une des sonates les plus jouées du compositeur, idéale pour aborder son langage. Forme courte, intensité grande.

3 pages

Sinfonia No. 15 en si mineur

Johann Sebastian Bach

La Sinfonia No. 15 en si mineur BWV 801 referme magistralement le recueil des quinze sinfonias à trois voix de Bach (vers 1723). Pour conclure, le compositeur adopte un caractère de gigue, sur une mesure à 9/16 qui rappelle les danses françaises de l'époque. Le si mineur s'y pare d'une vivacité dansante, et cette mesure peu courante impose un balancement ternaire particulièrement expressif — on se croirait presque entraîné dans une ronde. C'est une fin enlevée pour un cycle souvent grave. Tout l'enjeu consiste à maîtriser la subdivision ternaire sans la laisser s'alourdir : le tempo doit rester vif, mais articulé. Pensez à marquer le premier temps de chaque mesure tout en préservant la légèreté de l'ensemble. Bien menée, cette gigue couronne le recueil sur une note d'élan et de joie communicative, comme un sourire après l'effort.

2 pages

Applicatio en ut majeur

Johann Sebastian Bach

L'Applicatio BWV 994 est une pièce pédagogique que Bach compose vers 1720 pour son fils Wilhelm Friedemann, alors âgé de neuf ans. Elle figure parmi les toutes premières du Petit Livre pour Wilhelm Friedemann, ce cahier où le père consignait des exercices à l'intention de l'enfant. Plus qu'un morceau de concert, c'est un exercice de doigté : la main droite déroule des ornements — mordants, trilles — sur une mélodie simple, soutenue par une basse régulière. Son intérêt tient surtout à un détail précieux. Le doigté indiqué par Bach lui-même, conservé dans le manuscrit original, y enseigne le passage du pouce sous les autres doigts — une technique alors nouvelle, qui allait révolutionner le jeu au clavier. Modeste en apparence, cette page est donc un petit document historique autant qu'une première leçon. À travailler en suivant scrupuleusement les doigtés d'origine.

1 page

Bourrée en mi mineur (Suite pour luth)

Johann Sebastian Bach

La Bourrée en mi mineur BWV 996 provient à l'origine de la Suite pour luth en mi mineur, que Bach compose vers 1712 à Weimar. Sa transcription pour clavier en a fait l'une des pages les plus jouées du répertoire baroque — et le rock s'en est même emparé, puisque Jethro Tull l'a popularisée auprès d'un tout autre public. Dansante et rebondissante, la bourrée est une danse française à 2/2. Elle fait alterner un thème principal joyeux en mi mineur et une seconde partie qui module vers sol majeur, avant le retour du début. Toute sa vie tient dans l'articulation : croches en non legato léger, noires en détaché, le tout porté par un premier temps bien marqué qui ne doit pourtant jamais casser l'élan dansant. C'est cet équilibre entre fermeté et souplesse qui en fait le charme — et la difficulté.

2 pages

Concerto Italien (1er mouvement)

Johann Sebastian Bach

Le Concerto Italien BWV 971 est l'une des œuvres les plus célèbres et les plus virtuoses que Bach ait écrites pour clavier seul. Publié en 1735 dans le Clavier-Übung II, il imite la forme du concerto italien — avec ses tutti et ses soli — sur un seul instrument, ce qui supposait à l'origine un clavecin à deux claviers, capable d'opposer les plans sonores. Le premier mouvement, sans tempo indiqué mais généralement pris Allegro, fait dialoguer avec brio les passages de tutti, puissants et polyphoniques, et les soli virtuoses et mélodiques. Au piano moderne, c'est par les nuances — forte contre piano — qu'on rend ce contraste, devenu structurel : repérer systématiquement les changements de plan est la clé de l'interprétation. La virtuosité, gammes et arpèges, exige aussi un travail technique rigoureux. Une page brillante, où Bach fait tenir tout un orchestre sous dix doigts.

6 pages

Variations Goldberg — Aria

Johann Sebastian Bach

L'Aria ouvre et referme le monumental cycle des Variations Goldberg BWV 988, publié en 1741. Cette sarabande d'une beauté épurée sert de thème aux trente variations qui s'enchaînent entre ses deux apparitions. Son nom vient de Johann Gottlieb Goldberg, le claveciniste pour qui Bach l'aurait composée, selon une tradition qu'on ne peut tout à fait vérifier. C'est une danse lente et ornée, en sol majeur : la main droite y déploie une ornementation baroque raffinée — mordants, trilles, appogiatures — au-dessus d'une basse simple mais structurante, qui sera la matrice même de tout le cycle. Les ornements sont l'âme de cette page : travaillez-les lentement, isolément, jusqu'à ce qu'ils coulent sans effort. Et que la basse chante, toujours, sans jamais devenir mécanique — c'est sur elle que reposera ensuite l'édifice entier des variations.

3 pages

Sonate Op. 10 No. 1, 1er mouvement (Allegro molto e con brio)

Ludwig van Beethoven

La Sonate Op. 10 No. 1 en ut mineur compte parmi les sonates de jeunesse de Beethoven, composée en 1798. La tonalité d'ut mineur y annonce déjà le tempérament dramatique qui marquera la Pathétique, le Cinquième Concerto, la Cinquième Symphonie — cette couleur sombre et combative qui deviendra sa signature. L'Allegro molto e con brio initial est d'une énergie torrentielle. Le premier sujet, un arpège ascendant en ut mineur lancé comme une fusée, frappe d'emblée par son allure héroïque ; le second, en mi bémol majeur, vient adoucir le propos d'un lyrisme contrasté. Mais attention : cette énergie ne doit jamais glisser vers la précipitation. Tout l'art consiste à maîtriser les contrastes dynamiques brutaux — fortepiano, sforzando — sans rompre la pulsation. C'est un jeune Beethoven déjà sûr de sa force, qui pousse la sonate classique vers le drame.

6 pages

Sonate Op. 10 No. 1, 3e mouvement (Prestissimo)

Ludwig van Beethoven

Le Prestissimo final de la Sonate Op. 10 No. 1 (Beethoven, 1798) est l'un de ses mouvements les plus exigeants en matière de vélocité. Il referme la sonate par un déchaînement d'énergie en ut mineur, dans la même veine orageuse que le premier mouvement. Tourbillonnant, presque démoniaque, ce finale est une sorte de tarentelle déguisée : les triolets de croches s'enchaînent sans répit et installent une sensation de vertige, comme une course qu'on ne peut plus arrêter. La vélocité ne se gagne pourtant que par la patience — il faut le travailler des semaines durant à la moitié du tempo cible avant d'espérer la vitesse réelle. Et pour ne pas se crisper dans le feu de l'action, une consigne s'impose : garder les poignets très souples. C'est la condition pour tenir la distance sans se raidir, et préserver la clarté du trait jusqu'au bout.

5 pages

Sonate Op. 10 No. 2, 2e mouvement (Allegretto)

Ludwig van Beethoven

L'Allegretto de la Sonate Op. 10 No. 2 en fa majeur (Beethoven, 1798) est un mouvement central d'une douceur introspective. Encadré par deux mouvements rapides, il leur oppose un contraste tendre, comme une parenthèse rêveuse au cœur de la sonate. Mélancolique et chantant, il prend l'allure d'un menuet lent et stylisé : le thème principal se déploie sur des basses régulières, dans un climat intime qui évoque presque Schubert avant l'heure. C'est une page de demi-teintes, qui vit de nuances plus que d'effets. Tout l'enjeu est de faire chanter la mélodie par-dessus l'accompagnement régulier, et de soigner les phrasés comme on dirait des phrases parlées — partir doucement, culminer au milieu, retomber. Bien menée, cette intériorité retenue touche autant que les grands élans des mouvements vifs. Beethoven y montre déjà qu'il sait aussi murmurer.

4 pages

Sonate Pathétique Op. 13, 1er mouvement (Grave - Allegro di molto e con brio)

Ludwig van Beethoven

La Sonate Pathétique Op. 13 en ut mineur (Beethoven, 1798) est l'une des œuvres les plus célèbres du compositeur. Fait rare chez lui, le sous-titre « Pathétique » est de sa propre main, et l'œuvre fit aussitôt scandale autant que triomphe — on n'avait pas l'habitude d'une telle violence d'expression. Le Grave initial s'ouvre sur un accord fortissimo qui claque comme un coup de tonnerre. Lui succède un Allegro di molto e con brio déchaîné, en ut mineur tempétueux, et les retours périodiques du Grave viennent en structurer tout le déroulé — procédé audacieux pour l'époque. Côté clavier, le défi majeur tient aux trémolos de la main gauche dans l'Allegro, qui doivent bouillonner sans jamais s'alourdir. Quant à la pédale, elle exige une précision absolue sur chaque changement d'harmonie, faute de quoi tout se brouille. Un sommet du premier Beethoven.

9 pages

Sonate Pathétique Op. 13, 2e mouvement (Adagio cantabile)

Ludwig van Beethoven

L'Adagio cantabile de la Sonate Pathétique (Beethoven, 1798) est l'une des pages les plus aimées de tout le répertoire pianistique. Sa mélodie en la bémol majeur est devenue universellement reconnaissable, reprise dans d'innombrables films, publicités et arrangements — au point qu'on l'a parfois entendue sans même savoir d'où elle venait. Chantant, serein, profondément humain, ce mouvement incarne à la perfection l'indication cantabile : le piano doit y imiter la voix humaine. Trois sections se succèdent — un énoncé paisible, un développement central plus animé, puis le retour du thème. La difficulté centrale est de faire chanter la mélodie principale au pouce de la main droite, tâche ingrate s'il en est, pendant que la basse en triples croches reste discrète et fluide. Tout est affaire de plans sonores et de souffle. Une page d'apparence simple, redoutable de justesse à tenir.

4 pages