Sinfonia No. 9 en fa mineur
Johann Sebastian Bach
La Sinfonia No. 9 en fa mineur BWV 795 passe pour la plus profonde et la plus difficile des quinze sinfonias à trois voix de Bach (vers 1723). On la surnomme parfois la « sœur de la Passion », tant son chromatisme est intense. Tragique, douloureuse, elle entrelace trois sujets distincts dans un contrepoint chromatique d'une expressivité rare ; la présence du demi-ton ascendant y maintient une tension qui ne se relâche jamais. C'est presque une fugue à trois voix, et il faut l'aborder comme telle : distinguer clairement les trois sujets dès le départ, sous peine de tout brouiller. Quant à la pédale, mieux vaut l'employer avec parcimonie, pour préserver la lisibilité du contrepoint. Une page sombre et grande, qui dépasse de loin le cadre de l'exercice pédagogique et touche au sublime.