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Catalogue

Toutes les partitions

290 partitions de piano gratuites du domaine public

Sinfonia No. 9 en fa mineur

Johann Sebastian Bach

La Sinfonia No. 9 en fa mineur BWV 795 passe pour la plus profonde et la plus difficile des quinze sinfonias à trois voix de Bach (vers 1723). On la surnomme parfois la « sœur de la Passion », tant son chromatisme est intense. Tragique, douloureuse, elle entrelace trois sujets distincts dans un contrepoint chromatique d'une expressivité rare ; la présence du demi-ton ascendant y maintient une tension qui ne se relâche jamais. C'est presque une fugue à trois voix, et il faut l'aborder comme telle : distinguer clairement les trois sujets dès le départ, sous peine de tout brouiller. Quant à la pédale, mieux vaut l'employer avec parcimonie, pour préserver la lisibilité du contrepoint. Une page sombre et grande, qui dépasse de loin le cadre de l'exercice pédagogique et touche au sublime.

3 pages

Sinfonia No. 10 en sol majeur

Johann Sebastian Bach

La Sinfonia No. 10 en sol majeur BWV 796 illustre la veine joyeuse et lumineuse de Bach. Comme les autres pièces du recueil des quinze sinfonias à trois voix (vers 1723), elle naît dans le contexte de la formation de Wilhelm Friedemann, mais sa fraîcheur la rend agréable à tout pianiste. Le sol majeur y brille d'une clarté heureuse. Son sujet, agile et rebondissant, se prête à de nombreux renversements et jeux d'imitation — un terrain idéal pour découvrir le contrepoint inversible, cette spécialité de Bach où un motif fonctionne aussi bien à l'endroit qu'à l'envers. Pour la mettre en valeur, on soulignera les entrées du sujet d'une légère mise en relief, le reste se fondant dans la trame. Visez un tempo allègre, mais sans précipitation : la vivacité ne doit jamais nuire à la netteté des trois voix.

2 pages

Sinfonia No. 11 en sol mineur

Johann Sebastian Bach

La Sinfonia No. 11 en sol mineur BWV 797 est l'une des pages les plus lyriques et les plus tendres des quinze sinfonias à trois voix de Bach (vers 1723). Son chromatisme expressif annonce déjà les grandes pages tragiques du compositeur. Le sol mineur s'y pare d'une douceur presque douloureuse : les voix s'enlacent en longues phrases ondulantes, parfois suspendues par des cadences qui invitent à respirer. C'est une sinfonia où le souffle compte autant que les notes. Un rubato discret y est admis — ce qui n'est pas si fréquent chez Bach —, à condition de rester de bon goût. Soignez avant tout les respirations entre les phrases et la progression de la dynamique. Une pédale très brève peut enrichir les résonances, mais à doses homéopathiques, pour ne pas troubler la transparence du tissu polyphonique.

2 pages

Sinfonia No. 12 en la majeur

Johann Sebastian Bach

La Sinfonia No. 12 en la majeur BWV 798 est l'une des plus virtuoses des quinze sinfonias à trois voix de Bach (vers 1723). Elle réclame une grande indépendance des mains et une articulation d'une netteté sans faille. Le la majeur y rayonne d'une énergie communicative : le sujet, bondissant, presque concertant, parcourt les trois voix avec une vivacité réjouissante. C'est une pièce qui pétille. Mais cette allure brillante a son revers — la vraie difficulté tient à la précision rythmique des trois voix simultanées, qui doivent rester parfaitement coordonnées malgré la vitesse. D'où une règle qu'on aurait tort de négliger : un travail très lent, d'abord, avant toute accélération progressive. C'est en domptant la pièce au ralenti qu'on gagne le droit de la jouer vite, sans qu'elle se désagrège.

2 pages

Sinfonia No. 13 en la mineur

Johann Sebastian Bach

La Sinfonia No. 13 en la mineur BWV 799 est célèbre pour la beauté de son sujet, qu'on a parfois rapproché d'un chant populaire allemand. Issue des quinze sinfonias à trois voix de Bach (vers 1723), elle illustre à merveille l'art du compositeur, capable de transformer une mélodie toute simple en chef-d'œuvre de contrepoint. Mélancolique et pourtant lumineuse, elle oscille entre la Klage — la lamentation — et un net élan vital. Les imitations y sont serrées, et il s'en dégage un sentiment d'urgence expressive qui surprend pour une pièce de cette dimension. Le secret, c'est de faire chanter le sujet dès sa première apparition : c'est lui qui structure tout l'édifice. Quant au tempo, il doit rester modéré pour préserver l'expressivité — courir gâcherait le chant et brouillerait les entrées successives.

2 pages

Sinfonia No. 14 en si bémol majeur

Johann Sebastian Bach

La Sinfonia No. 14 en si bémol majeur BWV 800 est une page d'une élégance toute baroque. Elle appartient aux quinze sinfonias à trois voix de Bach (vers 1723) et se distingue par la fluidité de ses lignes et la chaleur de sa tonalité. Le si bémol majeur lui donne une couleur cuivrée, presque vocale : les trois voix se croisent en un tissu mélodique d'une continuité remarquable, où le discours ne s'interrompt jamais vraiment. C'est une sinfonia qui coule. Le legato y prime, donc — aucune note ne doit rompre le fil. Tout le travail consiste à soigner la conduite des voix, à veiller à ce que chaque ligne garde son indépendance tout en s'intégrant à l'ensemble. Moins spectaculaire que d'autres sinfonias, elle apprend une chose précieuse : faire chanter plusieurs voix à la fois sans en sacrifier aucune.

2 pages

Sinfonia No. 6 en mi majeur

Johann Sebastian Bach

La Sinfonia No. 6 en mi majeur BWV 792 fait partie des 15 Sinfonias à trois voix que Bach réunit vers 1723 pour l'éducation musicale de son fils aîné Wilhelm Friedemann. Originellement nommées « Fantaisies », elles complètent les quinze Inventions à deux voix et forment, avec elles, un authentique cours de contrepoint au clavier. Celle-ci rayonne d'une luminosité sereine, toute en clarté. La voix médiane y joue un rôle particulièrement savoureux : elle dialogue sans cesse avec les deux voix extrêmes, tissant une polyphonie ciselée, typique du génie contrapuntique de Bach. Pour l'aborder, mieux vaut repérer le sujet dès la première mesure et le suivre à la trace à travers les trois voix. Et surtout, travailler voix par voix avant de les assembler — c'est la seule façon d'entendre vraiment la polyphonie, et non un magma de notes.

2 pages

Étude Op. 26 No. 1 — Louise Farrenc

Louise Farrenc

Cette Étude Op. 26 No. 1 ouvre les 30 Études dans toutes les tonalités majeures et mineures de Louise Farrenc (1839), un recueil pédagogique qui mérite franchement d'être redécouvert. Héritière de Clementi, Farrenc préfigure par endroits les Études de Chopin. Celle-ci travaille l'égalité des doigts et l'indépendance des mains dans une écriture classique élégante — jamais purement mécanique, et c'est ce qui la distingue. Quelque part entre la rigueur de Czerny et la poésie de Heller, elle a écrit une pédagogie complète qui fait de la musique, pas des gammes déguisées.

2 pages

To a Wild Rose Op. 51 No. 1 — Edward MacDowell

Edward MacDowell

To a Wild Rose (« À une rose sauvage ») ouvre les Woodland Sketches Op. 51 (1896) d'Edward MacDowell, et c'est la pièce la plus jouée, la plus aimée aussi, du premier grand compositeur classique américain. Une mélodie simple et chantante en la majeur repose sur un accompagnement d'accords arpégés d'une transparence parfaite. Tout évoque, avec une délicatesse pastorale, une fleur sauvage croisée dans les bois du New Hampshire, là où MacDowell aimait composer. Techniquement, elle est à la portée d'un élève intermédiaire, mais l'expression, elle, réclame une vraie maturité — c'est l'une des meilleures premières pièces poétiques qu'on puisse confier à un jeune pianiste. Le piège, justement, serait de la jouer trop sucrée : sa beauté tient dans la retenue, dans ce rien de nostalgie qu'il ne faut surtout pas appuyer.

2 pages

Danse rituelle du feu (L'Amour sorcier) — Manuel de Falla

Manuel de Falla

La Danse rituelle du feu est extraite du ballet L'Amour sorcier (El amor brujo, 1915) de Manuel de Falla — l'une des pages les plus célèbres de la musique espagnole moderne. Elle évoque une danse de purification par le feu, célébrée la nuit autour d'un brasero pour chasser le fantôme d'un amant jaloux. Trémolos obsédants, accents rythmiques violents, virtuosité andalouse : la pièce est à la fois rituelle et théâtrale, traversée d'une fièvre qui ne retombe jamais vraiment. Conçue pour orchestre, elle fut transcrite pour piano par Falla lui-même, puis par Arthur Rubinstein, qui en fit l'un de ses bis les plus fameux. C'est cette version pianistique qui s'est imposée au concert. Redoutable de tenue et d'énergie, elle demande des trémolos d'une régularité parfaite et un sens du climat presque scénique — il faut y entendre crépiter les flammes.

8 pages

Allegro barbaro Sz. 49 — Béla Bartók

Béla Bartók

Allegro barbaro Sz. 49 (1911) est l'une des pages emblématiques du modernisme pianistique du XXe siècle. Bartók y inaugure son style percussif : le piano traité comme un instrument à percussion, des rythmes irréguliers d'origine folklorique, des dissonances pleinement assumées. Le tempo est très rapide, les rythmes binaires martelés, les clusters dissonants ; toute la pièce respire une énergie sauvage qui évoque les danses paysannes hongroises et roumaines que Bartók collectait sur le terrain, phonographe à l'épaule. Elle dure deux ou trois minutes, mais frappe comme un coup de poing. Son influence fut considérable : on en retrouve l'écho chez Prokofiev, dans sa Toccata Op. 11, comme dans le piano percutant du Sacre du printemps de Stravinsky, et plus largement dans toute la lignée du piano moderne. Une œuvre fondatrice, brève et brutale, qui change la donne.

6 pages

Étude mélodique Op. 840 No. 1 — Carl Czerny

Carl Czerny

Cette Étude mélodique No. 1 ouvre les 50 Études mélodiques Op. 840 de Czerny (1855), l'un des recueils les plus abordables du pédagogue viennois. Contrairement à ses études purement mécaniques — l'Op. 299, l'Op. 740 —, celles-ci proposent de vraies petites pièces de caractère, où la difficulté technique se met au service d'une mélodie qui chante. Forme courte, écriture transparente, toucher chantant demandé à la droite, accompagnement régulier à la gauche : voilà une bonne porte d'entrée dans l'univers de Czerny pour un pianiste débutant. Et pour une fois chez cet auteur, on travaille autant l'oreille et le phrasé que les doigts. De quoi réconcilier les élèves avec un nom souvent associé à l'aridité des exercices.

2 pages