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477 partitions de piano gratuites du domaine public

Prélude et Fugue en la mineur BWV 895

Johann Sebastian Bach

Cette pièce est une oeuvre de jeunesse, et cela s'entend. Le prélude est bref, direct, bâti sur une figure unique répétée qui ne cherche aucun développement. La fugue qui suit est de dimensions modestes, à trois voix, avec un sujet simple et un parcours sans détour. L'ensemble tient en quelques minutes et n'a pas l'ambition des grands diptyques du Clavier bien tempéré. Ce format réduit en fait un objet pédagogique de premier ordre. Un élève y rencontre l'architecture complète du couple prélude et fugue, avec toutes ses caractéristiques, mais à une échelle où le travail reste maîtrisable. C'est exactement la marche intermédiaire qui manque souvent entre les inventions et le Clavier bien tempéré. La datation est incertaine, mais l'écriture renvoie aux années de formation, avant Weimar. Bach avait alors une vingtaine d'années et absorbait tout ce qui lui passait entre les mains, des maîtres nord-allemands aux Italiens. Comptez un niveau intermédiaire.

4 pages

Petit Prélude en do majeur BWV 924 (Notenbüchlein für W. F. Bach)

Johann Sebastian Bach

Le 22 janvier 1720, à Köthen, Bach ouvre un cahier vierge et écrit sur la première page le titre d'un recueil destiné à son fils aîné. Wilhelm Friedemann a neuf ans. Ce Klavierbüchlein est le document le plus précieux que nous ayons sur la manière dont Bach enseignait, et ce prélude en do majeur en est l'une des toutes premières pièces. L'écriture est immédiatement reconnaissable. La main gauche tient de longues notes graves, presque immobiles, pendant que la droite déroule un dessin régulier qui s'enroule autour de l'harmonie. Le contraste entre une basse statique et un mouvement continu au-dessus est l'un des gestes fondateurs du style de clavier de Bach, et il est ici réduit à sa forme la plus simple. Le cahier contient aussi la fameuse table d'ornements, où Bach dessine à la main la réalisation de chaque signe. C'est le seul endroit de tout son oeuvre où il l'explique aussi clairement, et les ornements de ce prélude sont précisément ceux qu'un élève venait d'apprendre à déchiffrer. Techniquement, la pièce est accessible dès la deuxième année. Historiquement, c'est une porte d'entrée dans l'atelier d'un pédagogue.

1 page

Petit Prélude en ré mineur BWV 926

Johann Sebastian Bach

C'est le moment où le cahier de Wilhelm Friedemann cesse d'être facile. Les premières pièces que Bach y consigne restent modestes. Celle-ci change de registre : les doubles croches y coulent sans interruption du début à la fin, passent d'une main à l'autre, et exigent une régularité que les préludes précédents ne demandaient pas. Wilhelm Friedemann avait dix ans environ lorsqu'il l'a abordée, et il deviendrait l'un des clavecinistes les plus redoutables de sa génération. En ré mineur, la pièce est bâtie sur des figures en arpèges brisés qui parcourent le clavier en séquences descendantes. L'harmonie est simple, presque scolaire, mais elle sert de support à un travail digital continu. Vers la fin, le mouvement s'interrompt sur des accords tenus qui élargissent brusquement le discours, procédé que Bach reprendra dans ses toccatas. C'est l'un des rares préludes du recueil qui sonne réellement brillant en concert. Un élève qui le maîtrise possède les bases de tout le clavier baroque : égalité, indépendance des mains, et endurance sur un mouvement perpétuel.

2 pages

Variations Goldberg — Variation 16 (Ouverture) BWV 988

Johann Sebastian Bach

Le pivot du cycle Trente variations, et celle-ci occupe exactement la seizième place. Bach y place une ouverture à la française, c'est-à-dire la pièce par laquelle on ouvrait un opéra ou un ballet à la cour de Louis XIV. Le geste est architectural : arrivé à la moitié de son parcours, il recommence solennellement, comme si un second ouvrage débutait. Deux sections contrastées L'ouverture à la française obéit à un modèle fixe, hérité de Lully. Une première partie lente et majestueuse, dominée par des rythmes pointés qui donnent une allure de cortège. Puis une seconde partie rapide et fuguée, où un motif est exposé puis imité de voix en voix. Bach reprend ce schéma sans y déroger, et l'inscrit dans les contraintes du cycle : même basse fondamentale, même longueur que les autres variations. Au piano Les rythmes pointés de la première section et le contrepoint rapide de la seconde demandent deux approches techniques distinctes. Comptez un bon niveau avancé.

3 pages

Variations Goldberg — Variation 17 a 2 Clav. BWV 988

Johann Sebastian Bach

Placée juste après la grande ouverture à la française qui ouvre la seconde moitié du cycle, cette variation relance le mouvement avec une énergie franchement athlétique. Son moteur est la séquence : un motif bref, répété à des hauteurs successives, qui parcourt le clavier en progressions montantes et descendantes. Les deux mains y participent à égalité, se répondant et se croisant, dans une écriture qui tient autant de l'étude que de la pièce de caractère. Ce procédé donne à la variation une clarté immédiate. On comprend son fonctionnement dès les premières mesures, et l'intérêt vient ensuite de la manière dont Bach fait évoluer la progression sans jamais la laisser devenir mécanique. L'indication a 2 Clav. rappelle que le recueil fut conçu pour un clavecin à deux claviers. Sur un piano, les deux mains doivent cohabiter sur un seul plan, ce qui ajoute une difficulté que Bach n'avait pas prévue. Comptez un niveau avancé, surtout pour la vélocité et l'égalité demandées.

2 pages

Variations Goldberg — Variation 19 a 1 Clav. BWV 988

Johann Sebastian Bach

Entre deux pièces exigeantes, Bach place ici une respiration. Cette dix-neuvième variation est courte, légère, écrite pour un seul clavier, et son caractère est celui d'une danse simple. Trois voix s'y répondent sur un rythme régulier, avec un motif bref qui circule d'une main à l'autre sans jamais s'alourdir. Rien ne cherche l'effet, et la pièce passe presque comme un intermède. Cette alternance est délibérée. Bach a organisé les trente variations pour qu'elles s'écoutent d'affilée, et le cycle repose sur une respiration entre les moments de virtuosité, les constructions canoniques et les pages de détente comme celle-ci. Jouées isolément, ces variations perdent une partie de leur sens ; c'est dans la succession qu'elles trouvent leur place. Techniquement, c'est l'une des plus abordables du recueil. Elle constitue une bonne entrée pour un pianiste souhaitant aborder les Goldberg sans se heurter d'emblée aux variations de bravoure.

1 page

Variations Goldberg — Variation 21 (Canone alla Settima) BWV 988

Johann Sebastian Bach

Sur les trente variations du cycle, trois seulement passent au mode mineur. Celle-ci est la deuxième, après la quinzième et avant la vingt-cinquième, et son arrivée assombrit brusquement un ensemble jusque-là lumineux. C'est aussi le septième canon de la série, à l'intervalle de septième. Cet intervalle est dissonant par nature, ce qui accentue encore la tension : les deux voix se suivent à une distance qui ne se résout pas d'elle-même, et leur rencontre produit des frottements bien plus âpres que dans les canons précédents. Bach fait converger ici deux moyens d'assombrissement, le mode mineur et l'intervalle instable, sans que la construction canonique en soit affaiblie. La basse continue imperturbablement sa marche sous les deux voix. Le résultat est l'une des pages les plus graves du recueil, et l'un des sommets expressifs de la seconde moitié du cycle. Elle prépare de loin la vingt-cinquième variation, ce grand adagio en mineur que Wanda Landowska surnommait la perle noire.

2 pages

Variations Goldberg — Variation 24 (Canone all'Ottava) BWV 988

Johann Sebastian Bach

Huitième canon du cycle, et le plus immédiatement perceptible de tous. Les deux voix se suivent à l'octave, c'est-à-dire à l'intervalle le plus consonant qui soit après l'unisson : l'oreille reconnaît sans effort que la seconde répète la première, parce qu'elle dit exactement la même chose, une octave plus loin. Bach écrit cette variation à 9/8, une mesure ternaire qui lui donne un balancement de danse pastorale. Le mouvement est souple, régulier, sans aucune tension, et l'ensemble respire une sérénité qui contraste avec la gravité de la vingt et unième variation. Cette alternance de caractères n'est pas laissée au hasard. Le cycle progresse par vagues, faisant se succéder pièces de bravoure, canons et moments de repos, et l'auditeur qui écoute les trente variations d'affilée perçoit cette respiration d'ensemble. La difficulté technique est modérée. Comme dans tous les canons du recueil, l'enjeu est de maintenir trois voix distinctes et de laisser entendre le mécanisme d'imitation sans le souligner lourdement.

2 pages

Variations Goldberg — Variation 28 a 2 Clav. BWV 988

Johann Sebastian Bach

Une variation presque entièrement construite sur des trilles : voilà qui n'existe nulle part ailleurs dans la littérature de clavier de cette époque. Bach fait ici du trille non pas un ornement mais la matière même du discours. Des trilles longs, tenus, se maintiennent à une main pendant que l'autre déroule une ligne, puis les rôles s'échangent, puis les deux mains trillent simultanément. Le résultat est un scintillement continu, une sorte de vibration sonore qui traverse toute la pièce. Nous approchons de la fin du cycle. Après cette variation viendront la vingt-neuvième, massive et accordée, puis le quodlibet qui referme l'ensemble sur une plaisanterie populaire, avant le retour de l'aria initiale. C'est l'une des variations les plus exigeantes du recueil. Tenir un trille long et régulier tout en jouant autre chose de l'autre main relève d'une indépendance des mains peu commune, et le clavier unique du piano n'arrange rien. À réserver aux pianistes confirmés.

3 pages

Prélude No. 2 en ut mineur BWV 871 (Le Clavier bien tempéré, Livre II)

Johann Sebastian Bach

Bach a réuni le second livre du Clavier bien tempéré vers 1740, près de vingt ans après le premier. L'intention reste la même, parcourir les vingt-quatre tonalités par un prélude et une fugue dans chacune, mais l'écriture a changé : les pièces sont plus longues, plus développées, et le compositeur a soixante ans au lieu de quarante. Ce prélude en ut mineur illustre bien cette évolution. Là où le livre I proposait souvent une figure unique tenue de bout en bout, celui-ci construit un discours avec des idées contrastées, des modulations franches et une véritable progression. L'écriture est à deux voix pour l'essentiel, ce qui la rend transparente, mais elle est plus mobile qu'il n'y paraît : les deux mains dialoguent constamment et aucune ne se contente d'accompagner. Le niveau est intermédiaire. C'est l'un des préludes les plus accessibles du second livre, et une bonne porte d'entrée dans un recueil réputé plus difficile que son prédécesseur.

2 pages

Fugue No. 2 en ut mineur BWV 871 (Le Clavier bien tempéré, Livre II)

Johann Sebastian Bach

Une fugue commence toujours de la même façon : une voix seule énonce un thème, appelé le sujet, puis une deuxième voix le reprend pendant que la première continue son chemin, puis une troisième, et ainsi de suite. Une fois toutes les voix entrées, le compositeur développe librement ce matériau, ramène le sujet dans différentes tonalités, et conclut. Cette fugue à quatre voix en ut mineur suit ce parcours avec une clarté qui en fait un excellent premier contact avec le genre. Le sujet est court, nettement dessiné, facilement reconnaissable à chacun de ses retours, ce qui n'est pas toujours le cas chez Bach. Le second livre du Clavier bien tempéré, compilé vers 1740, contient des fugues souvent plus longues et plus savantes que celles du premier. Celle-ci fait exception par sa concision. Quatre voix simultanées restent exigeantes pour la main et pour l'oreille. Comptez un niveau intermédiaire avancé, avec une réelle patience pour le travail préparatoire.

2 pages

Variations Goldberg — Variation 6 (Canone alla Seconda) BWV 988

Johann Sebastian Bach

Bach a construit les Variations Goldberg selon un plan d'une régularité implacable : une variation sur trois est un canon, et l'intervalle qui sépare les deux voix s'élargit d'un degré à chaque fois. La troisième est un canon à l'unisson, la sixième un canon à la seconde, la neuvième à la tierce, et ainsi de suite jusqu'à la neuvième au vingt-septième. Nous sommes ici au deuxième maillon de cette chaîne. Un canon à la seconde signifie que la voix suiveuse reprend le chant de la voix guide un degré au-dessus, à quelques temps de distance. L'intervalle est si étroit que les deux lignes se frôlent en permanence, produisant des frottements que Bach exploite au lieu de les éviter. Sous ce duo, une troisième voix poursuit la basse qui fonde tout le cycle et n'a jamais varié depuis l'aria initiale. La pièce est brève et son écriture reste transparente. La difficulté n'est pas dans les doigts mais dans la capacité à faire entendre trois lignes indépendantes.

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