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Toutes les partitions

481 partitions de piano gratuites du domaine public

Prélude Op. 28 No. 13 en Fa dièse majeur

Frédéric Chopin

Le treizième prélude, en fa dièse majeur, offre au recueil l'une de ses rares pages franchement apaisées. Sa forme en trois volets, avec une partie centrale plus lente marquée Lento, en fait l'un des rares préludes du recueil à s'offrir un véritable épisode contrasté. C'est l'un des plus paisibles du cycle : un nocturne miniature, mélodie chantante sur des arpèges réguliers, atmosphère de calme nocturne. La section centrale, plus lente encore, suspend presque le temps avant le retour du chant initial. On y reconnaît le Chopin des nocturnes, en format réduit. Chaque prélude reste un monde en soi, indépendant et lié. On peut le jouer isolément, mais le recueil complet déploie une logique que les pièces séparées ne laissent qu'entrevoir.

2 pages

Prélude Op. 28 No. 15 en Ré bémol majeur « Goutte d'eau »

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 15 en Ré bémol majeur, le plus long et le plus joué du cycle des 24 Préludes de Chopin (1839), doit son surnom de « Goutte d'eau » à George Sand, qui imaginait l'eau ruisseler des toits durant l'orage qui les surprit à la chartreuse de Valldemossa. Le surnom de « Goutte d'eau » n'est pas de Chopin. Il vient du récit de George Sand, qui raconte dans Un hiver à Majorque l'avoir trouvé jouant pendant que la pluie tombait sur la chartreuse de Valldemossa. La note répétée qui traverse toute la pièce a fait le reste. Tout repose ici sur une note répétée, obstinée, qui bat comme une goutte tout au long de la pièce. Sur cet ostinato, une mélodie sereine s'épanouit d'abord, avant qu'une section centrale ne bascule dans l'ombre, grave et oppressante — la note-goutte s'y fait alors menaçante. Puis le calme du début revient, apaisé. C'est l'un des sommets du cycle. À jouer seul, ou idéalement dans la continuité de la série entière.

5 pages

Prélude Op. 28 No. 16 en si bémol mineur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 16 en si bémol mineur est sans doute le plus virtuose et le plus furieux des 24 Préludes de Chopin (1839), nés à Majorque pendant l'hiver avec George Sand. C'est le plus rapide et le plus difficile des vingt-quatre : après quelques accords d'introduction, la main droite s'élance dans un torrent de notes qui ne s'arrête plus jusqu'à la dernière mesure. Après un bref portique d'accords solennels, la main droite se lance dans une cavalcade de doubles-croches à grande vitesse, balayant le clavier sans répit, pendant que la gauche martèle un galop implacable. C'est une tornade de quelques minutes, redoutable d'endurance et de précision. Si le recueil contient une tempête, elle est ici : rien d'autre dans les vingt-quatre pièces n'atteint cette vitesse ni cette violence. À réserver aux mains solides. On peut le jouer seul, mais il prend tout son relief dans l'enchaînement complet.

4 pages

Prélude Op. 28 No. 17 en La bémol majeur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 17 en La bémol majeur appartient aux 24 Préludes de Chopin (1839), composés à Majorque durant le séjour avec George Sand. Mendelssohn, qui n'aimait pas tout chez Chopin, disait de celui-ci qu'il l'aimait sans pouvoir dire pourquoi. Sa fin est célèbre : une note grave revient onze fois, comme une cloche qui s'éloigne. Celui-ci, ample et tendre, ressemble à un nocturne ou à une romance sans paroles : une mélodie généreuse, chaleureuse, portée par une trame d'accords répétés. Vers la fin, une note grave revient avec insistance à la basse, comme un glas étouffé, sous le chant qui s'éteint doucement. C'est l'un des plus chaleureux du recueil. Chaque prélude reste un monde en miniature, autonome et lié à l'ensemble. On peut le détacher de la série, mais c'est dans l'ensemble complet qu'il trouve sa pleine résonance.

4 pages

Prélude Op. 28 No. 18 en fa mineur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 18 en fa mineur est l'un des plus véhéments des 24 Préludes de Chopin (1839), écrits à Majorque pendant l'hiver passé avec George Sand. Il ne chante pas, il déclame : l'écriture procède par formules jetées à l'unisson, avec des silences abrupts, dans une véhémence qui tient du récitatif d'opéra plus que de la pièce pour piano. Ici, point de mélodie sage : la pièce est faite de récitatifs abrupts, de fusées à l'unisson qui montent et retombent, entrecoupées de silences brutaux. On dirait un orateur en colère, qui assène ses phrases puis s'interrompt. Le ton est dramatique, presque théâtral, et la fin claque sur des accords rageurs. C'est l'une des pages les plus abruptes que Chopin ait écrites, et l'une des moins jouées du recueil. Ce dix-huitième prélude, c'est l'éclat de l'aigle. À jouer seul ou, de préférence, dans la continuité du cycle.

2 pages

Prélude Op. 28 No. 19 en Mi bémol majeur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 19 en Mi bémol majeur appartient aux 24 Préludes de Chopin (1839), composés à Majorque durant le séjour avec George Sand. Les deux mains y déroulent simultanément de larges figures brisées qui balaient presque toute l'étendue du clavier, à une vitesse qui en fait l'un des préludes les plus exigeants du recueil. C'est l'un des plus aériens du cycle : un flux d'arpèges en triolets qui court d'un bout à l'autre du clavier, léger, ailé, presque sans pesanteur. La mélodie naît des sommets de ce mouvement perpétuel, et tout file dans une allégresse murmurée. Sa fluidité a un prix — l'écriture exige une grande souplesse et une parfaite égalité des deux mains. Chaque prélude vaut comme un monde minuscule, indépendant et lié à la fois. À jouer isolément, ou mieux, dans l'enchaînement complet.

3 pages

Prélude Op. 28 No. 20 en do mineur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 20 en do mineur, l'un des plus brefs des 24 Préludes de Chopin (1839), tient en treize mesures et se réduit presque à une suite d'accords solennels. Sa progression d'accords a fasciné les compositeurs qui ont suivi : Rachmaninov en a tiré ses Variations sur un thème de Chopin, et Busoni les siennes. Treize mesures ont suffi à nourrir deux grands cycles. Ce vingtième prélude avance comme une marche funèbre, grave et monumentale, par blocs d'accords pleins qui descendent peu à peu vers le silence. Sa simplicité harmonique a fait sa célébrité, et bien des compositeurs après Chopin s'en sont souvenus. Court, mais d'une noblesse écrasante. Chaque prélude reste un monde en soi, autonome et lié. On peut le jouer seul, mais le cycle entier en révèle mieux la portée.

1 page

Prélude Op. 28 No. 24 en ré mineur

Frédéric Chopin

Le Prélude Op. 28 No. 24 en ré mineur clôt magistralement le cycle des 24 Préludes de Chopin (1839), écrits à Majorque pendant le séjour avec George Sand. Il referme le parcours entier, et Chopin lui donne une conclusion sans appel : trois notes graves isolées, frappées l'une après l'autre, qui closent les vingt-quatre pièces d'un seul geste. Pour finir, Chopin déchaîne tout : la main gauche martèle un ostinato large et houleux d'un bout à l'autre, tandis que la droite lance des traits tempétueux, des éclairs chromatiques, une mélodie qui se débat. La pièce s'achève sur trois ré graves assenés comme des coups de canon. C'est un finale à la mesure du cycle, sombre et grandiose. Chopin l'a placé là où l'on attend une conclusion apaisée, et il fait l'inverse : le recueil se termine dans la fureur. À couronner, de préférence, l'intégrale jouée d'un trait.

5 pages

Étude Op. 25 No. 1 en La bémol « Harpe éolienne »

Frédéric Chopin

L'Étude Op. 25 No. 1 en la bémol majeur, que Schumann lui-même baptisa « Harpe éolienne », ouvre le second recueil d'études de Chopin (1837). Au-dessus d'un tapis d'arpèges fluides confié à la main droite, une mélodie chantante émerge des notes maîtresses — l'illusion exacte d'une harpe vibrant au vent. Schumann, après avoir entendu Chopin la jouer, écrivit qu'il aurait fallu être poète pour décrire ce qu'ils venaient d'entendre. Le secret tient dans l'effleurement : la droite produit un voile sonore continu, sans qu'aucune note ne dépasse, sauf justement celle de la mélodie sur chaque temps. Tout l'art est dans cet équilibre fragile. Il y faut une égalité parfaite des doigts, un poignet d'une grande souplesse et un sens aigu des plans sonores — chant en avant, arpèges en retrait. L'un des sommets du romantisme intime.

6 pages

Ballade No. 1 en sol mineur, Op. 23

Frédéric Chopin

Première des quatre ballades de Chopin, achevée à Paris en 1835. La forme est inventée — il n'existe pas de modèle clavier de "ballade" avant celle-ci. Chopin la conçoit comme un récit musical, peut-être inspiré par les ballades de Mickiewicz, son ami poète polonais en exil. Le mouvement principal est marqué Moderato, mais la pièce monte progressivement vers une coda Presto con fuoco d'une intensité presque hystérique — l'un des passages les plus difficiles du répertoire chopinien, doubles octaves chromatiques main gauche comprises. Schumann, qui n'aimait pourtant pas tout chez Chopin, écrivit que cette ballade était "son œuvre la plus émouvante, la plus folle, peut-être la plus géniale". Le film Le Pianiste de Polanski en a fait redécouvrir l'ouverture à un public large. Ne s'attaque qu'avec une technique déjà solide : Chopin n'a pas écrit cette pièce pour les concours d'élèves.

10 pages

Nocturne Op. 27 No. 2 en Ré bémol majeur

Frédéric Chopin

Le Nocturne Op. 27 No. 2 en ré bémol majeur (1836) passe, pour bien des pianistes, pour le sommet absolu du genre chez Chopin. Sa mélodie d'une fluidité presque liquide, ses modulations enharmoniques audacieuses, ses cadences ornementales cristallines en font une page d'une beauté difficile à égaler. Marqué Lento sostenuto, il déploie un chant très ouvragé sur un accompagnement d'arpèges souples. La section centrale module vers des tonalités lointaines — la majeur, fa dièse mineur — avant un retour au ré bémol initial, mais transformé, plus dense, qui s'élève vers une cadence ascendante d'une douceur suspendue. Chopin l'écrit durant la période la plus heureuse de sa vie avec George Sand, et l'on y entend un compositeur au faîte de son art harmonique et mélodique. Rubinstein, Pollini, Pires en ont laissé des lectures qui font référence.

6 pages

Kinderszenen Op. 15 No. 2 « Curieuse histoire »

Robert Schumann

« Curieuse histoire » (Kuriose Geschichte) est la deuxième des Scènes d'enfants Op. 15 de Schumann (1838). Le titre allemand, Kuriose Geschichte, désigne moins une histoire étrange qu'un récit qui intrigue : c'est le ton d'un adulte qui raconte, pas celui d'un enfant qui joue. Schumann y tenait à une nuance : ces pièces n'ont pas été écrites pour les enfants, mais pour les adultes qui se souviennent de leur enfance. Celle-ci, vive et primesautière, raconte une petite affaire mystérieuse sur un rythme guilleret, la main droite menant un babil enjoué que la gauche relance sans cesse. La technique reste à portée, mais l'expression, elle, demande de la maturité — chaque miniature condense une émotion en quelques mesures, et c'est tout l'enjeu. Le cycle culmine avec la fameuse Träumerei, qui referme l'arc des sept premières pièces. Jouées d'affilée, ces scènes révèlent un fil dramatique subtil, de l'enfance à la rêverie nostalgique de l'adulte.

2 pages