nuance
Diminuendo
Indication musicale demandant de diminuer progressivement l'intensité sonore, synonyme de decrescendo.
Du verbe italien diminuire, « diminuer », le diminuendo — abrégé dim. sur les partitions — prescrit une réduction graduelle du volume sonore. Dans la pratique courante, c'est un strict synonyme de decrescendo. Certains théoriciens du XIXe siècle ont pourtant tenté de distinguer les deux, le diminuendo impliquant parfois aussi un ralentissement imperceptible du tempo.
Au piano, l'exécuter proprement relève du défi. Contrairement aux vents ou aux cordes, l'instrument ne peut pas soutenir un son déjà émis : le pianiste anticipe donc la courbe dynamique en allégeant progressivement le toucher, en jouant sur la vitesse et la profondeur d'enfoncement des touches.
Les contextes d'emploi varient : terminer une phrase en douceur (jusqu'au morendo, « en mourant »), créer une perspective sonore, comme si la musique s'éloignait, ou préparer par contraste une entrée en forte. Les romantiques — Chopin, Schubert, Brahms — en font un usage particulièrement expressif pour traduire mélancolie et intériorité.
Exemples
- Frédéric Chopin, Nocturne en mi bémol majeur Op. 9 n°2 : la mélodie s'efface en diminuendo sur les dernières mesures, créant un effet d'extinction poétique. 2. Franz Schubert, Sonate en si bémol majeur D. 960 : de longs diminuendos dans le premier mouvement instaurent une atmosphère de résignation sereine. 3. Ludwig van Beethoven, Sonate « Clair de lune » Op. 27 n°2 : le premier mouvement, marqué sempre pianissimo e senza sordino, repose sur des nuances en diminuendo pour maintenir une tension intérieure constante.