nuance
Fortissimo
Indication d'intensité sonore très forte, notée ff sur la partition, demandant au pianiste de jouer avec un maximum de puissance.
Fortissimo est le superlatif italien de forte : littéralement « très fort ». Il s'écrit ff sur la partition, parfois fff (fortississimo) pour des effets encore plus extrêmes. C'est l'une des nuances les plus spectaculaires de la notation occidentale — et l'une des plus trompeuses.
Car jouer fortissimo ne consiste pas à frapper fort. Le son vient de tout le corps : poids du bras transmis par les doigts sans crispation, vitesse de frappe qui maximise la résonance des cordes, pédale de résonance dosée pour enrichir la matière sonore. Un ff maîtrisé sonne plein et généreux ; mal contrôlé, il devient dur et agressif.
Les compositeurs du classicisme et du romantisme ont largement exploité cette nuance pour bâtir des climax dramatiques ou affirmer une puissance triomphante — Beethoven en tête, qui s'en sert pour marquer des ruptures saisissantes. Pour les débutants, c'est souvent la nuance la plus difficile à doser : apprendre à jouer fort sans tension musculaire excessive reste un des grands objectifs du travail technique.
Exemples
Ludwig van Beethoven, Sonate pour piano n°5 en ut mineur op. 10 — les premières mesures illustrent un fortissimo percutant et affirmé. Frédéric Chopin, Ballade n°1 en sol mineur op. 23 — la coda finale déferle en ff avec une intensité dramatique inoubliable. Sergueï Rachmaninov, Concerto pour piano n°2 en ut mineur op. 18 — l'entrée du piano solo s'élève progressivement jusqu'à un fortissimo grandiose et orchestral.