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nuance

Crescendo

Indication musicale demandant d'augmenter progressivement l'intensité sonore, notée cresc. ou symbolisée par un signe en forme de V ouvert vers la droite.

Crescendo vient de l'italien crescere, « croître, grandir ». Il désigne une augmentation graduelle du volume sonore, à l'opposé du decrescendo (ou diminuendo). On le trouve abrégé en cresc. sur les partitions, ou dessiné par un soufflet ouvrant — c'est l'une des premières indications que rencontre un pianiste débutant.

Sa réalisation au piano passe par un dosage progressif de la pression des doigts et du poids du bras. Contrairement à un instrument à vent, le pianiste ne peut pas gonfler une note déjà jouée : il anticipe la montée sonore sur plusieurs notes ou mesures. Règle empirique : un crescendo bien conduit ne commence jamais trop fort, il faut se garder de la place pour grandir.

On distingue couramment le crescendo mélodique, qui suit une ligne ascendante et accompagne la tension harmonique, et le crescendo rythmique, qui construit un climax dans les passages répétitifs. L'effet est au cœur du langage musical depuis l'époque classique : la fameuse « roquette de Mannheim » (Mannheimer Rakete) l'a popularisé à l'orchestre au XVIIIe siècle, avant qu'il ne gagne la musique de chambre et le répertoire pour piano solo.

Exemples

  1. Ludwig van BeethovenSonate « Pathétique » op. 13 : le premier mouvement contient des crescendos foudroyants qui illustrent le caractère dramatique de l'œuvre. 2. Frédéric ChopinBallade n°1 en sol mineur op. 23 : le crescendo final mène à une coda d'une intensité redoutable. 3. Maurice RavelBoléro : bien que orchestral, cette pièce est un crescendo ininterrompu de 15 minutes, souvent étudiée dans les arrangements pour piano.

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