nuance
Decrescendo
Indication musicale demandant de diminuer progressivement l'intensité sonore.
Étymologie et sens
Le mot decrescendo vient de l'italien decrescere, signifiant « décroître ». Il désigne une diminution progressive du volume sonore, notée souvent en abrégé decresc. sur la partition, ou représentée par le signe graphique en entonnoir inversé (>). Il est étroitement lié au terme diminuendo, avec lequel il est souvent considéré comme synonyme, bien que certains théoriciens distinguent une légère nuance expressive entre les deux.
Usage au piano
Au piano, réaliser un decrescendo demande une maîtrise fine du toucher : le pianiste doit alléger progressivement la pression des doigts sur les touches, tout en maintenant la fluidité et la continuité du phrasé. C'est l'un des premiers défis expressifs pour les pianistes débutants, car l'instrument ne permet pas de tenir une note et d'en modifier le volume après l'attaque.
Le decrescendo joue un rôle essentiel dans :
- les fins de phrases musicales pour créer un effet d'apaisement
- les transitions entre sections pour préparer un contraste dynamique
- les passages contemplatifs ou intimes, notamment dans la musique romantique
Le decrescendo est l'art du silence qui approche : chaque note s'efface pour laisser parler l'espace.
Exemples
Ludwig van Beethoven — Sonate au Clair de Lune op. 27 n°2 : le premier mouvement use de decrescendos constants pour maintenir une atmosphère nocturne et recueillie. Frédéric Chopin — Nocturne en mi bémol majeur op. 9 n°2 : les longues lignes mélodiques s'éteignent en decrescendo pour imiter le souffle d'une voix humaine. Franz Schubert — Moment musical op. 94 n°3 : les fins de phrases s'évaporent en decrescendo, caractéristiques de la tendresse schubertienne.