harmonie
Note de passage
Note étrangère à l'accord placée entre deux notes réelles éloignées d'une tierce, qu'elle relie par mouvement conjoint sans faire partie de l'harmonie.
Une note de passage comble le vide entre deux notes de l'accord séparées d'une tierce. Prenons Do puis Mi : glisser un Ré entre les deux relie la marche par degré conjoint, et ce Ré, qui n'appartient pas à l'harmonie, ne fait que passer. D'où son nom. Elle tombe généralement sur un temps faible, discrète, sans peser sur le déroulement harmonique.
C'est un des ornements les plus anciens et les plus naturels de l'écriture mélodique. Sans elle, les lignes ne seraient que des sauts d'accord en accord ; avec elle, elles coulent. Bach en truffe ses voix intérieures, si bien qu'une fugue peut sembler débordante de notes alors que l'ossature harmonique reste simple.
Et il faut la distinguer de sa cousine la broderie, qui part d'une note réelle, s'en éloigne d'un degré, puis y revient. La note de passage, elle, ne revient pas : elle continue son chemin vers la note suivante. Petite différence, mais elle change tout dans l'analyse d'une phrase.
Exemples
Les Inventions à deux voix de Bach reposent sur un flux constant de notes de passage. Dans les Gymnopédies de Satie, la mélodie descend par notes de passage entre les accords. Les études faciles de Czerny entraînent justement à jouer ces notes de liaison en souplesse.