structure
Ossia
Passage alternatif noté sur une petite portée au-dessus du texte principal, proposé comme variante d'exécution par le compositeur ou l'éditeur.
Le mot vient de l'italien « o sia », littéralement « ou soit » : jouez ceci, ou bien cela. Un ossia se présente comme une petite portée supplémentaire, gravée en plus petit au-dessus du texte principal, qui propose une autre version du même passage. Parfois il simplifie un trait redoutable, parfois il le corse au contraire — Liszt aimait offrir une variante plus brillante à qui voulait la tenter. Laquelle jouer ? Ça dépend. Quand l'ossia vient du compositeur lui-même, les deux versions ont la même légitimité et le choix relève de l'interprète, de sa main, de son instrument. Quand il vient d'un éditeur du XIXe siècle, la prudence s'impose : certaines « facilités » d'époque trahissent le texte d'origine, et les éditions critiques modernes prennent soin de distinguer les deux cas. Pour le pianiste amateur, l'ossia simplifié reste une porte d'entrée honnête vers des œuvres autrement hors de portée. Mieux vaut jouer la variante que renoncer à la pièce.
Exemples
Le premier mouvement du Concerto n° 3 de Rachmaninov propose deux cadences au choix, dont la version « ossia », massive et accordique, que le compositeur lui-même ne jouait pas. Chez Liszt, La Campanella multiplie les variantes de bravoure, et la Rhapsodie hongroise n° 2 va plus loin en laissant l'interprète insérer sa propre cadence. Certains nocturnes de Chopin circulent aussi avec des ornements alternatifs notés pour ses élèves.