rythme
Alla breve
Mesure à deux temps notée 2/2, où la blanche devient l'unité de battue ; elle s'indique par un C barré en début de portée.
Le C barré d'un trait vertical, hérité de la notation ancienne, indique qu'il faut battre la mesure à la blanche et non à la noire : deux temps par mesure au lieu de quatre. Une pièce alla breve se lit donc comme du 4/4 mais se pense comme du 2/2, ce qui change tout au caractère. Le discours gagne en largeur, les phrases respirent par grandes unités, la pulsation avance par enjambées. Les compositeurs baroques associaient cette notation au style ancien du contrepoint vocal, celui de la polyphonie de la Renaissance ; plusieurs fugues de Bach en portent la trace. À l'époque classique, l'alla breve sert plutôt les mouvements rapides, où battre à quatre deviendrait absurde. Pourtant le signe ne dit rien du tempo en soi : il existe des alla breve lents, où la battue à la blanche sert la continuité de la ligne plutôt que la vitesse. Sentir la mesure à deux, c'est souvent la clé d'un mouvement qui trouve enfin son allure — bien des passages s'alourdissent simplement parce qu'on les compte trop.
Exemples
Le premier mouvement de la Sonate au clair de lune de Beethoven est noté alla breve : un Adagio sostenuto en 2/2, preuve que le signe ne commande pas la vitesse. Dans le second livre du Clavier bien tempéré de Bach, la fugue en mi majeur BWV 878, écrite dans le style ancien, porte la même mesure.