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theorie

Gamme par tons

Échelle de six sons espacés chacun d'un ton entier, dépourvue de demi-tons et donc de sensible, à la sonorité flottante chère à Debussy.

La gamme par tons ne connaît que des tons entiers. Do, Ré, Mi, Fa dièse, Sol dièse, La dièse, et l'on retombe sur Do : six notes également espacées, aucun demi-ton nulle part. Cette régularité parfaite lui ôte toute sensible, cette note qui d'ordinaire tire l'oreille vers la tonique. Résultat : plus de centre de gravité, plus de « chez soi » harmonique. La musique flotte.

C'est précisément ce que cherchaient certains compositeurs autour de 1900, fatigués de l'attraction tonale toujours résolue. Debussy en a fait une couleur reconnaissable entre toutes, un voile d'ambiguïté suspendu, ni majeur ni mineur.

Il n'existe d'ailleurs que deux gammes par tons distinctes : celle qui part de Do et celle qui part de Do dièse, chacune contenant six des douze notes. L'une est le complément de l'autre. Au piano, elles dessinent sous les doigts un motif régulier facile à mémoriser une fois le principe compris. Mais gare à l'abus : sans point d'ancrage, un long passage entièrement par tons peut vite lasser. Debussy le savait et n'y recourait que par touches.

Exemples

Le prélude Voiles de Debussy est presque entièrement bâti sur la gamme par tons. On l'entend aussi dans Cloches à travers les feuilles du même compositeur. Certaines pages de Liszt tardif annoncent déjà cette sonorité flottante.

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