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theorie

Triton

Intervalle de 3 tons entiers (6 demi-tons), historiquement appelé « diabolus in musica » pour sa dissonance extrême, pourtant au cœur de la cadence tonale.

Le triton couvre exactement trois tons entiers, soit six demi-tons — la moitié de l'octave. Selon l'écriture, on le nomme quinte diminuée (do-sol bémol) ou quarte augmentée (do-fa dièse). Le Moyen Âge l'a surnommé diabolus in musica, « le diable en musique » : la musique liturgique l'évitait, tant il sonne dissonant et résiste à la résolution. L'expression visait d'abord la difficulté à chanter et à résoudre l'intervalle ; la légende sulfureuse est venue après.

Diable ou pas, la tonalité ne fonctionne pas sans lui. Il existe entre le quatrième et le septième degré de toute gamme majeure (fa-si en do majeur), anime l'accord de septième de dominante et lui donne son attraction vers la tonique. Sans triton, pas de cadence parfaite. Les compositeurs l'exploitent aussi à découvert : l'accord de Tristan chez Wagner le porte en étendard, Liszt en tire des couleurs dramatiques dans sa Sonate en si mineur, et le XXe siècle — Bartók, Stravinsky, Schoenberg — en fait un pilier de son langage, libéré de toute obligation de résolution.

Exemples

L'accord de Tristan de Wagner est célèbre pour son triton non résolu. La Sonate au Clair de Lune de Beethoven : le finale s'ouvre sur un triton. La 4ᵉ Symphonie de Tchaikovski exploite le triton dans son motif du destin. West Side Story (Bernstein) : le motif Maria est basé sur un triton ascendant.

De la théorie à la pratique

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