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forme

Habanera

Danse cubaine à deux temps, rythme caractéristique "noire pointée — croche — deux croches". Née à La Havane au XIXe siècle.

D'une île à l'Europe

La habanera vient de Cuba, d'où son nom (habanera = "de La Havane"). Elle se répand en Europe dans les années 1850-1870 via les ports et les compagnies théâtrales espagnoles. Le rythme de base — une noire pointée suivie d'une croche puis deux croches, le tout à 2/4 — devient instantanément reconnaissable.

Bizet popularise le genre dans Carmen (1875), même si sa fameuse habanera est en fait empruntée à Sebastián Iradier. Au piano, le genre attire les compositeurs français fascinés par la couleur hispanique : Chabrier, Debussy, Ravel. Le motif de basse syncopé suggère immédiatement un ailleurs ensoleillé et nostalgique.

Debussy compose La Soirée dans Grenade (1903) sur ce rythme. Ravel en glisse dans plusieurs œuvres. Le côté nonchalant, légèrement langoureux, distingue la habanera des autres danses ternaires plus vives. Mais ça dépend de l'interprète : trop rapide, elle perd son caractère ; trop lente, elle se traîne.

Exemples

Debussy, La Soirée dans Grenade (Estampes, 1903) — habanera nocturne et stylisée. Chabrier, Habanera pour piano (1885). Ravel intègre une habanera dans les Sites auriculaires pour deux pianos (1895), précurseur de son écriture hispanique ultérieure. Ces œuvres sont toutes dans le domaine public.

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