tempo
Moderato
Indication de tempo signifiant que le morceau doit être joué à une vitesse modérée, ni trop lente ni trop rapide.
Moderato dérive du verbe italien moderare, « modérer, régler », lui-même issu du latin modus, la mesure. Il indique un tempo intermédiaire, autour de 108 à 120 battements par minute selon le métronome de Maelzel — ni lent, ni rapide.
Pour le pianiste, c'est souvent un tempo de confort : assez fluide pour donner de l'élan à la musique, assez posé pour soigner l'articulation, le phrasé et la dynamique. On le rencontre fréquemment combiné à d'autres termes : allegro moderato (vif mais retenu), andante moderato (allant sans traîner), tempo moderato (insistance sur la régularité du mouvement).
Ce serait pourtant une erreur de le croire anodin. Le moderato porte des pages d'une grande profondeur expressive, souvent lyriques et chantantes, où la mélodie doit respirer sans jamais s'alourdir. La mesure au sens plein du terme, avant la virtuosité.
Exemples
- Frédéric Chopin, Ballade n°1 en sol mineur, op. 23 : l'indication Moderato de l'introduction pose une atmosphère mystérieuse avant l'emballement dramatique. - Ludwig van Beethoven, Sonate «Clair de lune» op. 27 n°2, 2e mouvement : marqué Allegretto, il s'apparente à un moderato expressif, modèle d'équilibre entre chant et pulsation. - Franz Schubert, Impromptu op. 90 n°3 en sol bémol majeur : le tempo moderato y soutient un flux mélodique d'une infinie douceur.