forme
Récitatif
Style d'écriture imitant la déclamation parlée. Rythme libre, mélodie suivant les inflexions du discours, accompagnement réduit.
Le récitatif vient de l'opéra baroque. Monteverdi en fait l'outil principal pour faire avancer l'action dramatique entre les airs chantés. Au piano, le terme désigne par analogie un passage où l'écriture imite le débit parlé : phrases courtes, silences expressifs, valeurs irrégulières, parfois marquées "quasi recitativo".
Beethoven exploite le procédé avec une force inédite. La Sonate op. 31 no 2 "La Tempête" contient deux récitatifs au premier mouvement, marqués "con espressione e semplicemente". L'instrument semble parler — non chanter. C'est presque théâtral. La Sonate op. 110 et la Neuvième Symphonie pousseront le procédé encore plus loin.
Sauf qu'au piano, le récitatif demande une grande liberté rythmique de l'interprète. Pas de pulsation stricte, sinon l'effet disparaît. Schumann reprend l'idée dans certaines de ses Fantaisies. C'est un moment d'intimité où la musique semble suspendre son cours pour confier quelque chose.
Exemples
Beethoven, Sonate op. 31 no 2 "La Tempête", premier mouvement (1801) — deux récitatifs spectaculaires. Sonate op. 110 (1821), troisième mouvement marqué "Recitativo". Schumann, Humoresque op. 20 (1839) glisse des passages quasi parlés entre les humeurs contrastées.