A1B1C2D2E2F2G2A2B2C3D3E3F3G3A3B3C4D4E4F4G4A4B4C5D5E5F5G5A5B5C6D6E6F6G6A6B6C7D7E7F7G7A7B7C8D8E8F8G8A8B8C9A#1C#2D#2F#2G#2A#2C#3D#3F#3G#3A#3C#4D#4F#4G#4A#4C#5D#5F#5G#5A#5C#6D#6F#6G#6A#6C#7D#7F#7G#7A#7C#8D#8F#8G#8A#8
Cœur du répertoire

Partitions piano intermédiaire

250 partitions de piano gratuites du domaine public

À ce niveau, on entre dans le grand répertoire pianistique : préludes de Chopin, inventions de Bach, sonatines classiques, valses lyriques. La technique demande plus d'autonomie des mains, et l'interprétation devient un vrai chantier — phrasé, pédale, dosage des nuances. C'est aussi le moment où l'écoute critique se forme : comparer plusieurs interprétations devient une habitude utile.

La fille aux cheveux de lin (Préludes Livre I No. 8)

Claude Debussy

Huitième prélude du premier livre (1910), cette page porte le titre d'un poème de Leconte de Lisle, tiré de ses Chansons écossaises, où un amoureux décrit une jeune fille assise dans la luzerne en fleur. Debussy, fidèle à son habitude, place ce titre à la fin de la partition, entre parenthèses et précédé de points de suspension : à l'auditeur de deviner d'abord, au lecteur de vérifier ensuite. La mélodie du début, tout en intervalles larges et sans demi-tons, évoque une chanson populaire. L'harmonie reste simple, les nuances basses, et la pièce s'achève en quelques accords doux qui se posent comme on referme un livre. C'est l'un des rares préludes du recueil à la portée d'un pianiste de niveau intermédiaire : deux pages, aucun passage rapide, mais une exigence de son constante.

15 pages

Valse Op. 64 No. 2 en ut dièse mineur

Frédéric Chopin

Composée en 1847, deux ans avant la mort de Chopin, cette valse en ut dièse mineur est la deuxième du recueil op. 64, dédié à la baronne Nathaniel de Rothschild. La première du même opus est la fameuse valse dite « Minute ». Elle repose sur trois idées qui alternent : une mélodie mélancolique en doubles croches descendantes, un épisode plus rapide marqué più mosso qui tourne comme une mécanique, et un passage central en majeur, plus large et plus chanté. Ce jeu de retours donne à la pièce son caractère de rêverie inquiète, loin de l'éclat des valses de jeunesse. C'est l'une des dernières pages que Chopin ait publiées de son vivant. Très jouée, elle reste abordable pour un pianiste de niveau intermédiaire, à condition de soigner le rubato plutôt que la vitesse.

13 pages

Rêverie

Claude Debussy

Debussy compose cette Rêverie en 1890, à vingt-huit ans, alors qu'il vit de leçons et de petits travaux. Il la vend à l'éditeur Fromont pour une somme modeste, et le regrettera : devenue populaire, elle sera rééditée sans qu'il puisse s'y opposer. Il la jugeait sans intérêt et refusait de l'avoir composée. Le public ne l'a pas suivi. La pièce est restée l'une de ses plus jouées, et son charme tient à peu de chose : une mélodie qui monte et retombe au-dessus d'arpèges continus, sur une harmonie déjà très personnelle. On y entend le compositeur en formation, entre Massenet et ce qui deviendra son langage propre, avec ces enchaînements d'accords qui glissent sans résoudre. Techniquement, c'est l'une de ses pièces les plus accessibles, ce qui en fait souvent le premier Debussy qu'un amateur aborde.

7 pages

Danses populaires roumaines Sz. 56 — No. 2 « Brâul »

Béla Bartók

Entre 1910 et 1914, Bartók parcourt les villages de Transylvanie avec un phonographe pour enregistrer les musiciens paysans. De ces relevés naissent en 1915 les six Danses populaires roumaines, dont ce Brâul est la deuxième. Le mot désigne une ceinture d'étoffe, et par extension une danse en ronde où les danseurs se tiennent par la taille. La mélodie, jouée à l'origine sur un violon ou une flûte de berger, tourne sur quelques notes et se répète, comme dans la musique de village. L'harmonisation de Bartók est d'une sobriété radicale : la main gauche ne place que de rares accords secs, sur les temps, sans jamais remplir. Tout l'intérêt vient du rythme et de la couleur modale de la mélodie. La pièce tient en une page et dure moins d'une minute : c'est l'une des meilleures portes d'entrée dans la musique du vingtième siècle.

5.0
1 page

L'Art de la fugue — Contrapunctus I, BWV 1080

Johann Sebastian Bach

L'Art de la fugue, publié en 1751 après la mort de Bach, explore les ressources d'un unique thème en ré mineur pendant toute une œuvre. Le Contrapunctus I en est la première pièce, et l'énoncé le plus simple de ce sujet. Quatre voix l'exposent l'une après l'autre, dans l'ordre alto, soprano, basse, ténor. Il n'y a ici ni renversement, ni augmentation, ni artifice : une fugue d'école, d'une clarté totale, que Bach place en ouverture comme on présente les personnages d'une pièce de théâtre. Le recueil est gravé en partition ouverte, chaque voix sur sa propre portée, ce qui a longtemps fait débattre de l'instrument visé. La plupart des musiciens s'accordent aujourd'hui pour y voir de la musique de clavier. C'est la porte d'entrée naturelle de l'œuvre, et l'une des rares pièces du recueil accessibles à un pianiste de niveau intermédiaire.

9 pages

Prélude Op. 31 No. 2

Charles-Valentin Alkan

Alkan publie en 1847 vingt-cinq préludes dans tous les tons, op. 31, qu'il destine au piano comme à l'orgue. Ce deuxième prélude, marqué Lento assai, est l'un des plus intimes du recueil. Son ouverture est déconcertante : la main droite se tait, et c'est la gauche qui chante la mélodie dans le grave, sur une nuance douce, avec des tenues appuyées sur certaines notes. L'effet évoque une voix d'homme, ou le registre de ténor d'un orgue. La pièce garde ensuite ce ton de confidence, avec un épisode central marqué molto dolce e leggiero, avant de refermer sur le climat du début. Alkan, contemporain et voisin de Chopin à Paris, passe pour un compositeur d'une difficulté redoutable. Ce prélude prouve le contraire : il ne demande aucune virtuosité, seulement un vrai sens du chant.

3 pages

Prélude Op. 31 No. 8 « La chanson de la folle au bord de la mer »

Charles-Valentin Alkan

Voici la pièce la plus connue des vingt-cinq préludes op. 31 d'Alkan, et l'une des plus étranges du répertoire romantique français. Son titre, « La chanson de la folle au bord de la mer », annonce un personnage : une femme égarée qui chante face aux vagues. Alkan écrit Lento, puis ajoute une indication rare, Tristo, et demande une pédale tenue en permanence, très sostenuto. Le résultat est un halo sonore continu, sur lequel une mélodie brève revient comme une obsession, toujours identique. Les doubles croches de l'accompagnement évoquent le ressac. La pièce monte lentement, marquée più forte ed animato poco a poco, avant de retomber et de s'éteindre. Techniquement abordable, elle exige surtout un contrôle du son et de la pédale peu commun pour son niveau de difficulté.

2 pages

Fugue en ut majeur, BWV 952

Johann Sebastian Bach

Cette petite fugue en ut majeur appartient au groupe des pièces brèves que Bach écrivait pour l'enseignement, sans doute dans les années de Köthen ou de Weimar. Elle n'a ni le poids des fugues du Clavier bien tempéré ni leurs ambitions, et c'est précisément ce qui la rend précieuse. Le sujet est court, gai, presque dansant, et se prête à une écriture à trois voix aérée. Les épisodes qui relient les entrées sont eux aussi légers, construits sur des séquences qui montent et descendent sans détour. Trois voix seulement, dans une tonalité sans altération, des valeurs régulières : tous les ingrédients de la fugue sont là, mais à l'échelle d'un pianiste qui en aborde une pour la première fois. C'est une excellente porte d'entrée avant les Inventions à trois voix et, plus tard, le Clavier bien tempéré.

3 pages

Variations Goldberg — Variation 22 Alla breve, BWV 988

Johann Sebastian Bach

Au milieu d'un recueil où Bach alterne canons savants et variations de virtuosité, la vingt-deuxième variation prend le ton du vieux style vocal. Elle porte l'indication alla breve, qui appelle un mouvement large à deux temps, et son écriture à quatre voix ressemble à celle d'un motet de la Renaissance. Chaque voix entre à son tour avec le même motif, en imitation, comme dans une fugue miniature. La basse de l'aria, qui gouverne toutes les variations du recueil, y reste parfaitement audible. Après l'agitation de la variation précédente, cette page fait figure de respiration. Elle ne demande ni vitesse ni croisements de mains, mais une conduite de voix soignée : quatre lignes qui doivent rester distinctes tout du long. C'est l'une des variations les plus abordables des Goldberg, et une bonne façon d'entrer dans le recueil sans en affronter d'abord les pages les plus spectaculaires.

1 page

Variations Goldberg — Variation 27 Canone alla Nona, BWV 988

Johann Sebastian Bach

Toutes les trois variations, Bach place un canon dans les Goldberg, du canon à l'unisson jusqu'au canon à la neuvième. Celui-ci est le dernier de la série, et le seul à se passer de basse : deux voix, rien d'autre. Ailleurs, une troisième ligne soutient le canon et rappelle l'harmonie de l'aria. Ici, Bach retire ce filet. Les deux voix se suivent à neuf degrés d'intervalle, et c'est leur seul dialogue qui doit faire entendre toute l'harmonie sous-jacente. Le résultat est d'une transparence rare dans le recueil, presque une pièce de musique de chambre pour deux instruments. Il ne reste nulle part où se cacher : chaque note compte. Techniquement, c'est l'une des variations les plus accessibles des trente. Musicalement, c'est l'une des plus exposées.

2 pages

Fugue No. 1 en ut majeur, BWV 846 (Le Clavier bien tempéré, Livre I)

Johann Sebastian Bach

Cette fugue à quatre voix suit immédiatement le prélude en do majeur, le plus connu de tout le recueil, et forme avec lui la porte d'entrée du Clavier bien tempéré (1722). Elle est brève, vingt-sept mesures, et pourtant elle passe pour un sommet de l'écriture fuguée. Sa particularité : elle est presque entièrement faite de son sujet. Là où une fugue ordinaire alterne entrées du thème et épisodes de transition, celle-ci enchaîne les entrées en strette, c'est-à-dire que chaque voix reprend le sujet avant que la précédente l'ait terminé. Le résultat est d'une densité rare, sans un instant de remplissage. Les quatre voix tiennent dans deux mains, ce qui suppose de faire entendre chaque entrée du sujet quelle que soit la main qui la joue. C'est le vrai travail de cette pièce. Un premier contact idéal avec la fugue, à condition de la lire lentement et de ne pas se fier à sa brièveté.

2 pages

Prélude No. 20 en la mineur, BWV 865 (Le Clavier bien tempéré, Livre I)

Johann Sebastian Bach

Vingtième pièce du recueil que Bach réunit en 1722, ce prélude tient de la toccata. Pas de mélodie chantée, pas d'accompagnement : un flot continu de doubles croches qui court d'un bout à l'autre, réparti entre les deux mains. Bach y déroule une harmonie qui module sans cesse, portée par une basse qui descend par paliers. La pièce paraît improvisée, comme un musicien qui essaie son instrument avant de jouer, et c'est précisément l'esprit du prélude au sens ancien du mot. Elle s'achève sur un large accord arpégé qui annonce la fugue en la mineur, la plus longue du recueil. Les deux pièces se jouent d'ordinaire enchaînées, le prélude servant de mise en doigts à ce monument. Sa difficulté tient moins aux notes, régulières et logiques sous les doigts, qu'à la régularité du mouvement et à la conduite des changements d'harmonie.

2 pages

Questions fréquentes

Piano niveau intermédiaire

Un pianiste intermédiaire a en général 3 à 5 ans de pratique. Il lit couramment, joue les deux mains ensemble sans y penser, et aborde la polyphonie, les ornements et le rubato. Les préludes de Chopin et les inventions de Bach sont typiques de ce palier.