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Cœur du répertoire

Partitions piano intermédiaire

250 partitions de piano gratuites du domaine public

À ce niveau, on entre dans le grand répertoire pianistique : préludes de Chopin, inventions de Bach, sonatines classiques, valses lyriques. La technique demande plus d'autonomie des mains, et l'interprétation devient un vrai chantier — phrasé, pédale, dosage des nuances. C'est aussi le moment où l'écoute critique se forme : comparer plusieurs interprétations devient une habitude utile.

Polonaise en fa majeur, BWV Anh. 117b

Johann Sebastian Bach

Le Petit Livre d'Anna Magdalena Bach contient deux versions de la même polonaise en fa majeur, copiées l'une à la suite de l'autre. La première, BWV Anh. 117a, est simple. Celle-ci en est la variation ornée, ce que les musiciens de l'époque appelaient un double. Le procédé était courant : on jouait la danse telle quelle, puis on la reprenait en la fleurissant de notes rapides. Le cahier familial conserve ainsi, côte à côte, le squelette et sa parure. Les deux mains gagnent ici en activité, avec des croches continues qui circulent d'une portée à l'autre. Le caractère de danse reste identique, mais l'allure devient plus brillante. Jouer les deux versions à la suite est un excellent exercice de style, et la meilleure façon d'entendre comment on ornait une danse au dix-huitième siècle.

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Polonaise en sol mineur, BWV Anh. 119

Johann Sebastian Bach

Le cahier de musique qu'Anna Magdalena Bach tient à partir de 1725 ne contient pas que des menuets : on y trouve aussi cette polonaise en sol mineur. Comme la plupart des danses du cahier, elle est anonyme : le sigle « Anh. » renvoie à l'annexe du catalogue Bach, réservée aux pièces dont l'attribution reste incertaine. La polonaise était alors une danse à la mode dans toute l'Allemagne, très loin des grandes pages que Chopin écrira un siècle plus tard. Ici, pas de faste : trois temps, une mélodie qui retombe sur le troisième, et cette cadence féminine caractéristique où l'accord final n'arrive pas sur le temps fort. L'écriture est à deux voix presque partout, avec une main gauche qui dialogue plus qu'elle n'accompagne. Sol mineur amène son lot de fa dièses, et quelques passages en doubles croches demandent des doigts déjà réguliers. C'est une bonne pièce de transition pour qui a déjà joué les menuets du même cahier et veut aborder une danse au caractère plus marqué.

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Berceuse — Suite Dolly, Op. 56 No. 1 (quatre mains)

Gabriel Fauré

La Berceuse ouvre la suite Dolly, six pièces que Fauré a écrites pour piano à quatre mains autour de la petite Hélène Bardac, surnommée Dolly dans la famille. Le morceau tient dans un balancement régulier : la partie de primo chante une mélodie toute simple pendant que le secondo tricote un accompagnement qui ne bouscule jamais l'oreille. Rien de spectaculaire ici, et c'est justement ce qui plaît — on dirait une chanson fredonnée au bord d'un berceau. J'aime la faire lire à deux élèves qui ne se connaissent pas encore : la pièce les oblige à respirer ensemble avant même de parler musique. Henri Rabaud en a plus tard tiré une version pour orchestre, mais le charme intime de l'original quatre mains reste, à mon goût, difficile à égaler.

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Marche militaire No. 3, D. 733 (quatre mains)

Franz Schubert

Troisième et dernière des Marches militaires D. 733, en mi bémol majeur : la moins jouée du recueil, ce qui en fait presque une exclusivité pour les duos curieux. Elle troque l'éclat de trompette de la première marche contre une allure de parade bonhomme, avec des rythmes pointés qui sautillent et un trio central qui chante. Schubert écrivait ces pages pour le plaisir domestique — quatre mains, un seul clavier, des soirées entières —, et cette troisième marche en garde le parfum : musique de bonne humeur, sans prétention, qui sonne plus difficile qu'elle ne l'est. Si vous avez usé la première marche jusqu'à la corde, voici la suite naturelle du programme.

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Marche militaire No. 2, D. 733 (quatre mains)

Franz Schubert

La deuxième des trois Marches militaires D. 733 vit dans l'ombre de sa célébrissime voisine, et c'est injuste : ce sol majeur au pas tranquille — Allegro molto moderato, précise Schubert — a un charme plus rond, moins fanfare et plus promenade dominicale. Écrite comme ses sœurs pour piano à quatre mains, sans doute pendant les étés que Schubert passait chez les Esterházy à Zseliz, elle offre aux duos de pianistes un excellent morceau de complicité : moins rebattue que la première marche, tout aussi gratifiante, et un peu plus simple à mettre en place. Le trio central, plus lyrique, permet de souffler avant la reprise. À découvrir à deux, de préférence.

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Feuilles d'album Op. 124 No. 16 - Schlummerlied

Robert Schumann

Parmi les vingt Feuilles d'album de l'opus 124 — recueil que Schumann assembla à partir de pièces notées au fil d'une quinzaine d'années —, ce Schlummerlied, littéralement « chant pour s'endormir », est la page que les pianistes retiennent. Une mélodie qui se balance sur un accompagnement en croches régulières, un épisode central un peu plus sombre, puis le retour du bercement initial : rien de spectaculaire, tout en tendresse retenue. C'est du Schumann intime, cousin des Scènes d'enfants, parfait après deux ou trois ans de piano pour travailler le cantabile. Et si vous cherchez un morceau à jouer un soir pour endormir quelqu'un, franchement, vous ne trouverez guère mieux.

4 pages

Consolation No. 3 en ré bémol majeur, S. 172

Franz Liszt

Si Liszt évoque pour vous les octaves fracassantes des Rhapsodies, cette page prouvera le contraire : la Consolation no 3 en ré bémol majeur, publiée en 1850, est une confidence murmurée du bout des doigts. Une main gauche en arpèges amples et réguliers, une mélodie qui plane au-dessus, quelques éclaircies dans l'aigu — l'hommage aux nocturnes de Chopin, disparu l'année précédente, est à peine voilé. C'est la plus jouée des six Consolations, et la plus abordable des pièces célèbres de Liszt : nul besoin d'une technique transcendante, mais d'une oreille attentive et d'une pédale bien dosée. Un morceau que l'on garde ensuite toute sa vie sous les doigts.

4 pages

Menuet en mi bémol majeur, WoO 82

Ludwig van Beethoven

Ce menuet en mi bémol majeur fait partie des œuvres que Beethoven n'a pas numérotées dans son catalogue d'opus : le sigle WoO signifie « Werke ohne Opuszahl », œuvres sans numéro d'opus. Publié en 1805, il reste bien moins connu que la Lettre à Élise, alors qu'il offre une très bonne marche entre les premières pièces et les sonatines. Le menuet proprement dit, marqué Moderato, s'écrit en accords : la droite joue souvent deux notes à la fois, en tierces ou en sixtes, sur une basse en octaves. Un petit trait de six doubles croches à la mesure 8, puis une seconde partie plus chromatique où la main gauche passe en clé de sol, relèvent un peu le niveau. Le trio central, en la bémol majeur, change complètement d'écriture : des arpèges de croches se répartissent entre les deux mains, séparés par des silences, avec de grands écarts de registre. Le menuet est ensuite rejoué depuis le début, comme l'indique la mention Menuetto da capo.

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Mélodie hongroise en si mineur, D. 817

Franz Schubert

Schubert note cette Mélodie hongroise en si mineur à l'été 1824, pendant son séjour au château de Zseliz où il enseigne aux filles du comte Esterházy. On raconte qu'il aurait saisi l'air en entendant une servante le fredonner aux cuisines — l'anecdote reste invérifiable, mais elle va bien à cette page courte, dansante et doucement mélancolique. Le thème resservira l'année suivante dans le Divertissement à la hongroise pour quatre mains. Longtemps restée dans l'ombre, la pièce est revenue au répertoire grâce à quelques grands interprètes qui en ont fait un bis de prédilection. Du Schubert authentique, techniquement raisonnable, hors des sentiers battus : une aubaine.

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Marche militaire No. 1, D. 733 (quatre mains)

Franz Schubert

Des trois Marches militaires D. 733, la première est de très loin la plus connue — son thème de fanfare a fini dans les boîtes à musique, les dessins animés et les récitals d'école du monde entier. Détail que l'on oublie souvent : Schubert l'a écrite pour piano à quatre mains, comme une grande partie de sa musique domestique viennoise. La partition proposée ici respecte cette version originale : il vous faudra donc un ou une partenaire de clavier. C'est d'ailleurs une des meilleures pièces qui soient pour débuter le quatre mains — les parties sont d'un niveau comparable, le rythme de marche tient l'ensemble, et l'effet est garanti.

5.0
8 pages

La Mort d'Åse (Peer Gynt)

Edvard Grieg

« La Mort d'Åse » accompagne, dans le Peer Gynt d'Ibsen, la scène où le héros veille sa mère mourante en lui racontant un dernier voyage imaginaire. Grieg en tire une page lente, presque immobile, construite sur une seule idée : une phrase de choral qui s'élève, se tend, puis redescend s'éteindre dans le grave. Pas de virtuosité ici — la version piano tient en accords serrés, jouables par des mains moyennes — mais une exigence d'un autre ordre : tenir la ligne, doser chaque accord, ne rien précipiter. C'est un des rares morceaux du répertoire où l'on travaille uniquement le son. Face au public, il fait toujours son effet, à condition d'oser la lenteur.

3 pages

Sonate au Clair de Lune Op. 27 No. 2 - 2e mouvement (Allegretto)

Ludwig van Beethoven

Entre le mouvement lent le plus célèbre du monde et un finale déchaîné, ce court Allegretto en ré bémol majeur fait figure de respiration — on prête à Liszt l'image d'une « fleur entre deux abîmes ». Menuet qui ne dit pas son nom, il enchaîne une section principale aux rythmes pointés et un trio aux syncopes appuyées, le tout en à peine plus de deux minutes. C'est aussi la porte d'entrée la plus abordable de la sonate Op. 27 no 2 : là où les mouvements extrêmes demandent des années de piano, celui-ci reste à la portée d'un pianiste intermédiaire soigneux. Le PDF proposé contient la sonate intégrale, ce mouvement compris.

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Questions fréquentes

Piano niveau intermédiaire

Un pianiste intermédiaire a en général 3 à 5 ans de pratique. Il lit couramment, joue les deux mains ensemble sans y penser, et aborde la polyphonie, les ornements et le rubato. Les préludes de Chopin et les inventions de Bach sont typiques de ce palier.