A1B1C2D2E2F2G2A2B2C3D3E3F3G3A3B3C4D4E4F4G4A4B4C5D5E5F5G5A5B5C6D6E6F6G6A6B6C7D7E7F7G7A7B7C8D8E8F8G8A8B8C9A#1C#2D#2F#2G#2A#2C#3D#3F#3G#3A#3C#4D#4F#4G#4A#4C#5D#5F#5G#5A#5C#6D#6F#6G#6A#6C#7D#7F#7G#7A#7C#8D#8F#8G#8A#8
Cœur du répertoire

Partitions piano intermédiaire

250 partitions de piano gratuites du domaine public

À ce niveau, on entre dans le grand répertoire pianistique : préludes de Chopin, inventions de Bach, sonatines classiques, valses lyriques. La technique demande plus d'autonomie des mains, et l'interprétation devient un vrai chantier — phrasé, pédale, dosage des nuances. C'est aussi le moment où l'écoute critique se forme : comparer plusieurs interprétations devient une habitude utile.

Prélude Op. 16 No. 3 en sol bémol majeur

Alexander Scriabin

Six bémols à la clé. Le sol bémol majeur place la main haut sur les touches noires, dans une position que les pianistes trouvent souvent très confortable une fois la lecture apprivoisée, et qui donne à la sonorité une douceur particulière. Scriabine, comme Chopin avant lui, affectionnait ces tonalités chargées. Il y trouvait à la fois un confort digital, la main épousant naturellement le relief du clavier, et une couleur sonore plus veloutée que dans les tonalités blanches. Ce troisième prélude de l'opus 16 est une page brève et lumineuse, d'une écriture claire, où la mélodie chante sur un accompagnement régulier. Le contraste est net avec le prélude en sol dièse mineur qui le précède, et cette alternance de climats organise tout le recueil. Composé vers 1894 ou 1895, il appartient à la première période du compositeur, celle qui précède de loin les grandes oeuvres mystiques du XXe siècle. Le niveau est intermédiaire, et la principale difficulté est la lecture.

2 pages

Prélude Op. 16 No. 4 en mi bémol mineur

Alexander Scriabin

Le mi bémol mineur est l'une des tonalités les plus sombres du clavier, et l'une des moins fréquentées : six bémols, un relief inconfortable, une couleur presque opaque. Scriabine y place le prélude le plus grave de son opus 16. La pièce est lente, dense, et son écriture occupe volontiers le registre grave de l'instrument. La mélodie y est moins un chant qu'une plainte, et l'harmonie s'y charge de tensions qui tardent à se résoudre. On est loin de la légèreté chopinienne dont le jeune Scriabine s'inspire ailleurs. C'est dans ces pages sombres que se devine ce qu'il deviendra. Sa dernière période abandonnera la tonalité au profit d'accords de son invention, et développera une esthétique visionnaire où la musique devait provoquer une transformation de la conscience. Rien de cela n'est encore là, mais l'instabilité harmonique s'y prépare. La pièce est brève et reste techniquement abordable. Sa difficulté est de sonorité et de lecture.

1 page

Prélude Op. 31 No. 1 en do majeur « Lentement »

Charles-Valentin Alkan

Charles-Valentin Alkan fut l'un des plus grands virtuoses de son siècle, ami de Chopin, voisin et rival de Liszt, avant de disparaître de la scène publique pendant des décennies pour vivre en reclus à Paris. Sa musique, longtemps oubliée, a été redécouverte au XXe siècle et passe aujourd'hui pour l'une des plus originales du romantisme. Les vingt-cinq Préludes de l'opus 31, publiés en 1847, parcourent toutes les tonalités majeures et mineures. Alkan précise qu'ils peuvent se jouer au piano ou à l'orgue, ce qui explique l'écriture parfois soutenue de certaines pièces. Ce premier prélude, marqué Lentement, ouvre le recueil sur une page dépouillée et grave, en do majeur. L'écriture est simple, presque austère, très éloignée de la virtuosité démentielle qui a fait la réputation du compositeur ailleurs dans son catalogue. C'est un excellent point d'entrée dans une oeuvre réputée inabordable. Comptez un niveau intermédiaire.

1 page

Fugue sur le Magnificat III. 7

Johann Pachelbel

Johann Pachelbel reste dans la mémoire du public pour un unique morceau, son Canon, qui ne ressemble à rien du reste de sa production. Il fut pourtant l'un des organistes les plus influents de l'Allemagne du XVIIe siècle, et son enseignement a compté dans la formation de la famille Bach : il fut le maître de Johann Christoph Bach, frère aîné de Jean-Sébastien, lequel initia ce dernier au clavier. Les fugues sur le Magnificat forment un ensemble considérable, près d'une centaine de pièces brèves composées à Nuremberg. Leur fonction était liturgique : pendant les vêpres, l'organiste alternait avec le choeur, et ces fugues courtes se glissaient entre les versets du cantique. Elles sont classées selon les huit tons de l'Église, d'où la numérotation. Celle-ci relève du troisième ton. Comme toutes ses soeurs, elle est brève, à trois ou quatre voix, avec un sujet nettement dessiné. C'est une excellente initiation à la fugue : le format court rend le travail abordable.

2 pages

Six Variations sur la Marche turque (Les Ruines d'Athènes) Op. 76

Ludwig van Beethoven

Le titre prête à confusion. Ces variations ne sont pas tirées des Ruines d'Athènes : c'est l'inverse. Beethoven compose l'opus 76 en 1809 sur un thème de son invention, et il le réutilise deux ans plus tard comme marche turque dans la musique de scène qu'August von Kotzebue lui commande pour l'inauguration du théâtre de Pest. Le thème est devenu célèbre par la pièce de théâtre, mais il est né ici. L'écriture est délibérément dépouillée. Le thème, en ré majeur, tient en seize mesures et repose sur une carrure presque naïve, avec ses appoggiatures et son accompagnement martelé qui imite les percussions d'une fanfare janissaire. La mode turque battait son plein à Vienne depuis les années 1780, et Mozart avait ouvert la voie avec le rondo de sa sonate K. 331. Les six variations restent courtes et lisibles. Beethoven y travaille surtout la texture : la mélodie passe d'une main à l'autre, se pare de triolets, se dissout dans l'aigu, revient en accords pleins. La dernière élargit le discours et conclut par une coda brève. C'est l'une des rares séries de variations de Beethoven réellement accessible à un pianiste de niveau moyen, et un bon terrain pour aborder la forme avant les Variations Diabelli ou les 32 Variations en ut mineur.

9 pages

Suite anglaise No. 1 BWV 806 — Bourrée I

Johann Sebastian Bach

La bourrée est une danse française vive, à deux temps, qui commence par une levée : la mélodie démarre avant le premier temps de la mesure, ce qui lui donne son élan caractéristique. Bach en a écrit plusieurs, et celle-ci ouvre une paire dans la première des six Suites anglaises. Le principe de la paire mérite d'être expliqué, car il gouverne l'exécution. Les danses de ce type se jouent selon un schéma fixe : on joue la première bourrée, puis la seconde, puis on reprend la première sans ses reprises. L'ensemble forme un grand ABA, où la seconde bourrée joue le rôle de section centrale contrastée. Celle-ci, en la majeur, est franche et lumineuse, avec un rythme carré et une écriture à deux voix qui reste limpide. L'appellation de Suites anglaises reste inexpliquée : rien dans la musique n'est anglais, et l'hypothèse d'une commande venue d'Angleterre n'a jamais été confirmée. Comptez un niveau intermédiaire.

2 pages

Suite anglaise No. 1 BWV 806 — Bourrée II

Johann Sebastian Bach

Second volet d'une paire, cette bourrée existe par contraste avec celle qui la précède. L'usage baroque veut que deux danses de même type se succèdent, la seconde offrant un éclairage différent avant que la première ne revienne conclure. Ici, le contraste passe par le mode : là où la première bourrée était en majeur, franche et lumineuse, celle-ci bascule en mineur et adopte une allure plus retenue, plus intérieure. Le procédé se retrouve partout dans la musique de danse du XVIIIe siècle, notamment dans les menuets, et il préfigure directement la forme du scherzo avec trio que les classiques adopteront. La logique est identique : une pièce, une pièce contrastante, puis le retour de la première. Cette bourrée appartient à la première des six Suites anglaises, un recueil que Bach a probablement composé vers la fin de son séjour à Weimar ou au début de la période de Köthen. L'écriture reste transparente et le niveau intermédiaire, comme pour sa jumelle.

2 pages

Rondo en mi bémol majeur, Wq. 61/1 (H. 288)

Carl Philipp Emanuel Bach

Carl Philipp Emanuel Bach, deuxième fils survivant de Jean-Sébastien, fut de son vivant bien plus célèbre que son père. Haydn disait lui devoir tout, Mozart et Beethoven l'admiraient, et son traité sur l'art de toucher le clavier, publié en 1753, reste la source la plus précieuse dont nous disposions sur l'interprétation de cette époque. Sa musique appartient à ce que les Allemands appellent le style sensible : un langage fondé sur l'expression immédiate du sentiment, avec des changements d'humeur brusques, des silences inattendus, des harmonies qui bifurquent sans prévenir. Là où le père construisait, le fils improvise et surprend. Ce rondo appartient au dernier recueil qu'il publia, en 1787, un an avant sa mort, dans la série destinée aux connaisseurs et aux amateurs. La forme rondo, avec son refrain récurrent, lui offrait un cadre commode pour multiplier les digressions entre deux retours du thème. Comptez un niveau intermédiaire. La difficulté est de caractère plus que de doigts.

3 pages

Nocturne No. 5 en si bémol majeur H. 37

John Field

L'inventeur du nocturne Avant Chopin, il y eut John Field. Ce pianiste irlandais, né à Dublin en 1782 et installé à Saint-Pétersbourg puis à Moscou, publia à partir de 1812 une série de pièces qu'il appela nocturnes, inaugurant un genre entièrement nouveau : une mélodie chantée par la main droite au-dessus d'un accompagnement en accords brisés confié à la gauche, le tout soutenu par la pédale. Le modèle direct de Chopin Chopin connaissait ces pièces et ne l'a jamais caché. La filiation est évidente dès qu'on les écoute : dispositif identique, même climat nocturne, même primat du chant. Chopin y ajoutera une richesse harmonique et une ambition formelle que Field n'avait pas, mais l'invention lui revient. Cette pièce Le cinquième nocturne, en si bémol majeur, est l'un des plus joués du recueil. Il est bref, d'une grande douceur, et son écriture reste simple et transparente. Accessible à un pianiste intermédiaire, il constitue une excellente préparation aux nocturnes de Chopin, dont il partage les exigences sans en avoir la difficulté.

2 pages3 avis

The Dying Swan « Romance poétique » Op. 100

Louis Moreau Gottschalk

Le premier pianiste américain Louis Moreau Gottschalk naît à La Nouvelle-Orléans en 1829, part étudier à Paris à treize ans, y est remarqué par Chopin et Berlioz, puis passe sa vie à tourner : Europe, Antilles, Amérique du Sud, des centaines de concerts et une célébrité de vedette. Il meurt à Rio de Janeiro en 1869, à quarante ans. Sa musique mêle le salon romantique européen aux rythmes créoles et caribéens qu'il avait entendus enfant, ce qui fait de lui l'un des premiers compositeurs proprement américains. Une romance de la fin Le Cygne mourant appartient à ses dernières pièces et paraît après sa mort. C'est une romance poétique au sens du salon du XIXe siècle : une mélodie longue et expressive sur un accompagnement en arpèges, sans développement, entièrement au service du chant. L'écriture est celle d'un pianiste qui connaissait son instrument. Les arpèges sonnent pleins sans être difficiles, la mélodie est placée pour porter, et la pièce fait beaucoup d'effet pour un investissement technique modéré. À qui elle convient Un pianiste intermédiaire capable de faire chanter la main droite au-dessus d'un accompagnement peut l'aborder. Elle demande davantage de sens de la ligne que d'agilité.

6 pages

Danza Española Op. 37 No. 2 « Oriental »

Enrique Granados

Le titre prête à confusion. Dans l'Espagne du XIXe siècle, oriental ne désigne pas l'Asie mais l'héritage mauresque de l'Andalousie, huit siècles de présence arabe dont la musique populaire garde la trace. C'est cette couleur que Granados cherche ici. Les douze Danzas Españolas furent composées vers 1890, alors que le compositeur avait un peu plus de vingt ans. Elles lui apportèrent son premier succès et restent, avec Goyescas, ce que l'on joue le plus de lui. Cette deuxième danse est bâtie sur un contraste simple et efficace. Les sections extrêmes déroulent une mélodie lente et ornée, au caractère de complainte, sur un accompagnement qui imite le grattement d'une guitare. La section centrale, en majeur, s'ouvre en une copla plus large et plus lumineuse, avant le retour de l'atmosphère initiale. L'écriture pianistique évoque constamment la guitare : accords arpégés, notes répétées, basses pincées. Techniquement abordable, la pièce demande surtout une compréhension de son idiome.

4 pages

Stemninger Op. 73 No. 7 — Lualåt (Le Chant du montagnard)

Edvard Grieg

Cette pièce appartient à Stemninger, un recueil que l'on traduit par Humeurs ou Atmosphères, publié en 1905. C'est le dernier ensemble de pièces pour piano que Grieg ait fait paraître, deux ans avant sa mort, et il se situe en dehors de la série des dix cahiers de Pièces lyriques auxquels on le rattache souvent par commodité. Lualåt désigne l'appel que les bergères norvégiennes lançaient dans la montagne pour rassembler les bêtes, une pratique vocale ancienne fondée sur des sonorités longues et portées. Grieg s'est nourri toute sa vie de ce répertoire populaire, qu'il a collecté et transposé au piano sans jamais le folkloriser. La pièce reprend ce principe d'appel : des motifs suspendus, séparés par des silences, comme des voix se répondant à distance dans un paysage vide. L'harmonie est modale, parfois âpre, très éloignée du romantisme allemand. Elle ne pose pas de difficulté digitale sérieuse. Tout se joue sur l'atmosphère, l'écoute des résonances et le respect des silences.

2 pages

Questions fréquentes

Piano niveau intermédiaire

Un pianiste intermédiaire a en général 3 à 5 ans de pratique. Il lit couramment, joue les deux mains ensemble sans y penser, et aborde la polyphonie, les ornements et le rubato. Les préludes de Chopin et les inventions de Bach sont typiques de ce palier.