Niveau
Intermédiaire
Difficulté
6/ 10
Pages
3
Une page écrite dans l'album d'un organiste
Mozart passe par Leipzig au printemps 1789, pendant le voyage qui doit le mener à Berlin. Il visite l'église Saint-Thomas, où Bach avait travaillé quarante ans plus tôt, et il y entend le choeur. L'épisode l'a manifestement remué : cette gigue, datée du 17 mai 1789, est écrite dans l'album de l'organiste de la cour Karl Immanuel Engel, et elle ne ressemble à presque rien d'autre dans son catalogue pour clavier.
Du Mozart qui sonne comme du Bach
La pièce dure une minute et demie. Elle est en sol majeur, à 6/8, et écrite à deux voix strictes, comme une invention. Le sujet part sur un saut disloqué, se retourne, module sans prévenir. Le chromatisme y est constant, les intervalles inconfortables, les accents rarement là où l'oreille les attend.
Ce n'est pas une gigue de danse. C'est un exercice d'écriture, presque un hommage, où Mozart pousse le contrepoint baroque vers une bizarrerie harmonique qui n'appartient qu'à lui.
Ce qu'elle demande
La difficulté est trompeuse. Aucun passage n'est rapide au sens virtuose, mais l'indépendance des mains y est totale et la lecture reste inconfortable jusqu'au bout : les deux voix ne se croisent jamais aux endroits prévisibles.
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