theorie
Chromatique
Qualifie une gamme ou un mouvement mélodique procédant par demi-tons consécutifs, utilisant ainsi toutes les 12 notes de l'octave.
Chromatique vient du grec chrôma, la couleur. Le terme désigne tout ce qui sort de la tonalité en vigueur pour en teinter l'harmonie — l'exact opposé de diatonique. La gamme chromatique enchaîne les douze notes de l'octave par demi-tons consécutifs : do, do dièse, ré, ré dièse, mi, fa, et ainsi de suite. Sur le clavier, elle passe par toutes les touches, blanches et noires.
Dans la mélodie, le chromatisme crée une expressivité tendue, douloureuse, parfois désespérée. Le romantisme tardif en a fait son arme : Chopin (l'Étude op. 10 no 2 court sur des gammes chromatiques continues, les nocturnes en tirent des ornements), Wagner surtout — Tristan reste le modèle du chromatisme poussé à bout —, Liszt dans la Faust-Symphonie et ses œuvres tardives. À force, la tonalité elle-même cède : Schoenberg finit par organiser les douze sons en dodécaphonisme (1923), sans plus aucune hiérarchie tonale. Côté clavier, la gamme chromatique fait partie du bagage obligé du pianiste avancé ; le doigté classique de la main droite ascendante alterne pouce et majeur : 1-3-1-3-1-3-1-2-3-1-3-1-3.