technique
Pédale
Mécanismes au pied du piano modifiant le son : pédale forte, una corda, tonale.
Sur un piano, les pédales sont les leviers actionnés au pied qui transforment la sonorité. Un piano à queue en compte trois.
La pédale forte, à droite, est de loin la plus utilisée : enfoncée, elle relève tous les étouffoirs, laisse les cordes vibrer librement et se prolonger, nourrit la résonance et les harmoniques sympathiques. Sur les partitions : Ped. pour l'enfoncer, un astérisque pour la relâcher. La pédale una corda, à gauche, décale le mécanisme pour que les marteaux ne frappent que deux cordes au lieu de trois — une seule sur les pianos anciens, d'où le nom. Le son devient plus doux, voilé, mat ; on note una corda, puis tre corde pour revenir. La pédale du milieu, dite tonale ou sostenuto, ne retient que les étouffoirs des notes déjà enfoncées au moment où on l'actionne : commode pour tenir un accord pendant que les mains jouent autre chose.
Anton Rubinstein voyait dans la pédale « l'âme du piano ». C'est aussi le secret du legato sur cet instrument. Mais elle ne pardonne rien : trop de pédale brouille tout, trop peu assèche. Seule l'oreille tranche.
Exemples
Debussy exploite massivement la pédale forte pour les superpositions harmoniques (Clair de Lune, Cathédrale engloutie). Liszt : effets de pédale dans les Années de pèlerinage. Ravel : Jeux d'eau dépend entièrement d'une pédale subtile.