forme
Gigue
Danse rapide et virtuose qui clôt traditionnellement les suites baroques, en mesure ternaire composée (6/8, 9/8 ou 12/8) au caractère bondissant.
La gigue descend de la jig irlandaise ou écossaise : une danse rapide, bondissante, que les baroques français et allemands ont stylisée au point d'en faire le finale obligé de la suite. Après le prélude, l'allemande, la courante, la sarabande et les galanteries, elle conclut en explosion de vélocité et de joie. Mesure ternaire composée — 6/8, 9/8 ou 12/8 —, tempo vif, rythmes pointés et sautillants : tout y pousse vers l'avant.
Deux écoles s'y distinguent. La gigue française, chez Couperin ou Rameau, cultive la grâce et l'ornement ; la gigue à l'italienne ou à l'allemande, celle de Bach, préfère l'écriture imitative, souvent carrément fuguée — les gigues de ses Suites françaises, anglaises et Partitas comptent parmi les pages les plus virtuoses de ces recueils. Haendel en a semé dans ses suites pour clavecin, et Rameau en a laissé de redoutables. Pour le pianiste, la gigue est un test d'endurance digitale autant que de légèreté : il faut bondir sans jamais s'alourdir.