forme
Gigue
Danse rapide et virtuose qui clôt traditionnellement les suites baroques, en mesure ternaire composée (6/8, 9/8 ou 12/8) au caractère bondissant.
Définition
La Gigue est une danse rapide, virtuose et bondissante, d'origine britannique (jig irlandais ou écossais), stylisée par les compositeurs français et allemands de la période baroque (XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles).
Caractéristiques
- Mesure ternaire composée : 6/8, 9/8 ou 12/8 (sensation de balancement ternaire)
- Tempo rapide : Vivace, Presto
- Caractère bondissant : doubles croches pointées, rythmes sautillants
- Écriture imitative souvent fuguée chez Bach
Place dans la suite baroque
La Gigue est la danse finale de la suite baroque classique. La séquence canonique est :
- Prélude
- Allemande (modérée, en 4/4)
- Courante (vive, en 3/2 ou 3/4)
- Sarabande (lente, en 3/4)
- Galanteries (menuet, gavotte…)
- Gigue (rapide, finale)
La Gigue conclut donc en explosion de vélocité et de joie.
Deux styles
- Gigue française (Couperin, Rameau) : caractère gracieux, ornementé
- Gigue italienne / allemande (Bach) : caractère fugué, contrapuntique virtuose
Au répertoire baroque
- Bach : Gigues dans toutes les suites (françaises, anglaises, partitas) — souvent les plus virtuoses
- Haendel : Gigues dans les Suites pour clavecin
- Couperin : Gigues stylisées dans les Pièces de clavecin
- Rameau : Gigues souvent extraordinairement difficiles
Postérité
La forme renaît au XXᵉ siècle :
Exemples
Bach — Gigue de la Partita No. 2 BWV 826 en ut mineur (gigue fuguée virtuose). Bach — Gigue de la 6ᵉ Suite anglaise BWV 811. Mozart — Kleine Gigue en sol majeur K. 574 (gigue tardive stylisée). Haendel — Gigues des Suites pour clavecin.