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Catalogue

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476 partitions de piano gratuites du domaine public

Prélude Op. 16 No. 5 en fa dièse majeur

Alexander Scriabin

Ce cinquième prélude referme l'opus 16 sur une page lumineuse et brève. Le fa dièse majeur, avec ses six dièses, est l'exact miroir du sol bémol majeur employé plus tôt dans le recueil : les mêmes touches, une écriture différente. Cette équivalence, qu'on appelle l'enharmonie, était au coeur des recherches d'une époque où les compositeurs exploraient systématiquement les tonalités éloignées. Scriabine y écrit une musique claire, d'un mouvement souple, où la mélodie se déploie sans obstacle sur un accompagnement régulier. La pièce ne dure qu'une minute environ et fonctionne comme une conclusion apaisée après le prélude en mi bémol mineur qui la précède. L'organisation du recueil obéit à cette logique de contrastes successifs, héritée de Chopin. Chaque prélude installe un climat, le cède au suivant, et l'ensemble ne prend son sens complet qu'écouté d'affilée. Le niveau reste intermédiaire, la lecture en tonalité chargée constituant l'obstacle principal.

2 pages

Prélude Op. 59 No. 2 « Sauvage, belliqueux »

Alexander Scriabin

Un autre compositeur Entre les préludes de l'opus 16 et celui-ci, quinze ans ont passé, et Scriabine a changé de langage au point de devenir méconnaissable. Composé vers 1910, ce prélude n'a plus rien de chopinien : la tonalité y est en dissolution, les accords ne se résolvent plus, et l'harmonie repose sur des agrégats de quartes que le compositeur avait forgés pour son usage propre. Une indication qui est un programme Sauvage, belliqueux : Scriabine écrivait ses indications en français, langue de la culture russe cultivée de son temps, et elles décrivent moins un tempo qu'un état. Celle-ci demande une violence brute, sans élégance, très éloignée de tout ce qu'il avait écrit auparavant. La pièce est très brève, moins d'une minute, mais d'une densité extrême. Chaque accord y est chargé, chaque rythme heurté. Ce qu'elle demande Un niveau avancé, et surtout la capacité d'abandonner les réflexes du répertoire romantique. Jouer cette page joliment revient à la manquer complètement.

3 pages

Prélude Op. 23 No. 1 en fa dièse mineur

Sergei Rachmaninoff

Rachmaninov ouvre son opus 23 par une pièce grave et repliée sur elle-même, à l'opposé de ce que le public attendait de lui. Il traînait depuis 1892 la célébrité écrasante de son Prélude en ut dièse mineur, joué partout, réclamé à chaque concert, et qu'il finit par détester. L'opus 23 est en partie une réponse à cela. Ce premier prélude, marqué Largo, avance lentement en fa dièse mineur. La main droite pose une mélodie retenue tandis que la gauche déroule des figures sombres et amples. L'écriture est dense sans être bruyante, et la pièce ne cherche jamais l'effet. Les dix préludes de l'opus 23 furent composés pour l'essentiel entre 1901 et 1903, période où Rachmaninov, sorti de la dépression qui avait suivi l'échec de sa Première Symphonie, écrit aussi son Deuxième Concerto. C'est le moment où sa langue arrive à maturité. Malgré son apparente sobriété, la pièce demande une main capable d'écarts larges. Rachmaninov avait des mains immenses et n'a jamais vraiment tenu compte de celles des autres.

4 pages

Prélude Op. 23 No. 2 en si bémol majeur

Sergei Rachmaninoff

Après un premier prélude grave et intérieur, celui-ci arrive comme un torrent. Marqué Maestoso, il est bâti sur une main gauche en mouvement continu, large et puissante, qui balaie le grave du clavier pendant que la droite énonce un thème en accords massifs. C'est de l'écriture pianistique au sens le plus physique : il faut de la force, de l'endurance, et une capacité à produire un grand son sans durcir. La pièce appartient à l'ensemble des dix préludes de l'opus 23, publiés en 1904. Rachmaninov était lui-même un pianiste d'exception, doté d'une envergure de main légendaire, et il écrivait pour ses propres moyens. Cela se sent particulièrement ici. La section centrale offre un répit relatif, plus lyrique, avant que le flux initial ne reprenne et n'emporte la pièce jusqu'à une conclusion éclatante. C'est l'un des préludes les plus exigeants du recueil. Il ne convient pas à un pianiste qui n'aurait pas déjà une solide expérience du grand répertoire romantique.

7 pages

Prélude Op. 23 No. 3 en ré mineur (Tempo di minuetto)

Sergei Rachmaninoff

L'indication Tempo di minuetto surprend chez Rachmaninov. Le menuet est une danse de cour du XVIIIe siècle, et rien dans le langage du compositeur ne semble appeler cette référence. C'est pourtant ce qu'il inscrit en tête de ce troisième prélude, et cela renseigne sur le caractère qu'il attend : une allure mesurée, une élégance retenue, une tenue presque cérémonieuse. En ré mineur, la pièce avance sur un rythme pointé qui lui donne une raideur volontaire. Le thème est énoncé avec fermeté, repris, développé, sans que le discours ne s'emballe jamais. C'est l'un des préludes les moins démonstratifs du recueil, et l'un des plus difficiles à interpréter pour cette raison. L'opus 23 fut composé pour l'essentiel en 1901 et 1903, dans les années les plus fécondes de Rachmaninov. Il y prolonge une tradition qui remonte à Chopin, celle du prélude comme pièce brève et autonome, chacune explorant un caractère. Techniquement, il est plus abordable que ses voisins immédiats, ce qui en fait une bonne porte d'entrée dans le recueil.

4 pages

Prélude Op. 23 No. 4 en ré majeur

Sergei Rachmaninoff

C'est la page la plus ouvertement lyrique de l'opus 23, et l'une des plus aimées. Marquée Andante cantabile, elle repose sur un dispositif simple : la main gauche déroule un accompagnement continu en arpèges larges, souple et sans arêtes, pendant que la main droite chante une mélodie longue, ample, qui se déploie sur de nombreuses mesures avant de rejoindre son sommet. Rachmaninov excellait à ce type de ligne, héritée à la fois de Tchaïkovski et du chant orthodoxe russe. L'écriture ne présente pas de difficulté spectaculaire, mais elle exige beaucoup sur le plan du son. Il faut soutenir une mélodie sur une durée inhabituelle sans qu'elle ne perde sa direction, et maintenir l'accompagnement dans un plan sonore nettement inférieur alors qu'il occupe la majorité des notes. Composé en 1903, ce prélude fait partie du recueil publié l'année suivante. Il est souvent programmé isolément en concert, et figure fréquemment dans les anthologies romantiques destinées aux pianistes de niveau intermédiaire avancé.

4 pages

Prélude Op. 23 No. 5 en sol mineur (Alla marcia)

Sergei Rachmaninoff

Le plus connu du recueil Si un seul prélude de l'opus 23 est joué partout, c'est celui-ci. Sa marche en sol mineur, martelée et implacable, est devenue l'une des pages les plus identifiables de Rachmaninov, au point d'éclipser les neuf autres pièces du cahier. Trois épisodes bien tranchés La marche initiale est sèche, rythmique, presque militaire, avec des accords détachés qui frappent la pulsation sans faiblir. Puis tout s'ouvre : une section centrale en majeur déploie une mélodie ample sur un accompagnement en arpèges, dans un lyrisme qui contraste totalement avec ce qui précède. La marche revient enfin, et la pièce se termine dans le grave, en s'éteignant. Cette architecture, brutalité puis chant puis retour, est un procédé que Rachmaninov emploie souvent, et rarement avec autant d'efficacité. Ce qu'elle demande Une main solide pour les accords répétés, une bonne endurance rythmique, et surtout la capacité à changer complètement de son entre les deux caractères. C'est un morceau de concert exigeant, régulièrement inscrit aux programmes de concours.

6 pages

Prélude Op. 23 No. 6 en mi bémol majeur

Sergei Rachmaninoff

Après la violence de la marche en sol mineur, Rachmaninov place une page apaisée, et le contraste est manifestement voulu : dans un recueil de préludes, l'ordre des caractères compte autant que les pièces elles-mêmes. Ce sixième prélude, en mi bémol majeur, avance dans un mouvement fluide et régulier. Une mélodie simple, presque une berceuse, se pose sur un accompagnement continu qui ondule sans jamais s'imposer. L'harmonie reste stable, les modulations sont douces, et la pièce ne connaît aucun véritable point de tension. C'est l'un des préludes les plus accessibles du recueil, et l'un de ceux que l'on recommande à un pianiste souhaitant aborder Rachmaninov sans se heurter d'emblée à ses exigences physiques habituelles. La difficulté y est de nature musicale : produire un son égal et chaleureux sur toute la durée, et faire vivre une mélodie qui ne comporte aucun effet. Le recueil des dix préludes de l'opus 23 fut publié à Moscou en 1904, alors que le compositeur avait trente et un ans et venait d'accéder à la notoriété internationale.

4 pages

Gymnopédie No. 2

Erik Satie

Tout le monde connaît la première. La deuxième est sa voisine immédiate, écrite en même temps, publiée dans le même cahier en 1888, et construite sur exactement le même principe. C'est aussi celle qu'on entend le moins, sans qu'aucune raison musicale ne le justifie. Satie a vingt-deux ans. Il a quitté le Conservatoire, joue dans les cabarets de Montmartre, et invente avec ces trois pièces quelque chose qui n'existait pas : une musique lente, harmoniquement riche, volontairement dépourvue de développement et de point culminant. La main gauche pose une basse puis un accord, régulièrement, sans jamais varier son geste. La main droite chante au-dessus une mélodie qui tourne sur elle-même. L'indication de la deuxième est Lent et triste, là où la première porte Lent et douloureux et la troisième Lent et grave. Trois nuances d'un même état, ce qui est très exactement le propos. Le mot gymnopédie renvoie à des fêtes de la Grèce antique où de jeunes Spartiates dansaient. Satie l'a probablement rencontré chez Flaubert, dans Salammbô, qu'il lisait à cette époque. Techniquement, la pièce est abordable dès la deuxième ou troisième année. Musicalement, elle est très difficile à bien jouer.

2 pages

Gymnopédie No. 3

Erik Satie

C'est celle que Debussy a choisie. En 1896, huit ans après leur publication, il orchestre deux des trois Gymnopédies pour aider son ami Satie à se faire connaître, et il retient la première et la troisième. Dans sa version orchestrale il inverse leur ordre, ce qui explique la confusion de numérotation qu'on rencontre encore dans certains enregistrements. La troisième porte l'indication Lent et grave. Elle suit le même dispositif que ses deux soeurs : une main gauche qui alterne basse et accord avec une régularité de métronome, une main droite qui déroule une mélodie modale, sans direction ni sommet. Mais l'harmonie y est un peu plus stable, la ligne un peu plus posée, et beaucoup de pianistes la trouvent la plus sereine des trois. Satie publie ces pièces à compte d'auteur en 1888, alors qu'il vit de son travail de pianiste dans les cabarets de Montmartre. Elles ne rencontrent presque aucun succès de son vivant. Leur immense popularité est un phénomène du XXe siècle tardif, largement porté par le cinéma et la publicité. Elle constitue, avec les deux autres, l'une des rares pièces du répertoire qu'un débutant de troisième année peut jouer sans la trahir.

2 pages

Étude Op. 2 No. 1 en ut dièse mineur

Alexander Scriabin

Scriabine avait quinze ans lorsqu'il composa cette étude, et elle reste, un siècle et demi plus tard, la plus jouée de toute son oeuvre. Rien n'y annonce le compositeur mystique et halluciné qu'il deviendra. C'est une page profondément mélancolique, dans la lignée directe de Chopin : une mélodie longue et douloureuse à la main droite, un accompagnement en accords brisés très étendus à la gauche, et une montée vers un sommet unique avant l'apaisement final. La main gauche est le vrai sujet technique. Ses écarts sont considérables, et ils annoncent une obsession que Scriabine gardera toute sa vie. Étudiant au Conservatoire de Moscou, il s'était d'ailleurs abîmé la main droite à force de travailler Islamey de Balakirev, et cette blessure l'avait conduit à écrire des pièces pour la seule main gauche. La pièce est brève, environ deux minutes, et son niveau reste accessible à un bon pianiste intermédiaire. C'est la porte d'entrée idéale dans son catalogue.

3 pages

Prélude Op. 16 No. 1 en si majeur

Alexander Scriabin

Scriabine a vingt-trois ans quand paraît l'opus 16, et il n'a pas encore inventé la langue harmonique qui fera sa réputation. Ce qu'on entend ici, c'est un compositeur qui a beaucoup joué Chopin, qui l'admire sans réserve, et qui commence tout juste à tordre le modèle. Le prélude en si majeur ouvre le cahier. Andante, il repose sur un balancement continu de la main gauche, en arpèges larges, sur lequel la droite pose une mélodie longue et calme. La parenté avec les nocturnes est immédiate. Mais deux choses trahissent déjà Scriabine : les mains ne battent pas ensemble, ce qui donne à la ligne cette impression de flotter sans jamais se poser, et les enchaînements harmoniques glissent vers des régions inattendues, avec une prédilection pour les accords de neuvième qui deviendront sa signature. La pièce dure moins de deux minutes. Elle ne comporte aucune difficulté digitale au sens propre, et c'est précisément ce qui la rend délicate : tout repose sur la qualité du son, la conduite de la mélodie et la souplesse rythmique. Un prélude joué mécaniquement ne dit rien du tout. C'est une porte d'entrée idéale dans Scriabine pour qui trouve les sonates tardives inabordables.

3 pages