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Catalogue

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476 partitions de piano gratuites du domaine public

Sunflower Slow Drag

Scott Joplin

Un slow drag est une danse lente, traînante, où les couples glissaient plus qu'ils ne sautaient. Le titre indique donc d'emblée un tempo et un caractère très différents du rag rapide qu'on imagine souvent. Joplin a signé ce morceau avec Scott Hayden, un jeune musicien de Sedalia dont il avait fait son élève et dont il épousa la belle-sœur. Les deux hommes collaborèrent sur plusieurs pièces, et celle-ci, publiée en 1901, fut l'un des succès du catalogue de John Stark. Le caractère est tendre, presque nonchalant. Les syncopes y sont souples, la mélodie avance sans hâte, et la pièce a quelque chose de la chanson sentimentale. C'est un bon contrepoint aux rags plus brillants du même auteur. Pour le pianiste, le tempo modéré est une aide précieuse : on peut installer la mise en place rythmique sans être pressé par la vitesse. C'est l'un des rags les plus accessibles du catalogue de Joplin.

3 pages

The Easy Winners

Scott Joplin

La couverture de l'édition originale montre des athlètes : joueurs de base-ball, coureurs, rameurs. The Easy Winners, publié en 1901, célèbre ceux qui gagnent sans effort apparent, et la musique partage cette aisance. C'est l'un des rags les plus lumineux de Joplin. Les mélodies bondissent, les syncopes sont franches sans être brutales, et l'ensemble a une allure de fanfare légère, de fête en plein air. Tout y respire la bonne humeur, et le morceau a longtemps figuré parmi ses plus appréciés. La construction suit le modèle qu'il a fixé : plusieurs sections contrastées, un passage vers une tonalité voisine, des reprises qui permettent de varier le jeu. Mais l'invention mélodique y est particulièrement fraîche, et chaque section apporte une idée réellement nouvelle. Il est un peu plus exigeant que les rags lents du même auteur, sans atteindre la difficulté du Maple Leaf Rag. Comptez un bon niveau intermédiaire.

4 pages

Wall Street Rag

Scott Joplin

Un rag qui raconte une histoire. Publié en 1909, Wall Street Rag est l'une des rares pièces de Joplin où chaque section porte une légende inscrite sur la partition, décrivant une scène à la Bourse de New York. La première évoque la panique des marchés et des agents de change abattus. La suivante annonce que de meilleurs jours arrivent, puis qu'ils sont arrivés. La dernière montre les financiers oubliant leurs soucis en écoutant du véritable ragtime. On mesure l'humour, et l'affirmation discrète : c'est la musique qui console. Le contexte n'est pas anodin. La panique bancaire de 1907 avait secoué les États-Unis deux ans plus tôt, et le public reconnaissait immédiatement l'allusion. Musicalement, les sections suivent ce parcours, de l'inquiétude vers la gaieté. Le pianiste dispose donc d'un programme précis pour guider son interprétation. Niveau intermédiaire.

3 pages

Prélude Op. 23 No. 8 en la bémol majeur

Sergei Rachmaninoff

Marqué Allegro vivace, ce prélude est un morceau de brillance pure. La main droite y déroule une résille continue de traits rapides et légers, dans un registre plutôt aigu, pendant que la gauche pose des appuis harmoniques et fait affleurer par moments une ligne mélodique. L'effet recherché est celui d'un scintillement. Rien n'est massif ici, contrairement à la plupart des préludes du recueil : tout repose sur la légèreté, la vélocité et l'égalité du toucher. C'est une écriture qui doit paraître facile et qui ne l'est pas. Rachmaninov compose l'opus 23 dans les années qui suivent le succès de son Deuxième Concerto, à un moment où il est reconnu simultanément comme compositeur et comme l'un des plus grands pianistes de son temps. Ces préludes portent la marque de cette double compétence : ils sont conçus par quelqu'un qui savait exactement ce que la main peut faire. Comptez un niveau avancé. La difficulté n'est pas dans la force mais dans le contrôle d'un mouvement rapide sur une longue durée.

8 pages

Prélude Op. 23 No. 9 en mi bémol mineur

Sergei Rachmaninoff

C'est le prélude le plus redoutable du recueil, et probablement l'un des plus difficiles que Rachmaninov ait écrits dans ce format. Marqué Presto, il est bâti presque entièrement sur des doubles notes rapides à la main droite, dans un mouvement fébrile qui ne se relâche jamais. L'écriture en tierces et en sixtes à cette vitesse constitue l'une des difficultés les plus exigeantes du répertoire pianistique, et elle est ici maintenue sur toute la durée de la pièce. Le mi bémol mineur, tonalité chargée de six bémols, ajoute à l'inconfort. Le caractère est sombre, agité, presque haletant, et la pièce s'achève sans véritable résolution. Publié à Moscou en 1904, le recueil rassemble dix pièces écrites pour l'essentiel dans les deux années précédentes. Rachmaninov les créa lui-même, et ses moyens de pianiste étaient exceptionnels : envergure de main considérable, mécanisme d'une fiabilité redoutée de ses contemporains. Ce prélude en porte le témoignage. À réserver aux pianistes confirmés disposant déjà d'une technique de doubles notes solide.

4 pages

Prélude Op. 23 No. 10 en sol bémol majeur

Sergei Rachmaninoff

Rachmaninov referme son opus 23 sur une page discrète, presque effacée. Après neuf préludes dont plusieurs comptent parmi les plus démonstratifs de son catalogue, ce dixième choisit le retrait. En sol bémol majeur, tonalité chargée de six bémols qui installe la main haut sur les touches noires, il déroule une mélodie simple sur un accompagnement régulier et doux. Aucun sommet, aucune tension véritable, une nuance qui ne dépasse presque jamais le mezzo forte. La pièce s'éteint plus qu'elle ne conclut. Ce choix de terminer un recueil sur sa page la plus calme n'a rien d'anodin : Rachmaninov concevait ses préludes comme des cycles, avec une progression et un équilibre d'ensemble. Il fera le même geste dans l'opus 32, dont le dernier prélude est également une pièce apaisée. Les dix préludes de l'opus 23 parurent en 1904. Ils forment, avec les treize de l'opus 32 et le célèbre prélude en ut dièse mineur de 1892, un ensemble de vingt-quatre pièces couvrant toutes les tonalités.

3 pages

Album pour la jeunesse Op. 39 No. 1 — Prière du matin

Pyotr Ilyich Tchaikovsky

L'Album pour la jeunesse s'ouvre sur une prière, et ce choix n'a rien d'anodin. Dans la Russie de la fin du XIXe siècle, la journée d'un enfant commençait par ce moment de recueillement, et Tchaïkovski, qui parcourt dans ce recueil une journée entière, le place naturellement en tête. La musique en a toute la gravité simple. C'est une page lente, écrite en accords, presque à la manière d'un choral, où plusieurs voix avancent ensemble dans un climat paisible. Rien n'y est démonstratif : tout tient dans la justesse du son et la conduite des accords. Cette écriture chorale fait de la pièce un excellent exercice pour un jeune pianiste : elle apprend à faire sonner plusieurs notes ensemble, à équilibrer les voix et à tenir un tempo lent sans que la musique s'affaisse. Brève et accessible, c'est l'une des premières pièces que l'on peut aborder dans le recueil. Niveau débutant.

1 page

Dumka Op. 59 « Scène rustique russe » en ut mineur

Pyotr Ilyich Tchaikovsky

La dumka est un genre d'origine ukrainienne, repris dans toute la musique slave, qui repose sur une alternance brusque entre la plainte mélancolique et la danse exubérante. Dvořák l'a illustrée à plusieurs reprises ; Tchaïkovski en donne ici une version pour piano seul, sous-titrée Scène rustique russe. Composée en 1886, la pièce est dédiée à Antoine Marmontel, professeur de piano au Conservatoire de Paris, ce qui dit assez son ambition : ce n'est pas une miniature de salon mais une œuvre de concert, développée et exigeante. Elle s'ouvre sur une longue mélodie grave et nostalgique, puis bascule dans une danse de plus en plus animée, avant que la plainte initiale ne revienne. Ces changements d'humeur, brutaux et répétés, sont l'essence même du genre. L'écriture pianistique est riche, avec des passages rapides, des accords fournis et de grands contrastes de nuances. Niveau avancé.

12 pages

Maple Leaf Rag

Scott Joplin

Publié en 1899 à Sedalia, dans le Missouri, ce rag fut le premier morceau de musique instrumentale à dépasser le million d'exemplaires vendus en partition. Scott Joplin avait négocié avec son éditeur John Stark un contrat lui garantissant un centime par exemplaire, ce qui était rare pour un compositeur noir à cette époque et lui assura des revenus jusqu'à la fin de sa vie. Le morceau donne au ragtime sa forme classique : quatre sections de seize mesures, chacune reprise, enchaînées comme les figures d'une marche. La main gauche alterne basses et accords avec une régularité de métronome, pendant que la droite décale ses attaques contre cette pulsation. Ce frottement entre une base rigide et une mélodie syncopée est tout le principe du genre. Le nom vient du Maple Leaf Club, l'établissement de Sedalia où Joplin se produisait. Le succès fut tel que ce rag devint le modèle du genre : pendant vingt ans, les compositeurs qui suivirent furent jugés à son aune, et Joplin lui-même dut se battre pour qu'on le considère autrement que comme l'auteur d'un tube. Il consacra ses dernières années à un opéra, Treemonisha, qui ne fut monté intégralement qu'en 1972, plus d'un demi-siècle après sa mort.

4 pages

The Entertainer

Scott Joplin

Un succès de 1902, redevenu succès en 1973 Scott Joplin publie The Entertainer chez John Stark en 1902, au sommet de la vogue du ragtime. Le morceau se vend correctement, puis disparaît avec la mode, comme presque tout son catalogue. Il faut attendre 1973 et la bande originale de L'Arnaque, arrangée par Marvin Hamlisch, pour qu'il devienne l'une des mélodies les plus reconnaissables du XXe siècle. Le film se déroule dans les années 1930, où le ragtime avait déjà vingt ans de retard, mais l'anachronisme n'a gêné personne. Ce qu'est vraiment un rag Le principe tient en une phrase : la main gauche marque une pulsation régulière, la main droite joue systématiquement à côté. C'est la syncope, et c'est de là que vient tout l'effet de balancement. La forme est celle d'une marche, en sections contrastées de seize mesures qui s'enchaînent sans retour au thème initial. La pièce est en do majeur et se termine dans la sous-dominante. Une mise en garde de l'auteur Joplin faisait imprimer sur ses partitions un avertissement resté célèbre : il ne faut jamais jouer un ragtime vite. L'indication est respectée par presque personne. Elle est pourtant juste, car le morceau perd son élégance dès qu'il est précipité, et la syncope cesse alors de s'entendre.

4 pages

Elite Syncopations

Scott Joplin

Le titre est presque une profession de foi. En 1902, Joplin cherche à faire reconnaître le ragtime comme une musique sérieuse, digne d'être écrite, publiée et étudiée, et non comme un simple divertissement de saloon. Parler de syncopes « d'élite », c'est revendiquer une place dans la musique savante. La pièce justifie cette ambition. L'écriture y est particulièrement soignée, les enchaînements harmoniques plus recherchés que dans beaucoup de rags de l'époque, et chaque section est construite avec une précision d'horloger. Rien n'est laissé au hasard. Le caractère reste celui d'une danse, vive et élégante, mais on sent un compositeur qui pense en termes de forme et d'équilibre. La publication chez John Stark, éditeur attaché à défendre le « ragtime classique », s'inscrit dans cette démarche. Le morceau demande un niveau intermédiaire solide : les syncopes y sont plus serrées et la main droite plus sollicitée que dans les rags lents.

4 pages

Pine Apple Rag

Scott Joplin

Publié en 1908, Pine Apple Rag compte parmi les rags les plus populaires de Joplin de son vivant. Son succès fut tel qu'une version chantée, avec des paroles ajoutées, parut deux ans plus tard, ce qui était le signe d'un vrai tube à l'époque. La musique explique cette popularité. Les mélodies sont immédiatement mémorisables, les syncopes franches et joyeuses, et l'ensemble dégage une bonne humeur communicative. C'est un rag facile à aimer, conçu pour plaire sans rien sacrifier de la qualité d'écriture. On y trouve aussi le soin que Joplin apporte, à cette période, à la variété des textures : les sections ne se ressemblent pas, la main gauche change de dessin, et le morceau réserve plusieurs surprises à qui l'écoute attentivement. Pour le pianiste, c'est une excellente pièce de concert ou d'audition, qui fait toujours son effet. Niveau intermédiaire.

4 pages