technique
Bariolage
Effet venu des cordes : alterner vite une note fixe et des notes mobiles. Au piano, une alternance rapide et scintillante.
Le bariolage naît au violon. Il consiste à faire alterner rapidement une corde à vide, jouée en pédale, avec des notes changeantes sur les cordes voisines, produisant un miroitement continu. Le mot, tiré de « barioler », dit bien cet effet chatoyant, presque bigarré.
Au piano, l'idée se transpose. On parle de bariolage pour ces figures où une note pivot revient sans cesse entre d'autres notes qui bougent, créant un scintillement rapide, souvent réparti entre les deux mains. La difficulté est de garder l'égalité : chaque note doit sonner au même niveau, sans accent parasite, pour que l'oreille perçoive un tapis sonore régulier plutôt qu'une suite de heurts. Le poignet souple fait tout le travail ; les doigts se contentent de tomber. Pourtant l'égalité parfaite trompe : un léger relief, bien placé, empêche l'effet de devenir mécanique. Le bariolage vit de cette tension entre régularité et vie.
Exemples
Bach écrit des bariolages célèbres pour cordes, notamment dans la Partita pour violon seul en mi majeur, dont l'esprit passe aux transcriptions pour piano. Au clavier, la figure de note pivot répétée anime des études de Chopin, comme l'étude op. 25 no 1 dite « Harpe éolienne ».