harmonie
Cadence évitée
Résolution détournée d'une dominante : au lieu de conclure sur la tonique, l'accord s'enchaîne vers une autre harmonie qui relance le discours.
Tout prépare la conclusion : la dominante est là, l'oreille attend la tonique. Et la tonique ne vient pas. À sa place surgit un autre accord — souvent une nouvelle dominante — et la phrase, au lieu de se poser, rebondit. C'est la cadence évitée, cousine de la cadence rompue mais plus fuyante : la rompue résout sur le sixième degré et marque quand même un appui, l'évitée esquive tout point d'arrivée et relance le mouvement. Les compositeurs s'en servent pour étirer une phrase, retarder une fin, enchaîner des tonalités en cascade. Chopin y excelle — certaines de ses pages alignent les dominantes comme des portes qui s'ouvrent les unes sur les autres, sans qu'aucune ne donne sur la sortie. L'oreille perd le sol de vue. C'est exactement l'effet recherché.
Exemples
La fin de la Mazurka op. 30 n° 4 de Chopin enchaîne une descente de septièmes de dominante restée célèbre, chaque accord esquivant la résolution du précédent. Les œuvres de César Franck, comme Prélude, choral et fugue, repoussent la tonique de cadence en cadence. Bach en use déjà pour prolonger ses fugues à l'approche de la conclusion.