ornementation
Cadenza
Section solo virtuose dans un concerto, où l'interprète improvise librement sur les thèmes principaux avant la cadence finale du mouvement.
La cadenza — « cadence » en italien, à ne pas confondre avec la cadence harmonique — est une section solo virtuose insérée dans un concerto : l'orchestre se tait, et le soliste brode librement sur les thèmes du mouvement avant la cadence finale. Le rituel est codifié : un accord de quarte et sixte orchestral, un point d'orgue, puis le soliste seul ; il conclut par un trille sur la dominante — signal convenu pour que l'orchestre reprenne. L'usage vient de l'opéra italien du XVIIe siècle, où divas et castrats improvisaient leur moment de gloire avant la cadence finale d'un air ; le concerto instrumental a adopté le principe au XVIIIe.
Improvisée ou écrite ? Chez Mozart et Haydn, l'interprète improvise — preuve d'invention musicale. Beethoven ferme la porte avec le Concerto Empereur, dont il écrit lui-même la cadence. Le XIXe siècle hésite encore, le XXe fixe tout. Aujourd'hui, pour un concerto de Mozart, le pianiste choisit : les cadences de Mozart lui-même quand elles existent, celles de Beethoven pour le K. 466, celles de Brahms, de Clara Schumann ou d'Edwin Fischer — ou la sienne. Le geste survit aussi dans la musique pour piano seul : traits libres des nocturnes ornés de Chopin, cadenzas des Rhapsodies hongroises de Liszt.
Exemples
Beethoven — Concerto No. 5 « Empereur » Op. 73 : 1ʳᵉ cadenza ÉCRITE par le compositeur lui-même. Mozart — Concerto K. 466 en ré mineur : Beethoven a écrit une cadenza pour ce concerto. Chopin — Polonaise Op. 53 « Héroïque » : passage cadenza dans la transition. Rachmaninoff — 3ᵉ Concerto : cadenza monumentale (2 versions).