theorie
Mode dorien
Mode musical ancien construit en partant du 2ᵉ degré d'une gamme majeure (Ré-Ré sur les blanches), de caractère mineur mais lumineux.
Le mode dorien est l'un des sept modes ecclésiastiques hérités du Moyen Âge. On le construit en partant du deuxième degré d'une gamme majeure, sans changer les notes : sur les seules touches blanches, ré-mi-fa-sol-la-si-do-ré, soit la séquence ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton, ton. Un seul détail le sépare du mineur naturel : sa sixte est haussée d'un demi-ton (si naturel au lieu de si bémol en ré dorien). Ce détail change tout — le dorien sonne mineur, mais plus lumineux, à mi-chemin entre la mélancolie du mineur et la clarté du majeur.
Son histoire est longue : pilier du chant grégorien, familier de la polyphonie de la Renaissance chez Josquin ou Palestrina, il imprègne le folklore celtique et anglais — Greensleeves est souvent citée comme mélodie dorienne — et renaît dans le jazz modal, où So What de Miles Davis campe en ré dorien. Le piano classique s'en sert pour ses couleurs archaïques, chez Debussy (La Cathédrale engloutie) ou Bartók. Et les improvisateurs l'adorent : posé sur un accord mineur, il donne aussitôt une couleur folk-jazz.
Exemples
Greensleeves (Angleterre, XVIᵉ s.) est entièrement en mode dorien. So What de Miles Davis (album Kind of Blue) repose sur 2 accords de ré dorien et mi bémol dorien. Debussy utilise des passages doriens dans Pelléas. Le 8ᵉ mode grégorien est essentiellement dorien.