forme
Pavane
Danse lente et solennelle de la Renaissance, en mesure binaire, popularisée à la cour espagnole puis revisitée par Fauré et Ravel au XXᵉ siècle.
La pavane est une danse lente et solennelle, d'origine probablement italienne ou espagnole, en vogue dans les cours européennes de la Renaissance. Son nom évoquerait la démarche fière du paon — pavone en italien — et c'est bien ainsi qu'on la dansait : cérémonieusement, sans hâte. Musique binaire (2/4, 4/4 ou 2/2), tempo grave, structure simple en trois sections de huit mesures répétées, aucune virtuosité : la dignité avant tout. Elle formait couple avec la gaillarde, danse vive à trois temps qui lui répondait par contraste.
Byrd, Dowland puis Couperin l'ont écrite pour le clavier. Mais ce sont les Français du tournant du XXe siècle qui l'ont rendue célèbre au piano : Fauré avec sa Pavane op. 50 (1887), Ravel surtout, avec la Pavane pour une infante défunte (1899) — sa page la plus connue — et la Pavane de la Belle au bois dormant qui ouvre Ma mère l'Oye. La pavane de Ravel n'a rien d'une reconstitution : c'est une évocation nostalgique, et son titre fut choisi pour la sonorité des mots plus que pour un quelconque hommage funèbre. Chez Fauré comme chez Ravel demeurent la noblesse et la lenteur, teintées de cette mélancolie raffinée propre à la fin de siècle française.
Exemples
Pavane pour une infante défunte de Ravel (1899) — chef-d'œuvre du genre moderne. Pavane Op. 50 de Fauré (1887). Pavane de la Belle au bois dormant (Ravel, Ma mère l'Oye). Tombeau de Couperin de Ravel — pavane parmi les danses. Byrd — Pavanes & Galliards (Renaissance anglaise).