theorie
Seconde
Intervalle de deux degrés voisins, soit un ton (seconde majeure) soit un demi-ton (seconde mineure), la plus petite distance de la gamme.
La seconde sépare deux notes qui se suivent dans la gamme, comme Do et Ré. Quand l'écart vaut un ton entier on parle de seconde majeure ; quand il se réduit à un demi-ton (Mi-Fa, Si-Do) c'est une seconde mineure. C'est l'intervalle le plus resserré du système diatonique, et c'est justement ce resserrement qui le rend un peu rugueux à l'oreille : deux notes aussi proches frottent l'une contre l'autre.
Au clavier, une seconde mineure se joue sur deux touches adjacentes, la main dessinant un pas minuscule. Les compositeurs s'en servent pour la douceur d'un mouvement conjoint, mais aussi pour la friction volontaire d'un accord serré. Debussy empile parfois des secondes pour obtenir une couleur trouble, presque brumeuse.
Et ce n'est pas qu'une affaire d'oreille. La seconde structure la mélodie : une ligne qui progresse par secondes coule naturellement sous les doigts, alors qu'un enchaînement de grands sauts fatigue vite. La plupart des thèmes chantants avancent ainsi, pas à pas.
Exemples
Le prélude en Do majeur du Clavier bien tempéré de Bach déroule des arpèges où les voix intérieures montent par secondes. Dans La fille aux cheveux de lin de Debussy, la mélodie évolue surtout par mouvements conjoints. Le début de la Sonate au clair de lune de Beethoven progresse par petits pas.