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harmonie

Sixième napolitaine

Accord parfait majeur bâti sur le deuxième degré abaissé. Sonorité sombre et tendue, héritée de l'opéra napolitain du XVIIe siècle.

Un accord venu du sud

Le nom vient de l'école napolitaine — Alessandro Scarlatti, Pergolèse, et leurs successeurs — qui l'employaient pour intensifier les passages dramatiques. En do mineur, la napolitaine est ré bémol majeur (ré bémol, fa, la bémol). Cet accord majeur lumineux surgit dans un contexte mineur, ce qui produit une couleur particulière, presque chaude et douloureuse à la fois.

Elle se présente classiquement en premier renversement, d'où son nom complet — "sixième" napolitaine. Sa fonction est généralement pré-dominante : elle prépare la dominante avant la résolution finale. Le mouvement de basse fa → sol (la fondamentale de la napolitaine remonte d'un demi-ton vers la dominante) reste une signature audible.

Beethoven et Schubert l'adorent. Chopin l'emploie pour ces passages où le mineur semble vouloir s'éclairer une seconde avant de retomber dans son drame. Mais c'est un accord à manier avec parcimonie — répété trop souvent, il perd son pouvoir.

Exemples

Beethoven introduit une napolitaine spectaculaire dans la Sonate Appassionata op. 57 (premier mouvement). Chez Schubert, le Lied "Erlkönig" en contient plusieurs, transcrites au piano par Liszt. Chopin l'utilise dans le Nocturne op. 48 no 1 pour intensifier le climax du milieu.

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