forme
Tarentelle
Danse italienne du sud, très rapide, à 6/8. Tempo vertigineux, motif perpétuel de croches, caractère endiablé.
L'origine du nom est légendaire : la tarentelle aurait été dansée pour combattre les effets de la morsure de la tarentule, dans les Pouilles, au Moyen Âge. La danse devait être assez frénétique pour faire transpirer le venin. C'est probablement une fable médicale, mais le nom est resté.
Musicalement, la tarentelle se reconnaît à son tempo presto, sa mesure à 6/8, et son moto perpetuo de croches qui ne s'arrête presque jamais. Le caractère est démoniaque, joyeusement effréné. Les compositeurs en font volontiers une pièce de bravoure : démonstration de vélocité, d'endurance, de précision rythmique.
Chopin compose une Tarentelle op. 43 célèbre. Liszt en glisse dans ses Années de pèlerinage (Tarentella de Venise et Naples). Heller, Moszkowski en ont écrit aussi. Mais c'est un genre exigeant — il faut maintenir la tension sur toute la durée sans jamais ralentir, ce qui épuise les doigts comme une vraie course.
Exemples
Chopin, Tarentelle op. 43 en la bémol majeur (1841). Liszt, Tarentella du Supplément des Années de pèlerinage (1859). Stephen Heller a publié plusieurs tarentelles pédagogiques (op. 85). Mendelssohn termine ses Lieder ohne Worte op. 102 par une Tarentelle (no 3, en la mineur).